MOLIÈRE.J
Passez votre chemin, la Dlle, et m'en croyez.
(La Fontaine.)
Et puisque Jean Lapin vous demande la vie, Donnez-la-lui de grâce, ou i'ôtez à tous doux.
(Id.)
Vous attendez le roi. Parlez et lui montrez i
Contre le lils d'Hector tous les Grecs conjurés.
(Racine.
Tenez, monsieur, battez-moi plutôt, et me laissez rire tout mon saoul ; cela me fera plus de bien.
(MOLIÈKE.)
Par mon trouble apprenez ,
L'excès de vos malheurs, et vu; lus pardonnez.
(GUYMO.NT DK I.A ToiCilf:.)
La jeunesse est si aimable qu'il faudrait l'adorer.
(M""= DE SÉVIGNK.)
J'ai encore quelques jours devant moi, je veux les Tine tout entiers.
(dk Jour.)
Viens, suis-moi; la sultane en ces lieux doit se rendre.
(Voltaire.)
Trajan, dans ?a rcponse nu gouverneur, dit qu'on ne doit pas chercher les chrétiens ; mais que s'ils sont dénoncés et vaincus, il les faut punir.
(Chateaubriand.)
Viens voir un nid de tourtereaux Que j'ai découvert sur ce chêne :
Je te le veux donner : hélas ! c'est tout mon bien.
''Floria».)
Quel profane en ces lieux s'ose avancer vers moi?
(Racine.)
Dans la première colonne, les formes me, te, se, le, etc., sont placées à côté de l'infinitif, dont elles sont le complément; dans la seconde, au contraire, elles s'en trouvent séparées par un verbe. Celle transposition, empruntée aux Italiens, est, dans notre langue , comme dans la leur, Irès-gracieiise et ircs-éléganle. Cependant elle n'est pas de rigueur, et l'une et l'autre construction soni également bonnes. Nous l'avouerons toutefois, nos recherches nous ont fourni un bien plus grand nombre d'exemples de la seconde, surtout dans les écrivains du siècle de Louis XIV, qui nous ont laissé des modèles du goûl le plus pur.
Dans les citations de la seconde colonne, on doit remarquer, avec un grammairien: 1° le respect pour ce principe fondamental : Rapprocher le plus qu'il est possible les com.' plémenls des noms qu'Us représentent; 1° l'union de deux verbes, dont le second est le complément immédiat du premier; 3° qu'il n'y a pas une seule des conslruciions cidessus rapportées, qui ail été commandée par la mesure des vers, car le nombre de pieds serait le môme si l'on disait : Soleil , je viens te voir pour la dernière fois. Afin de prouver la supériorité de la construction du texte sur celle-ci, faisons l'analyse de la première phrase. Racine a écrit : Soleil , je te viens voir pour la dernière fois; si nous disons : Soleil , je viens te voir pour la dernière fois , nous aurons rompu l'union nécessaire de viens avec voir, sans laquelle le motif de Phèdre semblerait être de s'approcher du soleil, quand elle n'eniend que jouir du radieux aspect de cet astre; nous aurons coupé, obscurci le sens de la phrase par une disjonction de mots, dont les uns appartiennent au sujet et les autres à l'objet de l'aciion; enOn, en ne rapprochant pas, le plus qu'il est possible, le pronom personnel te de soleil, nous aurons violé un principe qui a sa source dans la clarté de l'éîoculion et dans l'enchaînement si naturel des idées. Cette analyse peut se reproduire avec autant de force sur tous les autres exemples de la môme colonne.
L'un voulait lk garder, Vautre le voulait vendre.
Néanmoins , différentes circonstances peuvent déterminer l'écrivain à préférer tantôt l'une, tantôt l'autre construction ; et , pour le prouver, M. Lemare cite cet exemple de La Fontaine :
L'un LE voulait, dit cet habile grammairien , aurait trop rapproché les sons l'un le tait. Dans l'un voulait le garder, le se lie plutôt avec garder qu'avec voulait, de sorte que si l'on faisait un repos , on ferait celle coupe, l'un voulait... le garder. Mais si La Fontaine avait dit : L'un le voulait garder, l'un le voulait serait inévitable. Dans le second lu'misiiclic, l'autre le voulait vendre, l'autre peut se détacher; de sorte qu'on a d'abord l'autre, cl ensuite le voulait vendre, où le lait »o. trouvent séparés par une
syllabe. Il est irès-probable que l'auteur n'a point fait tous ces calculs , mais l'oreille exercée est pour la construction un guide plus sûr que les principes.
Nous ferons une dernière observation. On doit se garder de confondre: // me /aut faire; il me faut donner quelque chose, avec il faut me faire; il faut ^e donner qu&lque chose. Ces deux constructions présentent un sens bien différent. Dans la première e7 me faut faire , il me faut donner, on veut dire que c'est moi qui dois faire, c'est moi qui dois donner; dans la seconde, au contraire, c'est a moi qu'il faut que l'on fasse, que l'on donne; me est ici le but vers lequel tend l'action du seconde verbe. Yoici deux exemples à l'appui de cette distinction:
Je subis mon destin, vous voyez sa rigueur : Il ME faut faire un choix, il est fait dans mon cœur.
(Voltaire.;
11 faut vous dire comme ce prélat disait à la reinemère : Ceci est histoire.
(Sl^e DE SeVIGNK.)
EXERCICE PHRASEOLOGIQVE.
Pour ne point le troubler
Je ue puis le croire.
J'ai cru lui detoir donner ce gage.
Rien ne peut toui le raTir.
Je ne puii'lui rien dire.
A mes piedi elle fier.t s humilier
Je ne p is me conn<iitre.
Rien qui puiete lui drplaire.
On ne peut y rt-pliquer.
Pour ne plue la revoir.
lis u'osenl le parler.
Je T.iis'le consulter
D'où j'ai su le tirer.
On peut s'en reposer sur ma foi.
Rien n'a pu me parer.
Quelque raison que tous puissiez me dire.
Il Tûut la détester.
Je ne puis tous défurser ma surprise.
U faut ; reDon«er
Pour re le point troubler.
Je ne le puis croire.
J'ai cru lui devoir donner ce g.Tgi^.
Rien ne tous le peut rarir
Je ne lui puis rien dire.
A mes pieds elle Re Tient humilier.
Je ne me puis connaître..
Bien qui lui puisse déplaire.
On n'y peut répliquer.
Pour ne la plus reioir
Ils ne s'osent parler.
Je le rais consulter.
n'où je l'ai su tirer.
On s'en peut repcser sur ma fo'.
Kieo ne m'» pu parer.
Quelque raison que tous me puiisiei dire.
11 la faut détester.
Je ne tous puis déguiier ma surprise.
U ; faut renoncer
La leçon que je Tais te donner
Tl Teut les traiter de fable.
Pour bien te louer.
On peut les Taincre,
Elle lient te cûercber.
On ne saurait le lire.
Je Teux le croire ainsi.
Quel mal Tient nous menacer
Aller nous chercher l'or
On Teut se cacher.
Ils croiraient se faire affront.
Il Ta me fendre la tête.
Chacun peut le traiter de fat.
n ne saurait jamais le croire.
Ne point s'abandonner soi-même
Le feu qui doit la derorer.
Je Tiens les appeler.
Il faut le Uir>>.
Hélène o'eTail osi l'aTouer.
Il Tient me reprocher ma pitié.
It leçoD que je te Tais donner.
Il les Tcul tia^ier de fable.
Pour te bien louer.
On les peut ?aiucre.
Elle le Tient chercher
On ne le saurait lire.
Je Teux le croire ainsi.
Quel mal nous Tient meaaeer.
Nous aller chercher l'or.
On se Teut cicher.
lis se croiraient faire affront
Il me Ta fendre la tête.
Chacun le peut traiter de fat.
Il ne le saurait jamais croire.
Ne se point abandonner soi-Llêmc
le feu qui la doit dsiorer.
Je les Tiens appeler.
Il le faut taire.
Hélène ne l'afait osé aTOUcr.
11 me Tient reprocher ma pitié
c^ r CCLXXITI. »