‹ Grammaire nationaleChapitre 270 sur 643 · N" CCLXXX · texte numérisé non relu

N" CCLXXX

EMPLOI DU PRONOM PERSONNEL il, elle, ETC., APRÈS UN PARTICIPE ïRÉSli:>T.

AVEC il, elle, ETC.

LiciHics étant venu à Antioche , et se doutant lie l'imposture , il fit mettre à la torture les prophètes de ce nouveau Jupiter.

(FoNTKNKLLK.)

Les RoMAi.Ns se destinant à la guerre et la regardant comme le seul art , ils avaient rais tout leur esprit et toutes leurs pcasées à la perfectionner.

(MOSTKSQUILU.)

Le Peuple , voyant sans peine dépouiller toutes les •gVàiides tamliie», il jouissuit dtits IruUa de la tyrannie, et il en jouissait purement , car U trouvait sa tyrannie dans sa bassesse. nj\

SANS il , elle , etc.

Catilina se voyant environné d'ennemis , et n'ayant ni retraite en Italie , ni secours à espérer de Home , fut réduit à tenter le sort d'une bataille.

(Ykrtot.)

Après la bataille de Leuclres , Épamino.ndas ayan rendu la Uberté à la Messénie que les Spartiates tenaient asservie depuis longtemps , leur ôta les moyens de se recruter dans cette province.

(Baktuélemv.)

Les CONSULS , ne pouvant obtenir l'honneur du triomphe que par une conquête ou par une victoire , FAisAicNi la guerre avec une impétuosité extrême.

(MO.NTESQUIKU.)

Les GRANDS des provinces d'Orient ^'élanl assemblés, ILS voulurent couronner ses deux autres frères ;de Constantin le Barbu^, soutenant que , comme il faut croire à la Trinité, aussi était-il raisonnable d'avoir troîs empereurs. (Mohtksquieu.)

Les Romains, accoutumés à se jouer de la nature humaine dans la personne de leurs enfants et de leurs esclaves , ne pocvaihnt guère connaître cette vertu que nous appelons humanité. {Id.)

Il, dans les phrases de la première colonne, est encore, suivant les grammairiens , un pléonasme. Mais, suivant les uns, c'est un pléonasme vicieux; et, selon les autres, un pléonasme utile.

iNous (ou quanta nous), qui avons dévoré toute la littérature, nous pouvons assurer que les auteurs fournissent presque autant d'exemples de l'une que de l'autre tournure. Kl l'analyse va nous prouver qu'en effet elles peuvent s'employer toutes deux , mais avec quelque différence. Pour mieux faire sentir cette différence, nous choisirons le premier exemple de chaque colonne.

LiciiMus étant venu à Antioche , et se doutant de l'imposture , il fil mettre à la torture les prophètes de c€ nouveau Jupiter.

Gatilima se voyant environné d'ennemis , et n'ayant ni retraite en Italie , ni secours à espérer de Rome , fut réduit à tenter le sort d'une bataille.

ANALYSE

C'est comme s'il y avait : ( Pour ce qui est de LIGIMUS , {Ou quant à ce qui louche) LICINIUS , (je dis de lui qu') étant venu h Antioche, etc., IL fit mettre à la torture les prophètes de ce nouveau Jupiter.

Dans cet exemple l'auteur n'insiste pas avec la même force sur le mot Catilina ; Il dit simplement : CATILINA fut réduit à tenter le sort d'une bataille, et cela après qu'il se vit environne d'ennemis.

La pensée n'étant pas la même dans les deux phrases que nous venons d'analyser (ei la ponctuation seule en fait assez foi), l'expression ne saurait être non plus la mémo. C'est donc à tort que Lemare invoque en pareil cas la syllepse : La syllepse n'a rien a faire ici, non plus que le pléonasme. 11 faut de toute nécessité que Fonienelle et Vertot aient eu une intention quelconque , aient voulu peindre quelque circonstance, quelque accident de plus, en exprimant ou en n'exprimant pas le pronom il. S'il en était autrement, les mois, au lieu d'être les signes de nos pensées, ne seraient plus qu'un vain assemblage de sons ou un barbouillage sans intelligence.

« C'est en vain, dit Lemare, que les grammairiens se prononceraient contre les » exemples de la première colonne , sous prétexte qu'ils renferment un sujet de trop ; » ce pléonasme ( Lemare voir là un pléonasme ! !) est quelquefois nécessaire ou utile » pour la clarté, ou ajoute à l'énergie. Nous osons prédire qu'il ne sera point aban- > donné. » (Pas plus que la logique.)

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