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BONIFACE

Le roi demanda alors des conseils pour di?cuter les charges et y repondre. (Anquetil.)

avec lui, leur.

L'homme , en ses pas?ions toujours errant sans guide.. A besoin qu'on lui mette et le mors et la bride.

(BoiLEAU.)

Que peuvent contre Dieu tcus les rois de la terre? En vain ils s'uniraient pour fut faire la guerre.

(Racisk.)

Chargez-vous de cet enfant, donncz-lut vos soias.

(BOSUACK.)

Le vrai contentement déride tous les traits La brillante gaité, ce fard de la nature, Rajeunit les vieillards, leur donne un air plus frais.

(Favart.)

î,o« malheurs «ont fous l'npnnage de rhtimanKê. Il y en a pour tous les elal? de la vie; personne ne peut s'y soustraire.

(Le chevalier ek Jjïdcourt.)

Les passions des hnrnmeî sont autant de chcm!ni ouverts pour aller à eux.

(VAUVBNARCUE.S )

On apprend pnr ces exemples, qu'en général, la particule y doit se rapporter à des noms de choses, tandis que lui, leur, à lui, à elle, à eux, à elles ne peuvent être en relation qu'avec des noms de personnes ou d'cires animés. Telle est la rèule établie p;i: les grammairiens, mais que l'usage a souvent enfreinte dans une foule de cas, comme nous le ferons voir ci-après.

EXERCICE PHRÀ SÉOLOC. IQVE.

Vcrtre cttre, j'y réponde Cette per.tnnnc, je lui rcpnnils. Sur la maia j'\ traTetBi iio cli+ Il ordonna qu'on lui ^r»ïlt nr.«

Voici une maison, il faut l'y ar-Je rencontni un» pauTre femme, fre. " ligure

réitr. ,1 je m'arr«t.ii à elle. La loi e«t pour lODJ, on ne peut y Vous êtes entre se» main», Tou» n«

Pliet relte lettre it y appoiri un Courex à lui et donnez-lui ce pa. échapper. Ju' *cbippiie1 pas.

cMlieL quel.

^-^.*^sa N« CCGXII. o:^^-—

Lui, leur, etc., e\ rapport avec des noms de choses, et y en relation avec des noms

DE personnes ou d'ÉTRES ANIMÉS.

iMPLOi DK lui , leur, etc. , avkc des homs

DK CHOSES.

Prùler un livre de raisonnement , c'est dire : noue, n'avons pas assez d'esprit pour lui répondre.

Nous trouvâmes votre procession admirable ; je ne crois pas qu'il y en ait une en France qui lui ressemble. (M"" DK Skvigné.)

Je n'ose vous dire à quel style 11 compare le vôtre, ni les louanges qu'il lui donne. {Id.)

Si OT veut rendre la critique utile , il faut avoir grand soin de lui donner la louange pour passeport.

(CiRCÉ.)

Quand le mérite est vrai , mille fameux exemples Ont fait voir que le temps ne lui fait pas de tort. (M""» Desiioulikres.) Un vaisseau trop chargé n'est pas loin du naufrage , Au heu qu'il vogue à l'aise et ne craint nul assaut , Quand il n'a justement que le poids qu'il lui faut.

(BOURSAULT

EMPLOI DK y AVEC DES NOMS DK PERSONNES ou li'ÊTRKS ANIMÉS.

Quoique je parle beaucoup de vous, ma fille, j'y pense encore davantage jour et nuit.

(M"" DE SÉVIGNÉ

On me parle de vous très-souvent , et je ne cherche point longtemps mes réponses, car j'y pense à l'instant même. (fd-)

La pauvre Babonnette , hélas ! lorsque j'y pense , Elle ne manquait pas une seule audience.

(Racine.)

Plus on approfondit Vhomme , plus on y découvre de faiblesse et de grandeur (Bonifack.)

C'est un honnête homme , fiez-vous-y.

(Académie.)

C'est Marie qu'aime le petit chien,- il ne mange que du pain ; je ne m'y aUache point, mais il commence à m'aimer ; je crams de succomber.

(M""» DE Skvionk.)

Les grammairiens, et nommément Giraull-Duvivier, n'ont rien de mieux à dire, pour justifier les phrases où lui, leur, se trouvent en rapport avec des noms de choses, qu'en pareille circonstance les objets sont personnifiés. Or, nous le demandons, où est la personnification dans les mots en italique de la première colonne? Ne se présentent-ils pas tous, au contraire, sous leur forme très-naturelle? Dira-t-on alors que les phrases sont fautives? Nous ne le pensons pas, car il s'en trouve de semblables, et en ires-grand nombre, à chaque page de nos meilleurs écrivains; et quelquefois même on ne pourrait les construire auiremcni.

A quoi onl donc tendu jusqu'à présent les règles des grammairiens? Le plus souvent à contrarier '.'émission libre de la pensée, à presque empêcher de parler et d'écrire. Ouant aux exemples de la seconde colonne, voici ce que dit encore Girault-Duvivier : « Lorsqu'il s'agit de personnes, on ne fait ordinairement usage du pronom relatif y que lorsqu'on les assimile en quelque sorte aux choses. » Cela n'est ni vrai ni poli, répondrons-nous, pour madame de Sévigné et madame de Grignan; il faut dire tout simplement qu'il est des cas où l'emploi de ij est indispensable, comme dans les trois premières citations, et d'autres où il peut entrer, surtout quand il se rapporte à des noms qui expriment toute une espèce. L'usage doit être ici le seul guide. Toutefois, dans c'est un honnête homme, attachez-vous-y, ou attachez-vous à lui, les grammairiens se lèvent en masse pour condamner la première, et nous, nous la tenons bonne. Nous ne voyons pas pourquoi l'on dir.iit avec l'Académie : c'est un honnête homme, fiez-vous-y ou fiez-vous à lui, et que l'on ne dirait pas atiachez-vous-y aussi bien qu' attachez-vous à lut. Selon nous, il n'y a pas de différence. Le dernier exemple de madame de Sévigné fait voir que la raison est de nptre côté.(Voy. la Préface, l'opinion de M. Pliilarète Ghasles).

EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE.

J'ai fait rrptrer ma maison, je lui ai doune un air Peusei-Tous à moi ' Oui, i'> pense. A »oir ccUe femme, on J tiome un air de

neut Cet homme esl mau ami, je m'v altacbe tous pranJeur.

Jai porlé le fusil à l'armurier, il lui a mis une lei jo. rs. Quand on approfondit le moude, on j decouTfe

baïonnette. En regardant cet homme, on v voit un air de toutes sortes d égoisme ,. • j , ,

Le tai.ieau fini, on lui mit des mâts et des férocité. ' Obser.ei le cliat tous ) trouieilair de la tra-

toi\cs. bisou

— o^^^^o N' CCCXIII. ©B^^^—

EMPLOI D£ y OU DE lut, elU, ETC., AVEC DES PRÉPOSITIONS.

AVEC y.

L'honneur est comme une ile escaipée et sans bords ; On n'y peut plus rentrer, dès qu'on en est dehors.

(BOILEAU

l.a santé dans le monde étant le plus grand bien , Un honime de bon sens n'y doit ménager rien.

(ItEGJNARD.;

AVEC lui , ETC.

Un cœur noble est content de ce qu'il trouve en lui El ne s'applaudit point des quaUlés d'autrui.

(BOILEAO.)

Heureux qui du ciel occupé , VI d'un faux éclat délrumpé, Met de bonne heure eu lui luule ?on espérance !

(J.-B. llCCSSEAC).

Les exemples de la deuxième colonne nous apprennent ([u'il est des cas où, au heu de y, il faut absolument employer les noms persunuels lui, elle, eux, cites, que l'on f^iî précéder d'une préposition.

EXERCICE FURASÉOLOGIQVE.

J'emporte mon livre, Je ce puis me promcucr sans lui.

Je le vi.« sur un ciicval Je lois, il enir. avec lui.

^^» N^ CCCXIV. cs^*-^—

ANALYSE DU GALLiciSMK il tj VU de ma vie, de mon honneur, etc.

EXEMPLES

8i je Ifi hais , aéone I il v va de ma gloire.

(Hacink.)

tl y va de ma gloire ; Il faut que je me veng^.

(Corneille.)

Il y allait de la vie non-seulement il fuir, à quitter •es armes , mais encore à se remuer, pour ainsi dire, sans le commandement du général.

(Bossu ET.)

ANALYSE

Il (cela , l'intérêt) df ma gloire va (tend) y (à cela, c'est-à-dire à ce que je le hcnsse.)

Il (cela , le salut) de ma gloire va (tend) y (à cela qui est : que je me venge.)

Il (cela , le salut) de la vie allait (tendait) y (à cela (lui était : à fuir, à quitter ses armes."

Ce n'est que par la voie do l'analyse que l'on peut expliquer les gallicismes occasioné» par le pronom y, cl les ramener, comme nous venons de le faire, à un sens clair. Il ne s'agit pour cela que de rétablir les mots ellipses, et de donner à ceux qui sont exprimés leur vériiable valeur (1).

Il jr »» de ma fortune.

11 y ri de mon existence II; T« de mon salut.

EXERCICE PURASÉOLOGIQUE.

Il y va de l'cmpite

II y fa dt mon honneur

Il y Ta de » peste.

n y Ta de la moniraLii Il y Ta de sa Tie Il y Ta de ma Mte.

Il y Tl de Ihilérêt pabil*.

Il y Ta de <a reoominie.

Il y Ta de u eourouae.

»^c»..^© ]V° CCCXV. ©^s^<

GENRE ET NOMBRE DU PRONOM en.

En RELATIF A SES PERSONNES.

EXEMPLES

Lorsqu'on a sujet de se plaindre d'un amif il faut s'en détacher peu à peu , et dénouer plutôt que rompre les liens de l'amitié.

(Pensée de Caton.)

Celle femme qu'on remarque par sa légft-eté fait la passion des gens, et son mari en est jaloux.

(Marivaux.)

ANALYSE

Il faut s'en détacher ; c'est-à-dlnj il

faut se détacher de lui , de cet ami.

Et son mari en est Jaloux , c'està-dire est jaloux délie , de celte femme.

(l) Une personne prétendait que, dans les locutions : Il y va de ma gloire, il y va de ma vie^ et autres semblables, le mol y ne rappelait pas la proposition antécédente, et signifiait dans cette affaire, dans- cette circonstance, dans cette occasion. Elle analysait conséqucmment le vers de Racine : Si je le hais, Cléone! il y va de ma gloire, de cette manière : Si je le hais, Cléone! il y va de ma gloire, y, c'est-à-dire, dans cetti ciRCON.sTANCE; je le hdis, patcc quc DANS CETTE OCCASION ma gloire est compromise. Mais le célèbre auteur de Sylla. M. de Jouy, à qui nous crûmes devoir soumettre cette question, fut d'un avis contraire. Nous pensons faire plaisir à nos lecteurs en reproduisant ici le peu de lignes qu'il répondit à notre adversahej elles leur prouveront le vif intérêt que cet aradémiclen daigne prendre à notre publication :

« Il est certain, monsieur, que, dans le vers de Racine, il y va de ma gloire, veut due il va de ma gloire à

• le /laïr. L'opinion que vous avez soutenue pourrait grammaticalement se défendre, mais le sens qu'attache

• Racine à son hémistiche y serait moins clairet moins poétique. Voici le cas où le sens que vous donnez à ces » moLs ne serait susccptilili; d'aucune autre irilerprétatlon : Quoi ! vous rentrez dans ce lieu où tant d^ennemis » vous attendent. — Il y va de ma gloire.

Les princes sont surtout ceux qu'on peut le moins ie flatter de bien connaître. La renommée hn parle rarement sans passion. (Uaynal,)

Si nous repoussons les femmes avec ingratitude , après EN avoir reçu tant de soins , elles s'éloignent sans se permettre ua murmure. (Skgur.)

La renommée en parle j c'est-à-dire

parle d'eux , dss princes , etc.

Après en avoir reçu ; c'est-à-dire

après avoir reçu d'elles, des femmes, etc.

En RELATir A DES CHOSES.

EXEMPLES

En moissonnant trop tôt les roses du bel âge. On n'E.N recueille point les fruits.

(Beiinis.)

Là fortune a son prix : l'imprudent en abuse , L'hypocrite e.n médit , et riionnète homme en use.

(Delille.)

Le fou vers les plaisirs s'élance avec ardeur ; Le sage en prend le miel , mais sans blesser la fleur.

(Delille.)

Les limites des sciences sont comme l'horizon j plus on E.N approche, plus elles reculent.

(M"" Necker.)

On n'en recueille point lea fruits ;

c'est-à-dire on ne recueille point les fruits de lui, da bel âge.

L'imprudent en abuse ; c'est-à-dire

abuse d'elle , de la fortune , etc.

Le sage en prend le miel ; c'est-à-dire

prend le miel d^eux , des plaisirs, etc.

Plus on en approche ; c'est-a-dire

plus on approche d'elles , des limites des scier.?es , etc.

Le pronom «Mj qui signifie proprement rffî ce/fl, peut, comme on le voit, remplacer aes noms de personnes ou de choses déjà exprimés, que ces noms soient masculins ou féminins, du singulier ou du pluriel.

EXERCICE PHRASÉOLqpiQUE.

Du Ubac... j'en prendi.

Des I istillet.. . j'en mange.

Des nonboDS .. j'eo doDOe D« la joie... i'eo ai.

n<i soucia... qui n eu a pcs 7

Del femmes., ou eu médit.

De la furtune... ou au délira.

Des richassei... tcat le mocile an veut.

Des ebagrins... pcrsanne b'cd est exempt.

De l'argeut... je m en proearerai.

Des ami»-., lei riches seuls en oot.

Du bon sens... on en manque quelquefoia

K.-^s N° CCCXVI. ^^^N^-

En R.\PPELA>T DES PROPOSITIONS ENTIÈRES, OU DES PARTIES DE PROPOSITIO?(S.

EXEMPLES

!,e temps , semblable au vol de l'oiseau, passe et s'é-'oule sans que nous nous en apercevions.

(Tr.4d. d'Ovide.)

Tout donner au plaisir n'est pas de la sagesse ; Tel qui pense autiemcnt , même avant sa vieillesse , S'en repentira tôt ou tard.

(Arnault.)

. . . J'aime mieux, n'en déplaise à la gloire, VîTre au monde deux jours , que mille ans dans l'his- (MoLiÈRE.) [toire.

. . . L'on ne saurait voir, sans en être piqué , l'ûssédé par un autre un cœur qu'on a manqué.

(/cf.)

Sans que nous nous en apercevions,

c'est-à-dire sans que nous nous apercevions de cela , de ce que nous venons de dire ; savoir : que le terapt passe et s'écoule.

S'en repentira ; c'est-à-dire se re

penlira de cela , de ce que nous venons de dire; savoir de penser autrement.

N'en déplaise à la gloire; c'est-à-dire

ne déplaise à la gloire de cela , de ce que je Tais dire ; savoir ! d'aimer mieux vivre , etc.

Sans en être piqué ; c'est-à-dire sans

être piqué de cela, de ce que je vais dire ; savoir ; de ce qu'un cœur qu'on a manqué soit possédé par un autre.

Doué de la faculté de rappeler des noms de personnes et des noms de choses, le pro-

nom en a encore la proprléié de rappeler même des propositions cnlières. Dans les deux premiers exemples, il reporte l'esprit sur ce qu'on a dit; et, dans les deux dcMniers, il le fixe sur ce qui va être énoncé.

EXERCICE PURASEOLOGIQVE.

^e «ou» ■ Il déclaUe Nu »ou» eo ricLci pas.

i '&ch6ft-T0U»HU.

Votu (OUi en rvpeotirr

Sans rn être fiché.

Sitiîê il en (Jouter.

lia i-ii auront la preu>e

Vou9«i> aurcx la certitude.

Ou <ou> en dounera det preuio Je t'en donne ma parole.

»« l'eu renifle.

11 in'eD fait foi.

Ou «oiM «D lecuMra.

'lu m'en fais lerroetU.

Ili en cnt r*iiuraiiee.

Je n en d"Ute pat.

m N" cccxvir

CONSTRUCTION DE en A l'IMPÉRATIF

SANS NEGATION

Mais ne m'enlevez pas ces fruits de nos amours. — £iil bien, jouissez-cM, possédez-les toujours.

(LONGEPIKRRK.)

AVEC NEGATIO.N.

N'en disputons plus. Chacun a sa pensée.

(MOLIÈKE.)

N'y a-l-il point de négation? le pronom en se place après le verbe, et, si celui-ci est terminé par un e muet, on intercale un s entre le verbe et le pronom, qu'on réunit par un tiret : donne-s-en, mancje-s-en. Lorsque la phrase est négative le pronom eîi se n;eL toujours devant le verbe.

EXERCICE PHRÂSEOLCGIQUE.

Parle»-en.

PoniieKn.

Mange-».€n.

HrenoD»-eiu ■Veraei-en.

Urdiez-es.

N'en parles pas.

N'eu donne pas.

N en mange ['as.

N'eu prenoiLs pat.

N'i-n verseï pas.

N'en brûlex pas.

Prétea eu.

Jage>«n bien.

T)ite8-cD dubieo.

Liie»-en.

La'.ite-*H;D.

DoDue-HvQ.

N'<n prttri paa.

N'en (ugez l'as mal.

N'en dites poiutde mal.

N'mi lises p3».

N'i'ii laisEe pal.

N'en donne pas.

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