‹ Grammaire nationaleChapitre 235 sur 643 · DU PRONOM · texte numérisé non relu

DU PRONOM

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NATIRE DU PRONOM. — SA DKFIiSîTlOX

L'àne se mît à paître .

fl était alors dans un pré

Dont l'herbe était fort à son gré.

(La Fontaine.)

Pends-foi , Ir.ive Crlllon , nous avons combattu à Arques et /w n'y étais pas. (Henri iv.)

Au lieu de dire : Vânc se mit à paître : il était alors dans un pré, dont V herbe cinhfort a son gré, on pourrait dire : Vâne se mit à paître, l'âne était alors dans 2in pré, l'herbe DU PRÉ était fort à son gré. Le mol il lient donc la place du substantif /?/é. Le mot dont lient également la pince de ce subsianiif. Les mots 2I et dont sont des pronoms, c'està-dire des mois tenant la place d'un nom ou substantif.

Ainsi le pronom. Q?,i un mot qui tient la place du nom ou substantif.

A en juger par l'étymologie, le pronom proprement dit est un mot qui n'a par luimême aucune signilicalion , et qu'on met à la place d'un nom précédemment énoncé, pour le remplacer, et en éviter la répétition.

Des que le pronom lient la place d'un nom, c'est une conséquence qu'il en réveille l'idée telle qu'elle est, telle que le nom la réveillerait lui-même, c'est-à-dire sans v rien ajouter, et sans en rien retranciier. Un mot employé au ligure peut être substitué à un mot pris dans le sens propre : voile, par exemple, à vaisseau. Dans ce cas on substitue d'autres idées, et voile est employé pour une tout autre raison que pour tenir la place de vaisseau; voile n'est donc pas un pronom.

Mais lorsqu'après avoir parlé d'Alexandre et de son passage en Asie pour combattre les Perses, on dit qu'il les subjugua, et qu'il renversa leur empire, les mois il et les, mis à la place des noms Alexandre , Asie, Perses , ont cbacun la même signilicalion que les noms dont ils rappellent l'idée : ce sont des pronoms. Quelquefois encore le /jjoho?;/ tient lieu d'une phrase entière; par exemple, si l'on me dit : Avez-vous vu labellcnmv son de campagne que M. le comte a achetée? et que je réponde 7*6 L'ai mie, le pronom /' m. tient pas la place du seul mot maison, mais de ce mol accompagné de toutes ses mo dilicaiions, de la belle maison de campagne que M. le comte a achetée.

Le sens exige encore que, dans quelques cas, le pronom tienne lieu d'une phrase construite différemment de celle dont il prend la place : Voulez-vous que j'aille vous voir? je le veux, c'est-à-dire, je veux que vous veniez me voir.

Les pronoms sont d'un grnnd avantage dans les langues : ils épargnent des répéli-

( 3t4 ) lions qui seraient insupportables; ils répandent sur tout le discours pins de clarié, de variété et de grâce.

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