‹ Grammaire nationaleChapitre 283 sur 643 · F£«EL0N · texte numérisé non relu

F£«EL0N

Fllg d'Aaron , dans l'cspoli de te perdre foi-même , J'avais , pour mon supplice , eu la faiblesse extrême De me vouloir sauver en me donnant A toi ; Slals cet effort était trop au-dessus de moi.

(Chateaubriand.)

Pendant qu'on ne pouvait se lasser de l'admirer, Télémaque se retira dans sa tente , honteux de sa faute; et ne pouvant plus se supporter lui-même , Il gémissait do sa promptitude.

(FÉ.NELON.)

Sauvons-le malgré lui iiC ce péril extrême , Pour nous , pour vos amis , pour Roxane elle-Tnême

(Racine.)

Je Yols qu'il faut Ici cacher ses sentiments ; Etre contre soi-même en garde à tous moments; Ecouler sans rien croire , et parler sans rien dire.

(Destouches.)

L'adjectif même ne se lie aux pronoms personnels qu'avec mot, toi^ etc., et non avec me, te, etc.; ainsi l'on a, pour le singulier de la première personne, moi-même; de la seconde personne, foi-jnm<'; de la troisième personne, lui-même, elle-même, soi-même; et, l'our le pluriel de la première personne, nous-mêmes; de la seconde, vous-mêmes; et de 1.1 troisième, eux-mêmes, elles-mêmes, soi-mêmes. L'adjectif même doit se rapporter en nombre avec le nom auquel il est joint. On écrira donc nous-mêmes, vous-mêmes, s'il s'agit de plusieurs personnes; mais on ccrlrall nous-même, vous-même, s'il n'était question que d'ime seule. Voici deux exemples à l'.tppui de celte dernière remarque :

Va, mais nous-même allons : précipitons nos pas , | Non, pour vous reprocher votre injustice extrême, Qu'il me voie attentive aux soins de son trépas. Je ne veux exciter coalre vous que vous-même,

(Racine.) ' (Rkcsard.)

Relativement au genre et à l'emploi de ces pronoms nous n'en parlerons pas, parce que toutes les oliservalions que nous avons faites sur moi, toi, lui, etc., deviennent applicables à moi-même, toi-même, lui-même, etc. H n'y a d'autre différence que l'addition du mot même.

Observation. — Ltd-même et soi-même offrent dans leur emploi une nuance à laquelle il faut bien prendre garde. // s'est sauvé soi-même veut dire il a sauvé sa propre jiersonne. Il s'est sauvé lui-même ai ^niûe, au contraire, qu'il s'est sauvé sans le secoui (i'aulrui.

EXERCICE PERASÉOLOGIQCE.

SlNGOLlisn

Toi-nȐmo.

T/Qi-tiiénie.

Soi-mâiiie.

FLCaiEI..

VoukHntine* £(ii-fnAmes.

Sui-iiièmea

SINGOLILR.

Uoi-inéme.

Vom-oiérae, EUe-mème.

PLLRîEL.

Par nout-mémp».

De Tous-niêmes.

D'eui-miiiie».

D*elle^-fv, 'inea

■'^^^^^ N'^ CCCÎII. ©^^^*

DES Kxi-nr.ssio.NS un autre moi-même, une autre moi-même, etc.

, . . Pauvre gar(;oii ! sa douleur est exti ème. Venez, embrassez-moi , c'e,4 un autre eUe-r,iême.

(Moi.lÈi'.K.')

Révélez vos secrets à celle qiu vous aime. Parlez, que craignez-vous? c'est un autre t^ous-même.

(M"'« Tasto.)

Doil-Mn dire, in parlant d'une lemnie, c'esti:^ autre moi incmel Cette question acte

soumise à la Société grammaticale, et la commission chargée de l'examiner a préfendu qu'un autre moi-même offrait à l'esprit, dans lous les cas, le genre masculin.

« Mais, a dit M. Marrast avec son éloquence ordinaire, il me semble que la commission n'a pas mis le doigt sur le point de la difficulté. Nod3 avons une foule d'expressions qui ne tiennent qu'à la délicatesse du langage. Remontons à la source de la parole, qui est la pensée. iN'y aurait-il pas une espèce de monstruosité à faire dire à une mère, parlant de sa fille ' C'est un autre moi-même. Si le sexe disparaît, que représente ce mol moi-même? Moi, dira-t-on, désigne ('individu abstrait, i'être moral. Ce ï'est là qu'une pure chicane. 11 ne s'agit pas uniquement de l'être moral, il s'agit aussi de la ressemblance physique. Vous voulez donc que la mère, parlant de sa fllle, trompe sa propre pensée, qu'elle renie son sexe? Vous faites jurer les mots; vous les mettez en opposition avec ce qu'ils doivent exprimer, avec ce qu'ils expriment. Peuton méconnaître dans l'expression l'influence de la pensée? C'est dans l'imagination, dans la conception, et non dans quelques règles grammaticales, qu'il faut chercher la véritable image de la pensée. Employez tantôt le masculin, tantôt le féminin, selon les vues de votre esprit. Une femme dira de son mari : C'est vi^ mitre moi-même. Un mari s'exprimera de même à l'égard de sa femme. Pourquoi? Parce que, dans le premier cas, la femme parle de son mari, et que, dans le second, c'est le mari qui porte la parole. Le genre masculin est toujours dans la pensée. Mais si les deux personnes sont du gcnie féminin, malgré vous l'expression lutterait contre l'emploi du masculin. Ainsi n'établissons p;;s de règle générale, absolue. Toute règle qui tend à faire dire le contraire de ce qu'on a dans l'esprit, ne peut être admise, c'est une mauvaise règle.

Nous n'avons pas besoin d'ajouter que nous partageons entièrement l'avis d'un aussi bon juge.

EXERCICE PHRASÉOLOGIÇIE.

MâSCULII». lEMmiN.

ra BoauB rui.iXT d'cni rmat, 00 dm mac piiiLtiiT D'ri Hoa:ii en nmat ritLiii s'ciii irmi rsimi

Un autre moi-icftne. xjn autre moi-même. Une «ulre moi-même. Dne autre fous-ii éme.

On autre toi-même. Un antre vouE-même». Une a Ire to|.<iiême. Une au re rotis-iiièraeii

(Titi autre lai-même. Un autre loi-méme. Une autre Flle-mênne Une autre toi-même.

ITu entre nous-même. Un autre eux-mêmes. Une autre nou»-même. t'ne autre ( llc-m*me.

Uo aot« noiu-mémes. Un outre ellcB-Tii.êmei. Une autre «ous-même Une autre iiles-même».

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