CHACUN
-^^3 N° CCCCXXIV. o^<
Nature de ce mot
Chacun a son défaut où toujours il revient.
(La FoîiTAiWB.) Chacun est prosterné devant les gens heureux.
(Destoccqes.) Chacun (ait ici>bas la figure qu'il peut.
(Molière.)
Chacune de nous se prétendait supérieure aux autres en beauté. (Montksqcieu.)
Chacun dCeux résolut de vivre en gentilhomme
(La FONTAINB.;
Chacun des chefs commande à ses troupes.
(Bitaubé.) Cependant que chacune, après cette tempête, Songe à cacher aux yeux la honte de sa tète.
i^MOLlÈRB.)
Ils ont apporté des offrandes au temple, chacun selon ses moyens et sa vertu. (Acadé.'uie.)
La loi lie tous les hommes, chacun en ce qui ie coucerne. (Laveaux.)
Comment chacun serait-il un pronom, puisqu'il ne tient la place d'aucun nom ? C'est donc à tort que les grammairiens mettent ce mot parmi les pronoms.
Chacun est composé des mots chaque et un ou une; et ce qui le prouve, c'est qu'anciennement il s'est écrit ainsi : chaque un, chaque une.
Les grammairiens font encore une distinction dans l'emploi de ce mot : suivant eux, il est absolu toutes les fois qu'il est employé dans un sens général ; et re/a/t/ quand, au contraire, il est suivi ou précédé d'un nom avec lequel il est en relation.
L'analyse va nous démontrer la puérilité de cette distinction.