NON EXPRIME
Albert et moi sommes tonîbés d'accord.
(Molière.)
Rica et moi sommes peut-être, les premiers parmi les Persans , que l'envie de savoir ait fait sortir de leur pays , et qui aient renoncé aux douceurs d'une vie tranquille pour aller chercher laborieusement la sagesse. . (Montesquieu.)
Vous avez , comme vous le dites , monsieur, des syllabes longues et brèves dans votre belle langue italienne ; nous en avons aussi : mais ni vous , ni nous, ni aucun peuple n'avons de véritables dactyles et de véritables spondées.
(Voltaire.)
Vous et les miens avex mérité pis.
Dites-mol où sont passés le père et les enfants. — Madame , je ne sais ; mais eux et les domestiques tiennent de sortir. (Anonyme.)
Tous les grammairiens disent que, dans cette phrase : Votre père et moi, nous avons été longtemps ennemis l'un de l'autre , le pronom personnel nous est un pléonasme. Quant à nous, qui sommes les ennemis nés du pléonasme proprement dit, nous pensons que les grammairiens se sont fait ici, comme partout, illusion ; et ce qui les a entraînés dans cette erreur, c'est qu'ils ont cru qu'il n'y avait aucune diflerence entre : votre père et moi, nous avons été longtemps ennemis l'un de l'autre, et votre père et moi AVONS été longtemps ennemis l'un de l'autre, et que l'analyse en était la même. Mais ces deux phrases diffèrent autant, selon nous, que les suivantes : Alfred et Victor SONT malheureux , et Alfred et Victor, eux seuls sont malheureux. L'une est inUni-
ment plus énergique que l'autre. Voici donc comment doivent s'analyser les phrases précédemment citées : ■
1« PHRASE. — (Quant à) votre père et {k)moi, mous avons été longtemps ennemis l'un de Vautre. 2' PHRASE. — Votre père (a été longtemps mon ennemi) et moi (ai été longtemps son ennemi), nous avoss été longtemps ennemis Vnn de l'autre.
Dans le premier cas , nous doit s'exprimer, comme je, dans : moi, je prétends. El ce qui prouve que les grammairiens sentent , malgré eux, I;i force de ce mot, c'est que , lout en le qualifiant de pléonasme, ils ajoutent que c'est un pléonasme utile. Dans le dernier cas, au contraire, nous doit s'ellipser, ainsi que cela a I'!eu pour le sujet pluriel du verbe SONT dans les phrases suivantes : Ucnrictle et Julie..... so^j aimables ; le roi et la reine sont partis.
Nous ferons une seconde observation.
Dans les phrases que nous avons rapportées plus haut , il faut remarquer que le nom personnel moi se place toujours en dernier ordre. La grammaire n'est pour rien dans cette constructioTi, qui est tout arbitraire, et dont l'urbanité française a fait presque une loi. La personne qui parle doit donc se nommer la dernière : vous et moi , et non pas MOI et vous; cependant, dans le cas d'une grande infériorité, celte dernière construction peut être employée. Un père dira : sioi et mon fils; un maître : moi et mon domestique.
C'est sans doute pour la môme raison qu'on dit : toi et lui, vous et eux.
EXERCICE PnRASÉOLOGIQUE.
7cui et »olre frère, Tsui te ditei. Vous et Totre frire le dilei. Nom et ter «mi, neui le erojoni. Nom et ton ami le croyoni.
Meut tortiroui, lui et moi. Lui et mol sortirons. Vou» et vos amit, tous a'y enten- Vouset tos amii n'j eiilendei riea.
Tous et le roi, tous ilei égaux. Vo-js et le roi êtes égaux. dei rieti.
Il) sont en nage, eux et leori cbe- £uz et les passager* sont morts. Elles le feulent, elle et sa mère. Elle et sa mère le Teuleot.
'•ni. Vous et lui. Tout ne Talex pas mieux. Vous et lui d» «alez pas micDi.
-— *^a N° CCLXXVIII. e^^^c—
n, ils, elle, elles, précédés d'autres substantifs, et considérés comme pléonasmes daws