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VERBE AU PLURIEL AVEC UN SUJET SINGULIER

Tout ce qui reste encor de fidèles Hébrbcx Lui viendront aujourd'hui renouveler leurs vœux.

(Racine.)

Et ce qu'il y avait de plus grands hommes dans la république se faisaient un plaisir et tenaient à honneur de rendre ces sortes de services à leurs concitoyens. (Roi.lin.)

Tout ce qu'il y a d'HOMiUBS sont presque toujours emportés à croire, non pas par la preuve, mais par l'agrément. (Pascal.)

Tout ce qu'il y a d'HABiTANTS nés libres, même ceux de condition la plus basse, ont accouru.

(D'Olivet.)

Après les bonnes leçons, ce qu'il y a de plus instructif sont les ridicules.

(DUCLOS

Tout ce qu'il y a d'agréable *on( effectivement les idées qui ont été prises de Molière.

(MOLifeRE.)

Ce que je vous dis là ne sont pas des cbaicsons.

(Molière.)

L'effet du commerce sont les richesses.

(Montesquieu.) Savoir manier les chevaux et les armes, sont des TALENTS communs au chasseur, au guerrier.

(Bdffon.) Ce poison préparé des mains de l'artifice , 5onMes armes d'un sexe aussi trompeur que vain.

(Voltaire.)

La nourriture ordinaire de l'écureuil sont des fruits, des amandes, des noisettes, de la faine et du gland. (Buffon.)

Sa maladie sont des vapeurs.

(M'"^ de Sévigné.) La partie la plus piquante des contes sont les scènes dialoguées.

(Marmontbl.)

Cette espèce de chiens qu'on appelle chiens de Laconie, ne vivent que dix ans.

(Boileau.)

« De même qu'un sujet pluriel ne peut gouverner un verbe an singulier, de même un sujet singulier ne peut s'accorder avec un verbe au pluriel, quel que soit le nombre de l'attribut. »

C'est coque répètent l'un après l'autre la plupart des grammairiens. ' Suivant cette règle, qu'ils se sont faite, les phrases qui précèdent seraient très-vicieuses.

Sur quoi nous remarquerons que, dans les exemples de la première série, ce étant une espèce de collectif, tout ce qui s'y rapporte peut être énoncé au pluriel de même qu'au singulier. On met le pluriel quand l'idée collective est plus frappante que l'idée distributive.

Quant aux phrases de la seconde série, ce qui prouve qu'elles sont bonnes, c'est qu'il serait impossible de substituer le singulier au pluriel sans que notre délicatesse en fût blessée. On doit en rendre compte par la direction de la vue de l'esprit qui se porte plus sur le mot qui suit le verbe que sur celui qui le précède. En effet, dominés par l'idée de ce mot, qui est au pluriel, les auteurs ont mis le verbe au même nombre. 2ans s'apercevoir qu'ils violaient les lois do la grammaire, et peut-être bien sans s'en iaquiélor.

Ils ont préféré ^ laisser aller à la nature des idées plutôt que de se traîner péniblement sur les mots.

C'est pour la même raison que Molière a dit : Quatre ou cinq mille écus est un denier considérable, en mettant le verbe est en rapport plutôt avec le mot denier qu'avec le vè ritable sujet quatre mille écus.

D'ailleurs , les nombreux exemples que fournit notre littérature suffisent pour fair^ admettre ces sortes de locutions.

EXERCICE PHRÂSÉOLOGIQVE.

Tout ce qu'il y avait Je brave» soldats fuient . .

Toot ce qu'il y a de javanU en France partagent celle opinion.

Ce qu'il a chanté sont des airs choisis.

Tout ce qu'il vous a dit ne sont que des contes.

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