NOMBRE DU VERBE APRÈS LES NOMS COLLECTIFS PARTITIFS
AVEC LB SINGULIER
Une MCLTiTCDE de pauvres barnabotes n'approe/la jamais d'aucune magistrature.
(J.-J. Rousseau.') Ce PEUPLE de vainqueurs, armés de son tonnerre, A-t-il le droit affreux de dépeupler la terre ?
(Voltaire.)
Le PEU de rimes de notre langue, fait que pour rimer à hommes , on fait venir, comme on peut, le siècle où nous sommes. (Voltaihe.)
AVEC le pluriel.
Une muZM"(i4de de passions divisent les hommes oisifs dans les villes. (Bern. de St-Pierrb.)
Un peuple de beautés, un peuple de vainqueurs , Foulant d'un pied léger les gazons et les Heurs, Entrelacent leurs pas dans les riants dédales.
(TuoMAS.;>
Le peu de jours que les dieux me destinent encore à passer sur la terre, seront environnés de gloire et d'honneurs, (Verxoi.
'^iel î quel pompeux amas d'esclaves à genoux , A.S/ aui iiieds de ce roi qui les fuit tomber tous.
(VOLTAIKE.)
L'ne FOULE d'écrivains s'est égarée dans un stvie re<herché. violent, inintelligible, ou dans la ndgligeiice totale de la granunaire. (Id.)
.Un grand >OMiiKK d'hommes peut tire nuisible à '^^^'- (SIaumotel.)
Cette ESPtcE de paons paraît avoir éprouvé les mêmes ellets par la môme cause. (Buffon. )
Une Partie de ses amis ne peut apprendre sa niorl que l'autre n'en soit déjà consolée.
(CUATEAUBUIAND.)
Ce long amas d'AiEux que vous diffamez tous. Sont autant de témoins qui parlent contre vous.
iHoiLEAU.)
Une foule de citovens ruinés remplissaient les rues de Stockholm, et venaient tous les jours à la porte du palais pousser des cris inutiios.
(Voltaire.)
Un nombre infini d'oiSEAUX faisaient résonner ces bocages de leurs doux chants. (Fénelon.)
Cette espèce de chiens qu'on appelle chiens de Laconie, ne vivent que dix ans. (Boileau.)
Un homme alla pendant la nuit annoncer de sa part aux chefs de la flotte ennemie qu'une partie des Grecs, le général des Athéniens à leur tête, étaient disposés à se déclarer pour le roi.
Un nombre infini de maîtres de langues, d'arts et de sciences, enseignent ce qu'ils ne savent pas.
(]>10>TESQU1EU.}
Une troupe de soldats qui regardaient Siccius comme leur père, étant allés d'eux-mêmes sur le lieu du combat, pour enlever son corps et lui rendre les derniers devoirs, s'aperçurent que ceux qui avaient été tués dans celte occasion étaient tous Botnains.
(Vektot.) En parlant des soldats : ils sont bien fous, dit-on; et les autres, au contraire : il n'y a rien de grand que la guerre; le reste des hommes sont des coquins.
(Pascal.) Une troupe de nymphes couronnées de fleurs nageaient en foule derrière le char. (Fénelon.) Une nuée de barbares désolèrent le pays.
(Académie.)
Une vingtaine de petites filles , conduites pas une manière de religieuse, vinrent les unes s'asseoir, les autres folâtrer auprès de nous.
(J.-J. Rousseau.)
Toutes sortes de livres ne sont pas également bons. (Académie.)
Un grand nombre d'hommes, lorsque leur raison c>t libre, ne donne jamais son assentiment complet à toutes les opinions d un seul.
(M"" de Staël.)
Une troupe de pauvres montagnards dont toute i';:-. idité se bornait à quelques peaux de moutons, .•i[uès avoir dompté la fierté autrichienne, écrasa (( tle opulente et redoutable maison de Bourgogne, qui faisait trembler les potentats de l'Europe. (J.-J. Rousseau.)
l.e reste des musulmans vit dans une sécurité profonde, sans craindre ni pour leurs vies ni pour leurs fortunes, ni pour leur liberté.
(Voltaire.)
Une troupe d'assassins entra dans la chambre de Coligny. (/d.)
Une NCÉB de traits obscurcit l'air.
(FÉNELON
Ciel ; quel nombreux essaim d'innocentes beautés S'offre à mes yeux en foule , et sort de fous côtés ?
(Racine.)
Ceux qui aiment la dépense et le luxe forment une soute d'avares qui est infiniment nombreuse.
(Nicole.)
Lorsqu'un nom collectif figure dans une proposition en sujet grammatical, le verbe s accorde avec co sujet, s'il occupe le premier rang dans la pensée de l'écrivain, si l'attention se porte particulièrement sur ce mot (1" colonne).
Le verbe s'accorde, au contraire, avec le substantif pluriel qui suit le collectif, si ce collectif ne joue qu'un rôle secondaire, s'il n'est employé que pour ajouter une idée accessoire de nombre, d'agglomération («i» colonne).
Kien de plus commun dans notre littérature, dit M. Marrast, que ces divers rapports attribués tantôt à un premier substantif, tantôt à un second. C'est ainsi que se peignent les nuances de la pensée. Pour bien s'en rendre compte, il faut se mettre à la place de celui qui écrit. C'est par la variété des accords que se manifestent les vues de son esprit.
Néanmoins , quand rien ne force l'écrivain a faire rapporter le verbe au premier des suJjstantifs, le second doit déterminer l'accord, puisqu'il désigne les êtres sur lesquels rclonibe l'affirmation. D'après cette considération, peut-être le pluriel eût-il été préférable dans les exemples qui suivent :
Uue foule d'iNTÉRÊTS, de préventions, de préjugés corrompt toujours le jugement des compa-
^'O'eS- (C0^D0RCKT.)
Ces STATUES , dont le plus grand nombre était brisé. (Thomas.)
{ 581 ) En effet, malgré l'inversion, étaient brisées conviendrait mieux, parce qu'un nombre brisé ne présente pas une idée claire.
EXERCICE PERASÈOLOGIQUE.
Une mnUiluile de paysans fot. . .
Une foule At jeunes gen» se perd. ..
Un grand nombre d'écoliers a éti. . .
Use partie de ^es biens fut eonC«quée.
Ddc troupe de singes vint nous assaillir.
Une multitude de paytans farcBt...
Une foule de jeunes geni se perdent. . . Un grand nombre d*écolierfl ont été. ..
Une partie de ses biens furent eonfisqaé». Une tronpe de singet Tinrent nmu ••«aiUir.
NOMBRE DU VERBE APRÈS qui.
^ K CCCCXCVIII. <^^—