‹ Grammaire nationaleChapitre 30 sur 643 · LA FEMELLE · texte numérisé non relu

LA FEMELLE

Le renne vit de mousse aux plages boréales.

(Delillb.)

Le pinçon remplit l'air de sa voix éclatante.

(MlCHAUD.)

Le merle cherche l'ombre et les taillis épais.

La colombe attendrit les échos des forêts.

La baleine bondit au sein des mers. (Id.)

La taupe ne se trouve guère que dans les pays cul

tivés. (BOFFON.)

poulain, la pouliche, le coursier, la haquenée. — Le taureau, le bœuf, la vache, la génisse, le veau. — Le sanglier, la laie.les marcassins. — Le cerf, la biche, les faons. — Le lièvre, la hase, les levrauts. — Le lapin, la lapine, les lapereaux. — Le lion, la Donne, les Uonceaux. — L'âne, le baudet, l'ànessc, l'ànon. — Le bélier, le mouton, la brebis, l'agneau. — Le bouc, la chèvre, le chevreau, etc., etc., etc.

(1) On dit également corbeau (substantif masculin) pour désigner le mâle et la femelle. Le mot |>jiî f féminin) désigne les individus des deux sexes , et l'on est forcé de dire: la femelte du corbeau , le mâle de la pie. Il faut dire aussi, par périphrase : les petits du corbeau, de la pic, du geai, du merle, etc., etc. Pour l'espèce de l'aigle, nous avons les aiglons, qui désignent les petite, etc., etc.

(3) Courtier se diiail aulrefois «t se dit encore, en pottie, d'un clirTal comme d'une jument. Nous ne savons pourquoi tous les Iciicogiipfaet Veulent que ce mot ne s'applique qu'au mâle de l'e^pére cheval. Tlaquenit se (rouvc dans If nicnic cas que cotirtUrt si ce n'est que eowtUr est masculin, et haqutnie féminin. Haijuen^t se disait autrefois d'un cheval comme d'une jument , qui allait i'amblc ; pourquoi donc l' Académie) Ici {rammairiens et les leiicograpbes, Teulent-ib noys persuader aujourd'hui que ce mot ne se disait que des juments ?

<3] On dit le btecard. Tious croyons que ce mot est le seul qui au masculin désigne spécialement un objet' ft-mellc. Il est rmi qu'au fond le terrar^ est un poisson d'une espèce difTérente de celle du s^iumon. et que ce n'est que dequi:^ quelque temps qu'on a pris l'habitude de désigner car ce nom la femelle presque ignorée de ce dernier. Nos grammairiens n'ont jamais pu iipliqucr la masculinité de ce mot Mais rcpcndani Ici tout t'cipliquc. Une forme cvidcnle l'a emporté sur une signiGcatiun peu connue. L'absence de !'< muet fuial » forcé ce mot feu oouimue d'être masculin.

Le loir six mois entiers s'endort d'un lourd repos.

(Dhlillk.)

Le chameau voyageur traTcrse l'Arabie.

Le lama s'apprivoise aux régions australes.

Le serpent a ses mœurs, ses combats, ses amours.

Le putois est fort avide de miel. (Buffon.)

Le hérisson sait se défendre sans combattre.

{Id.)

Le pigeon en amour ne connaît point d'égal.

(Dhlillh.)

La musaraigne a une odeur forte qui répugne aux chats. Buffon.)

La souris ne sort do son tioa que pour chercher à viue. [Id.)

La belette et l'hermine ne veulent pas manger lorsqu'on les regarde. {Id.)

La pie-griéche nourrit ses petits de chenilles.

{Id.)

La mouche éphémère ne voit point deux aurores. (Bernardin dk St-Pierrk.)

Un long âge blanclilt la carpe centenaire.

(Delillk.)

La martre nait pour nous dans le fond des déserts.

(Lemierrb.)

Ces faits suffisent pour nous démontrer que clans les espèces moins rapprochées de l'homme, et moins utiles ou à ses plaisirs, ou à ses besoins, le mâle cl h\ femelle sont désignés par un seul et même nom, tantôt masculin, lanlôl féminin, sans égard au sexe de l'individu.

Cette dernière manière est une véritable imperfection dans la langue, car chaque fois que nous voulons parler des animaux qui n'ont reçu qu'un seul nom pour le mâle et la femelle, noussommes obligés d'ajouter au nom de l'animal un mot qui désigue son sexe : le sarigue mâle , le sarigue femelle; il nous est aussi permis de dire, avec Buffon et tous les naturalistes, la femelle du sarigue, la femelle sarigue; ou bien encore nous pouvons, en supprimant le mol femelle, attribuer au mâle toutes les fonctions qui appartiennent exclusivement à la femelle, et dire : le porc-épic met bas; du lait de buffle, ou tout simplement le mâle, lafemelle. Les citations suivantes en sont une preuve convaincante:

La tortue mâle, après la saison des amours, abandonne bientôt la compagne qu'elle paraissait avoir tant chérie. (Lacépède.)

La chaleur du soleil suffît pour faire cclore les œufs des tortues dans les contrées q-u'elles habitent,

{Id.)

Ce n'est pas par indifférence pour les petits qui lui doivent le jour que la mère tortue laisse ses œufs sur le sable. {Id-)

La femelle du renne porte un bois comme le mâle.

(Buffon.)

Lafemelle du chameau{i) fournit un lait ;d)ondant, épais, et qui fait une bonne nourriture, même pour ks hommes , en le mêlant avec une plus grande quantité d'eau. {Id.)

Lafemelle du castor porte deux, trois et jusqu'à quatie petits : elle les nourrit et les instruit pendant une année. (Chateaubriand.)

La femelle marmose n'a pas, comme la femelle sarigue, une poche sous le ventre où les priits puissent se cacher. (Buffon)

La femelle du crabier ne porte pas, comme la femelle du sarigue, ses petits dans une poche sous le ventre. {Id.)

Edward Tison a décrit et disséqué le sarigue femelle. {Id.)

Le lait de la fcmellebuffle n'est pas si bon que celui de la vache. {Id.)

Le gardien qui veut traire la buffle est obligé de tenir son petit auprès d'elle, ou, s'il est mort, de la tromper, en couvrant de sa peau un autre bulfle quelconque. {Id.)

On assure que les mères buffles refusent de se laisser téter par les veaux. {M.)

Dans les pays chauds presque tous les fromages sont faits de lait de buffle. {Id.)

(1) Le féminin chamelle ne se trouve dans aucun dictionnaire. C'est une omission d'autant plus grave qu une foule d'écrivains ont employé ce mot.

O'anlret (tiergcs), joycusei comme elles

Kaiiaient jaillir dos mamelle»

De leuri docile» chamellct .

Cb lait blanc tout leurs doigti noirs.

'V. Hrco, OfjFifo.'ti.

Le lèfcre rajoniiant, la docile ehamtlie

Aulruche à quatre fjiedi et qui vole comme elle 'EiaiBfliMT.'l

Lef mœurs arabes sont ccn>crTée« k> Cimmet boivent !e U>l dt thamelle. (Ciliiiciuur».)

Bien que lous les êtres qui n'entrcni pas dans la classe des animuax n'aieni pointde sexe, il y a cependant des végétaux qui semblent admettre cette distinction :

La plante a son hymen, la plante a 5cs amoure; Des deux sexes divers, de leurs divers organea,' Ces peuples végétaux jouissent comme nous.

Notieàge a découvert, ô merveille inouïe, Q'je, comme nous, la (leur donne et reçoit la vie.

(Ross et).

(De(.ill<.)

Jette distinction, il est vrai, est si difficile à reconnaître, qu'elle est pour ainsi dire nulle pour la plupart des gens du monde.

Les anciens, dit M. Cuvierdans ses notes sur Deiille, n'ignoraient pas que le palmier femelle a besoin de la poussière du palmier mâle pour être fécondé; mais ils n'avaient point étendu cette découverte aux autres plantes. Le premier qui prouva, par des expériences décisive?, \^ nécessité du concours des deux sexes dans les végétaux fut Vaillant, démonstrateur de botanique au Jardin des Plantes de Paris; mais il ne réussit point à persuader son contemporain Tournefort, qui continua à regarder la poussière des élamines comme un simple excrément.

Linnée a beaucoup contribué à rendre générale l'opinion de Vaillant, et Kœlteuter V' mise hors de doute, en produisant des mulets végétaux; la poussière des étamines d'unr espèce, portée sur le pistil d'une espèce voisine, donne des individus de forme in ter médiaire; et comme ces mulets végétaux ne sont pas tous inféconds, il est possible de changer par degré une espèce en une autre (1).

Ainsi, on ne devra donc pas s'étonner, si, en parlant de certaines plantes, de certaines fleurs, les écrivains on dit : plante mâle, plante femelle , comme le prouvent les citations suivantes :

Le mâle (de la saussaie) fait voler à travers la campagne, Mille esprits créateurs sur sa verte compagne.

(Castel).

Pour que le fruit du dattier ou du pistacliier se développe, il est indispensable que les individus mâles soient placés au voisinage des individus femelles. (Encyclopédie moderne.)

Les pins mdïes donnent une quantité prodigieuse de poussière séminale, qui, portée par les vents, a fait croire à des hommes ignorants qu'il pleuvait du soufre. (MiLLiN.)

Lorsque les dattiers sont en fleurs, les Arabes vont couper des rameaux mdlcs pour féconder les /ejneHes, fendent légèrement le tronc de ces dernières, et y implantent une tige de (leurs mâles. (Castel.)

Il y a des fleurons qui, ayant des étamines, et n'ayant point de germe, portent le nom de fleurons mâles. (J.-J. Rousseau.)

Un organe mâle ou femelle peut donc , à lui seul, constituer une fleur. Pour qu'une fleur soit complète, elle doit offrir les organes des deux sexes , environnés d'une double enveloppe. (ENcvcLOfÉDiE moderne.)

Les fleurs femelles du noyer sont remplacée? par des fruits charnu?; ils renferment une noix bivalve.

(MiLLIN.)

On nomme plante androgyne celle qui porte des fleurs mâles et des fleurs femelles sur le même pied, (J.-J. Rousseau.)

Le sapin se distingue par ses écailles femelles oblongues et en masse. (Millin.)

Il y a plus d'arbres à chatons mâles qu'il n'y en a qui aussi aient des chatons femelles.

D'autres (fleurons) qui ont un germe et n'ont point d'étamines, s'appellent fleurons femelles.

Le peuple donne mal à propos le nom de chanvre mâle aux pieds qui portent les semences, et celui de chanvre femelle à ceux qui sont stériles. {Id.)

., Un médecin naturaliste du siècle dernier, le docteur Traate, s'est amusé à rédiger en vers latins le système de Vaillant, sur les sexes et l'hymen des fleurs. Il en est résulté, sous le titre de Connuhia [lorum, un petit poème, qui n'a été ni inconnu ni inutile à Delille. — Un poè-le anglais, Darwin, a cg;ilement chanté les amours des plantes. Ce poème, que les Anglais citent comme un chef-d'œuvre, a eu plusieurs éditions en Angleteire, et a été traduit dans notre langue par un homme de goût, M. Ddciize, qui l'a fait précédej d'un discours préliminaire remarquable par la pureté du style.

EXERCICE ANALYTIQUE

nOMS MASCliLINS QUI DESIGNENT A LA l'OIS LE MALE ET LA IRMELLK.

Le bison-

Le renne

Le crabe

Le chacal.

Le rhinocéros

Le dauphin

Le cliatnoia,

Le fanijjire

L'cjcarpot.

t'ieattmi.

Le libre.

Le ftuujon.

ftléphâr.t.

L'anihois.

Page 1