ENTRE CN SUBSTANTIF ET TN VERBE
L'un des meilleurs remèdes contre nos propres cKiigrins, c'est de chercher des consolations pour les chagrins des autres. (Ddfresnk.)
Le vrai moyen d'être trompé , c'est de se croire plus fin que les autres.
(La Rochefoucacld.)
La fureur de la plupart des Français, c'est d'avoir de l'espri'; et la fureur de ceux qui veulent avoir de l'esprit, c'est de faire des livres.
(Montesquieu.) ... Le secret de réussir, C'est d'être adroit, non d'être utile. (Floriak.)
Mon grand secret pour être heureux, C'est de vivre dans l'innocence.
Le premier moyen de diminuer l'indigence du peuple est d'affaiblir l'opulence extrême des riches. (Bern. de Saint-Pieure.) Le seul moyen de lui ressembler est de se remplir de sagesse, de justice et de sainteté.
'Barthélémy.^
Le bonheur parfait n'est pas sur la terre, mais le plus grand des malheurs, et celui qu'on peut toujours éviter, est d'être malheureux par sa faute.
(J.-J. Roi'C iEAC.)
Le devoir le plus saint, la loi la plus " ;Cri8, Est d'oublier la loi pour sauver la patrie.
(Voltaire.)
Dès qu'il faut obéir, le parti K= \.tus sage Est de savoir se faire un heureux esclavage.
(Crébillon)
Tous les grammairiens, sans exception, disent que quand le verbe être se trouve outre un infinitif et un nom , on doit toujours le faire précéder de ce. Encore une règle éUblie en l'absence des faits ; car ceux que nous avons rapportés démontrent assez qu'on peut dire, à son g^ré : la vraie noblesse, c'est d être vertueux , ou la vraie noblesse est d'être vertueux.
BNTUJJ ce qui, CB que, et UM SUBSTAKTIF CD CN VHllBE.
AVEC ce.
C3 que J3 sais le mieux, c'est mon commencement.
(Racine.) Ce çu'ou souffre avec le moins de patience, ce sont les perfidies, les trahisons, les noirceurs. (T. Corneille.) Ce qui donne le plus d'éloignement pour les dévols de profession, c'est cette âpreté de mœurs qui les rend insensibles à l'huuianiié.
(J.-J. Rousseau.)
SANS es.
Après les bonnes leçons, ce qu'il y a de plus instructif sont les ridicules. (Duclos.)
Ce qui parait aux uns étendue d'esprit n'est aux yeux des autres que mémoire et légèreté.
(Yauvenargues.)
Ce qui m'étonne le plus est de voir que tout la monde n'est pas étonné de sa faiblesse.
(Pascal.)
Dites ce qui est vrai , faites ce qui est bien : ce qui importe à l'homme, c'est de remplir ses devoirs sur la terre; et c'est en s'oubliant qu'on travaille pour soi. (J.-J. Rousseau.)
Ce qui rend la taille et tous les impôts ondreux au cultivateur est qu'ils sont pécuniaires, et qu'il est premièrement obligé de vendre pour parvenir à payer. (J.-J. Rousseau.)
Suivant l'auteur de la Grammaire des Grammaires, la répétition du pronom ce est indispensable quand le verbe être se trouve placé entre ce qui, ce que et un substantif ou un verbe ; et cette répétition est impérieusement exigée si le substantif est du nombre pluriel.
Nos citations donnent un démenti formel à cette règle, et font suffisamment sentir combien la Grammaire des auteurs l'emporte sur celle des grammairiens, sous le rapport de la vérité et de la juste appréciation des faits qui constituent notre langue
ENTRE Vy CD PLUSIEURS I>FINITIFS ET UN NOM.
AVEC ce.
Alléguer l'impossible aux rois, c'est un abus.
(La For*(TAi>E.) Etre allié de Rome et s'en faire un appui, C'est l'unique moyen de régner aujourd'hui.
(,COR?<EILLE.)
Apprendre les langues les plus difficiles, cvnnaître les livres et les auteurs, etc., ç'ont été ses premiers plaisirs. (Flécuier.)
Punir EST un tourment, pardonner, un plaisir.
(CaÉNlKR.)
Mépriser le mépris, rendre haine pour uame. Est le parti qu'il faut qu'un honnête homme prenne.
vQuinallt.) Savoir manier les chevaux et les armes sont de» talents communs au chasseur et au guerrier.
(^BUFFON
Placé entre un ou plusieurs infinitifs et un nom, le verbe être peut être ou non accompagné de ce. il en est de même de la forme composée ont été.
Quant à la phrase de BufFon, que nous avions soumise à la Société grammaticale, elle a été condamnée. On a prétendu que : quand les sujets sont exprimés par des infinitifs, on doit les rappeler devant le verbe, parce que ces sujets n'ont pas la même précision que si c'étaient des substantifs..., et on a remarqué en outre que l'un des sujets étant ellipse, il était indispensable de les présenter tous deux à l'esprit. Par ces considérations, la Société a décidé que Buffon aurait dû dire : Savoir manier les chevaux et les armes, ce soat des talents communs au chasseur et au guerrier.
Sans pourtant vouloir nous mettre mal avec la Société grammaticale, à laquelle nous nous faisons honneur d'appartenir, et dont nous savons mieux que personne, peut-être, apprécier -les immenses services, nous ne pouvons nous empêcher de lui faire ici l'application dos belles paroles de M. Arnault : a La Société grammaticale, pas plus que l'Académie, pas plus qu'aucune société du monde, ne fait la langue; elle en tient registre sous la dictée des hommes de génie. Ce n'est pas à elle à nous faire la loi. »
C'est là une de ces vérités profondes qu'on ne saurait trop répéter et que nous voudrions voir enfin univcrsellen:icnt comprise. Son premier bienfait serait de nous délivrer, peut-être pour toujours, de ces misérables livres où les auteurs, infatués d'eux-mêmes, nous donnent, comme des lois absolues, leurs propres opinions, leurs croyances, leurs préjugés.
KNTRB DEUX INFINITIFS.
Avac ce.
Végéter, c'est mourir; beaucoup penser, c'est vivre.
l,FnÉDÉRlC II.)
Epargner les plaisirs, c'est les trmUiplier.
(lOSTKXKLLB.)
Réduire l'homme à son corps, c'est le réduire à ses sens. (Aimé Marm.v.)
Voyager à pied, c'est voyager comme Thaïes, rialco, Pjihagore. (J.-J. Rousseau.)
Déchoir du premier rang, c'est tomber au dernier.
(La Harpk.) . . . Obliger ceux qu'on aime, Qu'on esJime surtout, c'est s'obliger soi-même. (Colin d'Harleville.) Ne citer qu'une traduction d'un poète, c'est ne nontrer que l'envers d'une belle étoffe.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Vivre content de peu, c'est être vraiment riche.
(Gaioin.)
Prévenir le besoin, c'est doubler le bienfait.
(Maréchal.) La vie est un dépôt confié par le ciel ; Oser en disposer, c'est être criminel.
(Gresset.) Blâmer la vanité de ceux que l'on flatte, c'est se pldindre du feu que l'on a attisé.
(De LingrAb-} Désirer d'être utile au monde, c'est désirer d'étra éclairé. (Marmontel.)
Le seul cas où le verbe être doit toujours être construit avec ce , c'est , comme on le voit, lorsqu'il se trouve placé entre deux infinitifs. Nos immenses lectures ne nous ont fourni que ces deux exemples où ce n'ait pas été exprimé : Sonfjlern'EST pas jouer (Académie) ; se parer et farder n'EST pas, je l'avoue, parler contre sa pensée (Flécliier). Peutêtre bien celte suppression est-elle permise quand la négation précède le verbe être.
EXERCICE PURASÉOLOGIQUE.