‹ Grammaire nationaleChapitre 346 sur 643 · DITES · texte numérisé non relu

DITES

Quand on sent quel'on plaît, on en est plus aimable.

(COLLIN d'HARLEVILLE.)

On n'a point d'encens, on ne passe point pour immortel; mais on se porte bien, on règne sans trouble, et l'on fait beaucoup de bien aux hommes qu'on gouverne. (Fépcelon.)

Quand on a aimé avec emportement, il faut qu'on haïsse avec fureur. (Fénei.on)

NE dites pas :

Quand on sent que l'on vous aime, on en est plus aimable.

On n'a point d'encens, on ne vous fait pas passer pour immortel; mais on se perte bien, on veut qu'on règne sans trouble, et 1 on fait beaucoup de bien aux hommes qu'on gouverne.

Quand on a été aimé avec emportement, il faut qu'on vous haïsse avec fureur.

Lorsque le mot on est répété dans une phrase, il faut faire attention, autant pour l'intelligence que pour la clarté du discours, à ce que le rapport soit identique, comme dans les exemples de la première colonne, c'est-à-dire qu'il ne doit s'appliquer qu'à la mêire personne ; car dans les exemples de la deuxième colonne, on sent bien que la divergence de rapports rend les phrases obscures, fatigantes, insupportables. D'après cela, Fénelon n'aurait pas dû écrire :

On s'attendrissait sur Uippias, dont on racontait les grandes actions.

Cependant on voyait le corps du jeune Bippias étendu, qu'on portait dans un cercueil orné de pourpre, d'or et d'argent.

Le premier on est relatif à une portion d'individus, et le second s'applique à une autre.

EJEnCICE PBRASÈOLOGIQVE.

(^ïuan>I on Mt aimabtc, on est aimé. Quanti on va sur luer, on peut faire naufrage.

Ouaad on bit, on riMjiie d'être battu. Quand on eit bumain, on fait du bien aux Quand on trampe, on est trompé. paurrra.

DJs qu'on vou» le dit, c'est qu'on le Mit. • • Quand on est joueur, on se rjii;.e.

i'uiscju'ou l'atteste, c'est qu'on en est certain.

-^^^^^^ N" CCCXCÏX . cr^eo^

On EN RAPPORT AVEC LES NOMS PERSONNELS n0US,i:0US

Qu'on hait un ennemi quand il est près de nousl Quand Icboiiheur vous guide, on doit suivre ses pas

(iiAciNE.) Et toujours s'élever sans regarder en bas.

(I>i;sToccn»s.l Aunioins en pareil cas, est-ce un bonheur bien doux, On souffre, on jouit, non par ce qui existe, mais

Quand on sait qu'on n'a point d'avantage sur nous. par Cd qui nous parait exister.

(MoLifeRE.) (DESécrR.)

Les pronoms personnels nous, vous, quand ils sont employés dans un sens gén/;ral,indéerniiné, peuvent être mis, comme on voit, en relaiion avec on, qui n'a pour corrélatif spécial que se ou soi. Exemple : ON a souvent besoin d'un plus petit que SOI.

EXERCICE l'URÂSÉOLOGIQUE.

On gemil Hcs malliciirs qui Icmlicnt sur vous. On mcnrùe Us méi li;m<iU-s ((U] se disent du vous. On parle ainsi quand il vous ennuie.

On repoussera les enoemis quî marclicront sur cous. On s':ippl.indil des clones qui nous reviennent. On lui dit eela pour qu'elle aou5 laisse en paix.

-^^^^^i^mQ N" CCCC. ss^^^Ê^t*^-

EjiPLOi DE on POUR je, tu, il, elle, nous, vous, ils, elles.

EXEMPLES

On a certains attraits, un certain enjouement, Que personne ne peut me disputer, je pense.

(Hegnari>.) Tu m'avais promis, lâche, et j'avais lieu d'attendre Qu'on te verrait servir mes ardeurs [lour L(*andre.

'MOLIÈIIE.)

Écoute :

Je prétends qu'on soit sourde à tous les damoiseaux.

{Id.) Je veux croire les gens, quand on me dit, je t'aime.

{Id.} — Que voulez-vous de moi?

— Je veux que l'on m'écoute.

Vous ai-je dit vingt fois, quand je parle.

Qu'an appelle la reine; et vous, qu'on se retire.

(VOLTAIKE.)

Et voi:.% à m'obéir, prince, qu'on se pré(iarc.

(Raci.nk.)

ANALYSE

ON a, etc. , c'est pour: J'AI certains allraits, un certain enjouement, etc.

Çm'ON te verrait servir mes ardeurs est pour JE (c verrais servir, etc.

Je prétends çw'ON soit sourde est pour : je prétends que TU sois sourde, etc.

Je veux croire les gens quand ON fne dit, c'est pour: quatid ILS médisent, elc.

Je veux 7»t' /ON m'^cou^e est pour : je veux qup VOUS ni écouliez.

Et vous quO'S se retire est pour : et vous, il faut que VOUS vous retiriez.

Et vnus, 7u ON se prépare, est pour : et vous, il faut que \OVS vous prépariez.-

Le mol on peut donc s'employer pour je, tu, il, elle, nous, vous, ils, elles, et alors c'est nno manière détournée et délicate de s'exprimer, puisque du particulier on passe tout de suite au général. C'est là une figure qu'on nomme euphémisme.

EXERCICE PHRÂSÉOLOGIQUE.

ON POCa ELLE.

?Ti a Je Tar^enl, y pen»

('a a de l'esprit, je crois.

Ds t dr l'iudacr, je dis.

Dis, on est sourd, je crois.

Montre ici : OU ! on a des LUocbe*.

J'aime un cnLnl , quand on est J'aime une fiUc , quand on est at>

saie. Icntive-

J'aimc un (ils , quand on aime sa Je cliéris une enfant, qtiand oa

m'-re. écoute ses parent».

ON poct aoc<.

on FOtJH TOVS.

OB poca ILS.

011 POCl ILLEI.

On a de io ?a>..e, comme nous vous Vous, qu'on s'en aille.

Il- (iifions. Vous, qu'on vienne ici.

On a l'amour de la patrie, coirme \o«s, qu'on se laise.

vous voyez. Vous, qu'on mn laisse en paix.

C'est lorsqn'on est sagri , qne J'admire les femmes, quand on nt

j'aînic les enTints- vcrloeuscs.

Je veux des amis , quand on est Je n'aime pas les servantes , de»

francs. qu'on n'est pas soumises.

E.MPLOI DE on OU DE l'on APRÈS UN MOT TERMINÉ PAR UNE CONSONNE.

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