PRÉTENDU DOUBLE SUJET
A peine une résolution élait-e//e prise dans le conseil, que les Uauniens faisaient précisément ce qui était nécessaire pour en empêcher le succès.
(Fbselon.)
Il règne presque toujours à Waldubba des fièvres très-dangereuses ; aussi les habitants ont-ils le teint d'une couleur cadavéreuse.
(Albert-Mo.ntémont.)
L'Évangile ne prêche que la tolérance et la paix. Aussi les chrétiens supportèrent-î/s pendant 764 ans tous les maux que le fanatisme des Sarrasins leur voulut faire souffrir.
(Chateaubriand.)
Quelque effort que fassent les hommes , dit I!ossuet , leur néant parait partout : les pyramides étaient des tombeaux ! Encore les rois qui les o:it bâties n'ont-î7s pas eu le pouvoir d'y être inhumes , et ils n'ont pas joui de leur sépulcre. {U-)
Peut-être les ennemis de Jésu?-Chiist choisirentils , puur ajouter l'insulte au châtiment , une plante approchant de celle dont on se servait pour couronner les empereurs et les généraux d'armée.
(Id.y
Combien un avocat bien pnyépar a anc trouve-t-il plus juste la cause dont il estcha.v;é!
Ç-ÀSCAL.)
Dans les exemples ci-dessus on voit que, quand les expressions aussi^ à peine, peutêtre^ en vain, etc. , sont immédiatement suivies d'un substantif, les pronoms personnels de la troisième personne, employés comme sujets, sont tantôt exprimés et tantôt ne le sont pas : question toute neuve et que les grammairiens ont oublié de traiter. Nous l'abordons les premiers , et voici là-dessus ce que nous pensons.
Et d'tibord, voyons la première phrase de la première colonne. Celle-ci, comme les
suivantes, est construite d'après l'ordre direct et ne présente aucune difficulté. Dnns à peine ces funestes paroles frappent Leurs oreilles, etc., ces fwiestes paroles , voilà le sujet.
En est-i! de môme dans les exemples de la seconde colonne, et devons-nous y voir deux sujets au lieu d'un? Les pronoms personnels qui suivent le verbe forment-ils ce qu'on appelle un pléonasme? A coup sûr, les grammairiens seront de cet avis; mais nous, qui combattons leurs erreurs et leurs préjugés, qui ne cherchons en toutes choses que la vérité, nous ne pourrons jamais nous faire illusion au point d'apercevoir deux sujets dans une phrase non plus que deux lêtes dans un homme.
Or, quel est le sujet dans à peine une résolution était-elle prise dans le conseil , etc. ? Le sujet unique est elle. En elTel , analysons la pensée. Fénelon, en exprimant le moi résolution , ne le fait que par apposition ; il est là comme interjeté et nécessite conséquemmenl l'emploi du mol elle. C'est comme s'il y avait à l'égard d'une résolution , à peine était-elle prise dans le conseil. Voilà l'ordre logique , voilà l'analyse d'après laquelle il n'y a qu'un sujet, qui est elle. 11 faut raisonner ainsi pour toutes les phrases analogues. Mais qu'en vont penser les grammairiens? Cela ne nous importe guère, car ce n'est pas pour eux que nous écrivons. A quoi bon d'ailleurs vouloir persuader des hommes qui, toute leur vie, se sont traînés dans l'ornière, et s'en sont rapportés servilement à la foi d'auirui?
Revenons à nos exemples. Dans quel cas, nous demandera-l-on, faut-il exprimer les pronoms personnels après ces sortes de phrases? Nous répondrons que c'est une chose entièrement facultative, de pur sentiment, et où la grâce et l'harmonie doivent surtout présider.
EXERCICE PHRÂSÉOLOGIQUE.
k peine >aa itIi ilalt dooni.
Eocore lei choies ne se donnent pas.
Combien e*t homme est fin 1 Tiiotment la fortune luiest donnée.
A peine l'homme est ni.
à. peine les roseï sont ecloses.
Peat-4trt l'Iiomm* est immortel.
ComLleo ceui-là lonl i plaindre I
A peine loo avis est-il donni. Aussi les hommes se déchirent
Encore les choses ne le donnent- Peul-élre ille pardonne.
elles pas. Eu >ain la férilé se montre.
Combien cet homme est-11 fini Aussi le combat est acharné.
Vainement la fortune lui est-elle A peine l'homme est mort.
donnée. A peine la raison fut tenue.
A peine l'homme est-il né. Peut-4tre cet komine est bon.
Apeine 'esroiessout-elles éclosei. Cumbieo c« eimage dura, l'eut-étre l'homme est-il immortel.
Combien ceui-là sont-ils à plaindre]
Aussi les hommes le déchirenl-iU Peut-ilre le pardonne-t-il En fain la Térité se moiilre-t-elle.
Aussi le combat fut-il arhariié A peine l'homme est-il mort.
A peine la raison est-elle venue.
Pent-itre cet bomme e!>t-il bon Combien ce carnage ilura-t-il.