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CHOSES

D'un vain-nt homme mort la gloire se public , Mais j'en fais moins de cas que d'un poltron en vie.

(T. Corneille.)

Ua Bcul jour vit périr Théraar et sa mémoire :

Sa veuve, à des d'cux sourds ayant ses vœux offerts ,

N'en fut pas entendue et tomba dans nos fers.

(Chateaubriand,)

Les Trogtoditcs aliHaient leurs femmes et es étiicnt tendremenl chéris.

fMoNTESQUIEU.)

DE LUI , etc.

Dès que le faible oiseau peut essayer ses ailes,

Loin du sein de sa mère il vole sans appui ;

Il est seul dans le monde , et Dieu prend soin de te»

De ces cœurs déliants l'espèce atrabilaire Ressemble, je le vois , aux chevaux ombrageux; 11 faut les aguerrir pour venir à bout d'Kux.

(PiKON.)

On ne saurait dire si Esope eut sujet de remerdec la nature ou de se plaindre d'ELLH.

(La Fontalne.)

Ici, il s'agit de personnes el de choses, et, pour en rappeler l'idée, les écrivains ont fait usa-^e, pour les unes, de en, et de de luiy d'elle, (TeuXy etc., pour les autres. Nouveau démenti à la règle des grammairiens.

Néanmoins, on ne doit pas conclure de tout ce que nous avons dit, qu'on peut indistinctement se servir du pronom en, et des expressions de lui, d'elle, d'eux, d'elles, pour U:& personnes et pour les choses. Plusieurs consécrations ont été établies par l'usage, et l'usage seul peut lesfaire connaître.

El rtiiiiT 01 pscsosiM.

J'en faif beaucoup de cas.

On eo dit beaucoup de mal.

Oo en eit toujouri mal rei;u.

Veut eu Mrei toujouri eitimi

E* PltLlXT 01 CHOSai.

Je ne mr plaindrai pas d'elle.

Ayei surtout bien soin de lui.

Vous croyet Tenir à bout d eui ]'ourrex-Toui loui rendre maître il'*U*

^^t^^ N' CCCXXIV. ^^^^

EMPLOI DE en ET DE SOn, sa, SeS, ETC.

AVEC en.

Hélas ! on éteignit en moi l'effet des passions sans m éteindre la cause. (Montesquieu.)

Maîtres de l'univers , les Romains s'en attribuèrent tous te* trésors. {Id.)

C'est parce que l'or est rare que l'on a inventé la dorure , qui , sans en avoir la solidité , en a tout le brillant. Ainsi , pour remplacer la bonté qui nous manque , nous avons imaginé la politesse , qui en a toutes les apparences. (De Lkvis.)

La Grèce aimait la gueri'e , elle en connaissait l'art.

(Montesquieu.) Ces vérités ne doivent pas être présentées avec des couleurs qui en altèrent la majesté.

(Barthélémy.)

Quand on est dans le pays des fictions , il est difficile de n'en pas emprunter le langage.

{Id.)

Quand on est dans un pays, Il faut en suivre Tusage.

(Montesquieu.) Au moment où le génie s'éveille chez une nation , les premiers qui en ressentent i'inspiralion puissante , s'emparent nécessairement de ce que l'art a de plus heureux , de ce que la nature a de plus beau.

(La Harpe.)

avec son, sa, ses.

II ne se sert à table que de ses mains , il manie les viandes , les remanie , démembre , déchire , el en use de manière qu'il faut que les conviés , s'ili veulent manger, mangent ses restes.

(La Bruyèrk.)

Socrate , qui prévit de bonne heure qu'Alcibiade serait le plus dangereux des citoyens d'Athènes , s'il n'en devenait le plus utile , rechercha son amitié , l'obtint à force de soins , et ne la perdit jamais.

(Barthélémy.)

Les Arabes étaient autrefois un peuple doux , amoureux de la liberté. Mahomet changea leurs idées ; mais il ne leur reste plus rien de l'impulsion qu'il leur avait donnée. (Raynal,)

Cicéron péril... Trois siècles après, un empereur plaça son image dans un temple domestique , et l'honora à côté des Dieux. (Thomas.)

On vit alors Périclès se retirer de la société... Les maîtres célèbres qui avaient élevé son enfance , continuant à l'éclairer de leurs conseils , remontaient avec lui aux principes de la morale et de la politique.

(Barthélémy.)

Au lieu de dire : Le soin qu'on apporte au travail empêche de sentir sa. fatigue, on dit : le soin qu'on apporte au travail empêche d'?.^ sentir la fatigue, en substituant à sa le pronom en, parce que le mol fatigue est en rapport de possession avec un nom de chose : travail, la fatigue du travail; et c'est aussi par raison de clarté, car l'adjectif possessif ferail naître ici une équivoque : on ne saurait pas s'il est question de sa propre fatigue, ou do la fatigue du travail. Tels sont les motifs qui ont déterminé l'emploi de en dans tous les exemples de la première colonne.

Si, au contraire, le mol complémont du verbe est en lapport d'appartenance avec un

nom de personne, on se sert alors des adjectifs possessifs son, sa, ses, etc. est fort aimable, chacun recherche sa société . (2« colonne.) Nous verrons si ces règles ne souffrent point d'exception.

et homme

AVEC en.

J'cD ceoiMil Ici usage».

J'eo «i TU le< mcnumeoti.

J'eo admire la beaulé.

J'eo parcourus les prameDidea.

J'en cauavU Jei défauli

EXERCICE PnRÂSÉOLOGIQVE.

AVEC son, sa, ses.

Je conuais lun pire.

Je sait ses finesses.

Nous fuivrons ses atis.

J'emprunterai (on langage.

Je connais ses défauts.

AVEC en.

Tu en *errii let beaui sites.

Il en contemplera le pittoresque.

Nous en cfaercberons la cause Vous en Tojei l'eflet.

Vous en Terrex le risullaL

AVEC son, sa, ses.

L'étude lait mi déiioes.

Nous devooi suivre ses commise*

ments.

Bien De peutcbaniter ses idiei J'ai étudié ion caractère.

.^^c> N" CCCXXV. m

En POUR LES PERSONNES, ET SOn, Sa, SCS, ETC. POUR LES CHOSES.

AVEC en.

De mes sujets séduits qu'il comble la misère ; Il en est i'ennemi , j'en dois être le père.

(Voltaire.)

Il connait Nicomède , il connaît sa marâtre y Il en sait , il en voit la haine opiniâtre.

(Corneille.) Le chef des deux époux en doit être l'exemple.

(La Chausséb.)

AVEC son , sa, ses, etc.

La vertu d'elle-même est partout respectable , Vous doublez son empire en la rendant aimable.

(Gbémier.)

L'art et les soins ajoutent à nos jours; Mais rien ne peut éterniser leur cours.

(Lombard de Lamgres.j

Le récit de nos maux adoucit leur rigueur.

(GUÏMON DE LA ToUCHE.)

11 suffit de lire ces citations pour se convaincre qu'il est des cas où l'on peut faire usage de en, lorsqu'il s'agit de rappeler l'idée de personnes, et de son, sa, ses, leur, etc., lorsqu'on parle de choses. Cet enij loi n'a rien de vicieu.x, quoi qu'en disent plusieurs grammairiens, elnos meilleurs écrivains se sont servis très-fréquemment de ce tour, pour rendre l'expression plus énergique. Aux exemples que nous avons déjà cités, nous ajouterons les suivants :

Que fait la renommée au cœur qui la dément? En paix avec soi-même , on la brave aisément , Mais on souffre en tremblant sa faveur inûdéle , Lorsqu'un témoin secret vient déposer contre elle.

(De Belloy.)

Quand on n'ose parler,

Quand Vamour avec art prend soin de se voiler, Ses feux sont étouffés par l'extrême prudence , Et l'on est quelquefois victime du silence.

(Fagan )

On ne guérit jamais d'un violent soupçon ; L'erreur qui le lit naitre en nourrit le poison.

(Crébillon.)

Malheur au talent jeune encor, Lorsqu'il ne prend conseil que de sa jeune audace ! Mais qu'une habile main dirige son essor, U est plus sûr d'atteindre au sommet du Parnasse.

(Le Baillv.)

Le commerce est comme certaines sources y si voui voulez détourner leur cours , vous les faites tarir.

(FÉîiELON.)

Combien ceux qui ont cru anéantir le christianisme , en allumant des bûchers , ont méconnu son esprit 1 (Chateaubriand.)

0 vous qu'avait trompés une fausse apparence , Dès que vous découvrez un esprit vicieux , Rompez-en vite avec prudence Le commerce contagieux.

(Lenoble.)

Quelque aveugle que soit Y amour-propre, on ct>dnait bientôt se* défauts quand l'intérêt s'en mêle.

(DUCLOS

La nécessité parle, il faut suivre sa voix.

(Delatouchi.)

On hérite du crime en recueillant ses fruits.

(De Belloy.)

'-^^&. CCCXXVl» ©ï^^*^-^'^

EMri.oi DE en ou de son,sci, seSj etc., avec le sujet d'une rnoposiTic:

AVEC en.

SI la mollesse est douce , la suite en est cruelle.

(Marmontel.) f-cs sciences ont des racines ainèrcs , mais les fruits en sont doux. (Boisth.)

I.a gaîté est la santé de l'âme; la tristesse en est le P'^ison. (Stanislas.)

L'esprit est la fleur de l'imagination ; le jugement en est le fruit. (Livry.)

La sincérité est ,e visage de l'àme , comme la dissimulation en est le masque.

(Sanial Dubav.)

Mentor remarqua un de leurs vaisseaux qui oipit presque semblable au nuire, et que la tcmpcle avait écarté. La poupe en était couronnée de certaines

AVEC son, sa , ses, etc.

Mai.5 la mollesse est douce et sa suite est cruelle. Je vois autour de mol cent rois vaincus par elle,

(YOLTAIBK.)

La patience est amère , mais son fruit est doux. (J.-J. Rousseau.)

L'a'.oès cubullin est le plus impur des aloès de commerce : son odeur est forte et désagréable ; sa poudre est veidàtre. (Dict. de médecine.)

L'ariidon pur est rarement employé comme aliment Ses usages dans les arts sont trc-s-norabreux.

Ces arbres sont bien exposes mais Utirs fruits ne mûrissent pas. (Boniface.)

Dans la première colonne, lo mot suite, sujet d'une proposition, est en rapport de possession avec un nom de chose : la mollesse. En pareil cas les substaniifs ne sont point ord/nairement précédés de l'adjeciif possessif, qu'on remplace par le, la, les, suivis du pronom eu.

Nous disons ord'maîremcnl , car les citations do la deuxième colonne nous font voir qu'il Y a des circonstances où, pour mieux préciser l'idée de possession, et donner plus de vivacité à la pensée, plus de grâce à l'expression, on peui substituer son, sa, ses au pronom en. Tant il est difficile, dit très-bien Lemare, d'établir d<.s règles qui n'exigent pas de nombreuses restrictions, d'éternelles explications! Les fails et l'analogie, voilà peul cire les seuls moyens d'enseignement et de succès.

Après s'être donné toutes les peines du monde pour poser quelques pauvres principes >-<ur I emploi de en, les grammairiens {iiiissonl par avouer qu'on doit se servir de ce pronom touics les fois qu'on peut en faire usage, et que l'on ne doit employer l'adjectif jiossessif que lorsqu'il est impossible de mettre en. Celle naïveté est échappé à Lemare lui-même.

Dans ce vers de Voltaire :

Mais la mollesse est douce, cl sa suite est cruelle,

nen n'empêchait de construire e«. Eh bien! essayez de placer ce pronom; vous aurez, il est vrai, une plirase bien correcte, bien grammaticale: mais quelle différence de cette phrase lourde, languissante, au vers harmonieux du poète !

Ainsi donc la clarlé, l'harmonie, la grâce obligent à [)rér<'ier (luelqucfois, même en prose, l'adjeciif possessif au pronom en.

Presque toutes les exceptions, dit Caminade, sont fondées sur cies nuances souvent

très-délicates, et c'est parce qu'on ne les aperçoit pas qu'on est tenté de calomnier une langue dont la délicatesse a toujours fait l'essence.

EXERCICE PHRàSÉOLOGIOVE.

r.a tête e-5 est helle

Le lit <c cit profond.

Les ma^istr.its en sont Int^çr

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