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CONSIDERATIONS PARTICULIERES

Vous êtes aujourd'hui coiffée à faire horreur. — Quoi 1 suis-je donc si mal ?

(Gressbt.)

Votre genre d'esprit me platt infiniment; Et je ne sais que vous avec qui j'aie envie De penser, de causer et de passer ma vie. C'est un goût décidé. — Puis- je m'en assurer?

Ne tiens- je pas une lanterne en main ?

(Molière.) Vaitx-je cela? disait en soi la belle.

(,La Fontaine.) Viens-je donc dans ces lieux te servir de trophée? (J.-B. Rousseap.) Que ne puis-je l'exprimer ce que je sens si bien! et comment sens-je si bien ce que je ne puis l'exprimer? (MONTESQUIED.)

Nous avons dit que dans les phrases interrogatives et admiratives les pronoms personnels se plaçaient après les verbes. Nous devons faire observer cependant que si ces verbes se terminaient par deux consonnes sonores, que leur réunion au mot je donnât lieu à une équivoque, il faudrait, en pareille circonstance, prendre un autre tour. Ainsi, au lieu de cours-je? dors- je? rends-je? mens-je? romps-je? sers-je? qui affectent désagréablement l'oreille, et se prononcent comme courge, dorge , range, mange, ronge, serge, on doit dire : est-ce qiie je cours? est-ce que je dors? (1). Celle observation est particulièrement applicable aux verbes dont la première personne se termine par s précédé d'une

(1) MM. Serrcau et Roussi prétendent qu'il faut dire : Couré-jo? perdé-je? scnté-je? dortné-je? vendéje? etc. , et analysent ainsi : Est-il possible que je coure? que je perde? etc.

autre consonne, quel que soit le nombre des syllabes : Répands-je? interromps-je ? On excepte toutefois attcnds-je? dis-je? siiis-je? fais-je? dois-je? puis-je? vais-je? tic, ainsi qu'on le voit par les exemples ci-dessus cités.

Par quel charme secret laissé-je retenir Ce courroux si sévère et si prompt à punir?

(Racine.)

Puissé-je à la race future

Montrer comme on punit l'hôte ingrat et parjure, Offrir un grand exemple, et d'avance effrayer Quiconque outragerait le seuil hospitalier!

(MiLLEVOYK.)

Hélas 1 h peine osé-je encore y penser.

.'Mirabeau.)

Qui désigné-je, à votre avis, Par ce rat si peu secourable?

Un moine? non, mois un dcrvis< Je suppose qu'un moine est toujours cliaritable. [La, Fomainb.)

Mais pourquoi m'arrêté-je à ces circonstances?

(FLÉcuiEn.)

Moi, ^»ss^-je vaincu, j'aimerai ta victoire! Tu le sais, pour mon cœur ami de toute gloire Les triomphes d'aulrui ne sont pas un affront.

(V. HcGO.)

Dussé-je, après dix ans, voif mon palais en ci^ndrel

(Racink.) Me trompé-jel (Molière.)

Est-il bien vrai, Frosine, et ne rêvé-je point?

A moins que de cela l'eusse- je soupçonné?

Pour éviter l'hiatus qui résulterait, dans les phrases interrogatives ou exclamatives, de la rencontre des deux syllabes sourdes : laisse-je, parle-je, etc., on altère l'orthographe, comme on vient de le voir, et l'on change l'e muet en é fermé des verbes à la première personne du présent de l'indicatif et du subjonctif, et de l'imparfait de ce dernier modo

Les grammairiens, qui semblent avoir pris à tâche de vouloir tout dénaturer, prétendent que dans aimé-je, demandé-je, l'e est fermé; mais l'usage et l'autorité des personnes qui parlent le mieux, démentent journellement cette opinion ; elles prononcent : aimè-je , veillè-je, etc., avec un accent grave.

Par oh pourrais-je, hélas! dans ma vaste disgr;"!ce. Vers vous de quelque plainte autoriser l'audace!

(Molière.) Ce petit nombre d'heures que la multitude semble vouloir disputer aux pensées sérieuses , pourquoi les consumerais-je comme elle?

(Ballanche.)

Il ne faut pas confondre les temps, ni se laisser induire en erreur par la môme consonnance Dans la première colonne les verbes pourrai, pensai sont au futur et au prétérit, tandis que dans la deuxième ils sont au conditionnel -.pourrais, consuincrais.

Que pourrai-je vous dire et quel remerctment !

(Molière.)

Hélas î pensai- je alors, la tristesse dans l'ame. Humbles hommes, l'oubli sans pitié nous réclame. (Sai>tk-Becve.)

Aimable fille, n'es-tu point un ange du ciel, ou Dieu me montre- t-i7 en toi l'épouse qui embellira ma solitude?

(Ballancoe.)

Dieu a-t-il promis à l'homme d'obéir à tous ses désirs?

{Id.)

Grands dieux! votre clémence

Répare- t-eîle enfin soixante ans de souffrance?

(VOLTAinS.)

Le kanguroos échappe-t-il mieux à ses ennemis en faisant des bonds épouvantables, que le? grillons et les sauterelles qui sautent avec tant d'agilité? (Aimé-Martin.)

Lorsque le verbe se termine par un a ou par un e muet, l'euphonie exige qu'on iiiLer-

cale, entre le verbe et les pronoms personnels il, elle, un r qu'on fait suivre et précéder d'un trait-d'union.

EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE.

Oois-je le dire ?

Pui»-j« le savoirT Vai».je y aller ?

Ti'i-jt mal 7

Veillé-jeï

Dirai-je7

O.-é-je 7

Dirais-je?

Parl«-je7

Croirai-je7

Ainaé-je.

Croirais-je 7

Dira-t-il ?

Croira-t-il ?

Continue-t-il ?

Ajoute-t-elie.

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