PEUT-ON DIRE
Celte remarque , ainsi que celles purement gram^ maticaleSj sont pour les étrangers principalement.
(Voltaire.)
Les actions qui échappent de la main de l'onvrier ont bien plus de grâce que celles qui sont étudiées.
(Montaigne.)
Nulle religion n'a pris soin des mœurs des hommes plus que la religion chrétienne et celles qui ont été dressées sur son modèle. (Nicollk.)
La sagesse ne consiste pas à prendre indifféremment toutes sortes de précautions , mais à choisir celles qui tont utiles et à négliger celles qui sont superflues.
(J.-J. ROUSSBAO.)
Dans quelque contrée que le moineau habite , on ne le trouve jamais dans les lieux déserts , ni même dans ceux qui sont éloignés du séjour de l'homme.
(BOFFON.)
Pline dit que Carès inventa les augures tirés des oiseaux, et qu'Orphée inventa ceux tirés des antres animaux. (Legendrk.)
J'ai joint à ma dernière lettre celle écrite par le prince. (Racine.)
Le goût de la philosophie n'était pas alors celui dominant. (N'oltaike.)
On confondait sous l'action de la loi aquilienne la blessure faite à une bétc , et celle faite à un esclave.
(Montesquieu.)
Les Athéniens ont de trois espèces de monnelts ; celles en argent sont les plus communes.
(Barthélémy.) Vos succès présents me répondent de ceux à venir.
(BONIFACB.)
L.i question est donc de savoir si les exemples de la seconde colonne sont aussi corrects que ceux de la première, et si l'on doit les imiter. Si nous écoutions les grommairiens, tels que Giraull-Dnvivier, MM. Noël et Chapsal, et avant eux Maugard et Domergue, les phrases dont il s'agit seraient vicieuses; mais quelle que soit l'autorilé do ces grammairiens, elle devient nulle comparée à celle des plus grands écrivains de la France, tels que Voltaire, Racine, Montesquieu, Barlliélemy et une foule d'autres. Il est vrai, dit Boniface, qu'après celui, celle, etc., nos meilleurs écrivains ont généralement exprimé le pronom qui suivi du verbe être; mais l'ellipse de ces mots, nécessitée dans les actes publics, dans les ordonnances, commence à être aujourd'hui en faveur, et elle finira sans doute par être généralement adoptée, malgré les réclamations des grammairiens. De bons auteurs en font maintenant usage, et nous n'en donnerons pour preuve que la phrase suivante; elle a été prononcée tout récemment du haut de la tribune nationale par un historien distingué, un éloquent et spirituel orateur, aujourd'hui minisire (M. Thiers) : Il faut du courage et du dévouement pour accepter, dans des circonstances comme celles actuelles, un pouvoir écrasant par son poids. D'ailleurs, la Société grammaticale a donné son approbation à ces sortes de phrases. Par conséquent nous pensons qu'elles sont irréprochables.
EXERCICE PHRÀSÉOLOGJQUE.
Vo« eiemple» et ceux qai ont él* fait» par to.« camaradis, sonl boDS
Remetlei-nioi celte lellre et celle qui est adressée à mon ami.
Ce» corrections ne «ont pas celUe qui ont été écrites par I auleur.
DaDI le» eirconstanoe» comme celles où nous fiions, les emplois publie» sont difficiles à remplir.
Voire goût n est pas celui qui est dominant.
Dans «otrc critique les question» littéraires sont mieux résolues que celles qui lont grammaticales
Vos eiemplet et ceux faits par tos camarade» tont bon».
Bemetlii-nioi cette lettre et celle adressée à mon amL
Ces corrections ne sont pas celle» écrites par lauteur.
Dans les circonstances comme celles actuelle», le» emfloil publics sont
difiîciles à remplir.
Votre goût nés! pas celui dominant Dans Totie critique les queitiont littéraire» lont mieux ré»eice( qcc
celles grammaticale».
'^^s* N° CCCXXXII. ^^^
^j^-tQ OOOO
ELLIPSE DE celui, Celle, ETC.
si la fin de Socrate est d'un sage , la mort de Jésus est d'un Diea. (J.-J. Rousseau.)
Voyei si mes regards sont d'un juge sévère.
(Racine.)
ANALYSE
Si la fin de Sociale est (celle) d'un sage , la mort de Jésus est (celle) d'un Dieu.
Voyez si mes regards sonl (ceux) d'un juge séYcre.
Dans toutes les phrases analogues, l'ellipse de celui, celte, etc., donne tout à la fois à l'expression plus de concision, d'élégance et d'énergie. Celte construction, aussi bien que la construction pleine, est en prose comme en vers très en usage, quoi qu'en dise Girauit-Duvivier.
EXERCICE PURASÉOLOGIQVE.
CeiieDlimeDbtoDtd'un bon pire.
Ctltt pen«^ est d une bonne et tindre niéte.
Cet ourrage ettd'uD faabiie lioiuaic.
Ce! sentimentifont reui d'un bon phe.
C«lti! priiiée est celle d'une bonne el tendra niére
Cet ouTiage «tt celui d ua babile bomme.
— H^cs^ N" cccxxxni. ^^^-^—
Celui, celle, etc., e.\ rapport avec un substantif pluriel ou singulier.
Celui, celle avec un substantif plurie/,. L'ainour^cst cehu'jle tous les Dieux qui sait le
(liACnK.)
mieux le chemin du Painasse,
Croyez-vous que le peuple ait lu et raisonné dans les guerres civiles de la rose rouge et de la rose blanche , et dans celle qui fit périr Charles I*' ?
(YOITAIHH.)
De toutes les choses entreprises par Bonaparte , celle qui lui coûta le plus fut indubitablement son concordat. (Chateaubriand.)
L'influence du hue se répand sur toutes les chisios de l'état , même sur celle du laboureur.
(Marmontel.)
Ceux, celles, avec un substantif singulier.
Vous serez seul de votre parti , peut-être ; mais vous porterez en vous-même un lémoiyuaye qui vous dispensera de ceux des hommes.
(J.-J. Rousseau.)
L'honnêteté d'une femme n'e>rt pas dans les i;rimaces. 11 sied mal de vouloir être plus sage que celles qui sont sages. (Molière,)
J'ai ajouté à Mégare une personne de plus ;\ celles qui peuvent me souhaiter un peu de bien.
(Chateaubriand.)
On répétait avec admiration le nom des Solon et des Lycurgue avec ceux des Miltiade et des Léonidas.
(Thomas.)
Dans les exemples de la prcmièra colonne, celui, celle, se trouvent en relation avec des substantifs pluriels, et dans les exemples opposés, ceux, celles le sont avec des noms singuliers. Cette construction, quoique contraire aux lois de la grammaire, qui veulent que le pronom prenncle genre et le nombre du nom qu'il représente, peut être justitiée par lasyllepse, figure dont les écrivains se servent fréquemment, et particulièrement, dirons-nous, pour le cas en question.
« Il est vrai, dit Girauit-Duvivier, qu'on peut éviter celle consiruciion en répétant » le substantif, et que souvent même cette répétition est élégante; par exemple, Mar- " monlel aurait pu dire : L'injluence du luxe se répand sur toutes les classes de l'état, menu " sur la classe du laboureur. Mais ce n'est pas là un motif pour proscrire la premièra » construction. »
GirauU-Duvivier a parfaitement raison, et nous sommes entièrement de son avis.
EXERCICE PHRÀSÉOLOGIQUE.
d! t'on?« "' "■"' ''"' '" '' ■"*'"'■•"• Votre reproche ne me touihe pa? plus que eeuj «lesauirei.
T^n. .„r, î' """?"«"•=» « •■st «lie qui est la plus douce. Celle personne est plus belle aue toutes celle» que nous a»ons rues.
L-^n!lruc.l'"H r" ' f" !"'^' 1"' ■' 'li""'P"e. Votre tcnoignnge n infirme pus ceux des autres.
du pau.r" '" «P»"''" ti-ns toutes les classes même du.ns colle Cet imptt est f lus .'uste que tooi ciu» rjui .ODt'fiinais eSo claldii.
^^^ N' CCCXXXIV. a^^**—
DE l'empoi de celui, celle, etc., dans les phrases comparatives
EXEMPLES OÙ celui, celle doivsnt être exprimés.
Le nombre des espèces d'animaux est plus grand que celui des espèces de plantes.
(BUFFON
La voix du phoque est plus expressive et plus modulée que celle des autres animaux.
La chair du renard est moins mauvaise que celle du loup. (/(/.)
La fécondité du lapin est encore plus grande que celle du lièvre. [Id.)
EXEMPLES où celui, celle, peuvent ne pas
ÊTRE EXP9IMÉS.
Le buffle a la peau plus épaisse et plus dure ^e le bœuf. (BuFFCN.)
Les chevreuils bruns ont la chair dIus fine que les roux. " -rt.)
Le renard a les sens aussi bons que le loup.
(Id.) 11 est probable que l'orfraie n'a pas la vue aussi nette ni aussi perçante que les aigles. (2d.)
Dans le premier exemple de la première colonne, pour comparer le nombre des espèces d'animaux avec le nombre des espèces de plantes, on ne pourrait pas dire : Le nombre des espèces d'animaux est plus grand que les espèces de plantes parce qu'alors on donnerait à entendre que l'on compare le nombre des espèces d'animaux avec les espèces mêmes de plantes; ce qui rendrait la comparaison et la phrase vicieuses; tandis que dans le premier exemple de la seconde colonne, pour comparer la peau du buffle avec celle du bœuf, Buffon a dit très-bien et très-correctement : Le buffle a la peau plus épaisse et plus dure que le bœuf , sans pour cela établir de comparaison entre la peau du buffle et le bœuf lui-même. Nous allons donner la raison des deux constructions, et en présenter d'abord l'analyse.
i" Le nombre des espèces d'animaux est plus grand que celui des espèces de plantes (n'est grand).
^° Le buffle a la peau plus épaisse et plus dure que le bœuf (n'A la peau épaisse et dure.)
Dans la première, le nombre est comparé à un autre nombre, et ces deux mots sont l'un et l'autre sujets d'une proposition. Dans la seconde, qui est très-ellipiique, comme on voit, puisque le second terme de la comparaison est toujours sous -entendu, les deux termes comparés sont compléments de verbes, dont l'un est exprimé et l'autre ellipse. D'où nous tirerons les deux principes suivants :
Quand les deux termes de la comparaison sont identiques, comme un nombre avec un autre nombre, une voix avec une autre voix, si l'un est sujet de la première proposition, l'autre doit être sujet delà seconde, et dans ce cas, ce dernier est répété ou remplacé par celui, celle : Le nombre des espèces d' animaux est plus grartd que le nombre ou que CELUI des espèces de plantes.
Mais si l'on veut comparer la peau du buffle avec la peau du bœuf, la chair des chevreuils bruns avec la chair des chevreuils roux, et que le preniier terme de la comparaison soit complément du verbe, celui, celle peuvent ne pas cire exprimés, et cetlo construction est même plus logique, plus usitée que celle où le pronom est énoncé, comme dans cet exemple de Montesquieu : Pompée avait une ambition plus douce et plus '.ente que celle de César.
( 400 ) Ainsi, de nos observations il résulte que la même comparaison peut être exprimée de trois manières différentes :
L\ PEAU du buffle est plus épaisse et pins dure que la peau ou que celle du bœuf.
Le ouffle a la peau plus épaisse et plus dure que le bœuf.
Le buffle a la peau plus évaisse et plus dure que la peau ou que celle du bœuj.
EXERCICE PHRÀSÉOLOGIQUE.
Le ebaol du rouignoi est beaucoup plus agr*al)le que celui dei au-
trea «israui.
r.» ehair du »eau eît plus blanche que ct\U du bœuf. I,a tai\,e de Sophie esl plus sTtllc que celle d'Elisa. r.aftrocilé de l'Iiyène esl plus graude encore que celle du tigre. I-'amilié d*9 femmes esl iiiniiij suspecte que celle des liommel. La morale de J.-C. est plus bille que celle de) p.iieii». La fortune de mon père est aussi cousidérable que celle de Totre oncle
Le rofiignol i Je chant beaucoup plui agréable que tcni les autr
oiseaui.
T.e leau a la chair plus blanche que le bœuf. Sophie a la taille plus srelle qui lifa. I.liyène a une ferocilé plus gr.iude que le tigre. Les femmes ont une amilié moins suspecte que les homme» J.-Cl. aTait une morale plus sublime que les païens. Mon père a une fortune aussi confidèrable que .a tolre