ACCORD DU VERBB AVEC PLCSISDRS NOMS DE DIFFÉRENTES PERSONNES
Pfous.
IVarbal et moi, nous admirâmes la bonté des dieux qui récompensaient notre sincérité.
(Fénbloi*.)
Nous nous quittâmes, moi et l'Indienne, après nous être serré la main. (CnATKAUBniANo.)
Je vous assure que nous sympathisons, vous et
"*<>'• (MoLihUK.)
Prenons, vous il moi. un de ces grands bancs de "■ameurs. (FAnklon.)
Si de meilleurs conseils avalent été suivis, Ma fille, vous et moi, nous serions tous péris. Plutôt qu'un lâche aveu fût sorti de sa bouche.
(Recmard.)
Vous.
II faut que rot et ceux qui sont ici fassiez les mêmes serments, ou je vous tuerai tous.
(Vertot.) Vous et votre ouvrage méritez d'être parfaits.
iVOLTAIRB.)
Ni vous ni l'empereur ne voulez courir au Bosphore. (Id.)
Allez, vous et vos semblables n'êtes point faits pour être transplantés. (MbiMESQUiKU.)
Il faut, madame, que vous décidiez un pari que j'ai fait : j'ai gagé que cette dame et vous étiez de même âge.
{Id.)
Nous devons induire dos exemples do l'une et de l'autre colonne , que toutes les fois que le verbe se rapporte, non à plusieurs sujets, comme le disent improprement les grammairiens (1) , mais bien à plusieurs substantifs do différentes personnes, il se met alors au pluriel et s'accorde avec la personne qui a la priorité dans le discours. On voit que la première personne l'emporte sur la seconde , et que celle-ci, à son tour, fait la loi à la troisième.
En pareille circonstance, le seul sujet est nous ou vous; il peut être ou non exp et alors c'est le goût, c'est l'énergie qui en décident. Voici d'autres exemples à 1'
de cette dernière observation :
▲VBC nous.
Votre père et moi, vova avons long-temps été ennemis l'un de l'autre. (Féwklon.)
Pénélope, sa femme, et moi, qui suis son fils, vovs avons perdu res[)érance de le revoir. {Id.)
exprime, appui
SANS nous.
Ni vos nymphes ni moi n'avons juré par les ondes du Styx. (Fénelon.)
J'ai ouï dire à feu ma sœur, que sa fille et moi naquîmes la même année. (Montesqdibc.)
EXERCICE PnRASÈOLOGIQUE.
Toi et moi nons sommes d'.ircorj.
Toi et moi aoas tommes amis.
Lui et nons sommes parfois.
£lle et mci lommei econonirt.
Vous et votre père vous vous portez bien. Vous el votre fr^re voiu êtes mes «mis. Vous et lui nVtes p«s musiciens, Yoas el eUe n'itei pu raisouoiiblea.
ACCORD DU VERBE APRÈS qui.
Qui PRÉCÉDÉ d'un pronom PERSONNEL.
C'est moi qui suis Guillot, berger de ce troupeau.
(La FojTTAIÎtB.)
Dans le champ de la vie il faut semer des fleura. Et c'est nous trop souvent qui faisons nos malheurs.
(CUÉMIBR.)
(1) Dans le» phrases dont il s'agit le verbe n'a et ne sauraitavoir qu'un seul sujet; c'est ce que nous avons démontré au chapitre des Pronoms personnels , où nous renvoyons tant pour l'analyse de ees sortes d« phrase», que pour la place que doirent occuper les pronoms personnels.
C'est toi qui, ce matin, par des soins imprudents, As voulu me parer de ces vains ornements.
(Regnard.)
C'est lui qui m'a ravi l'amitié de mon père, Qui le fit mon rival, qui révolta ma mère.
0 Neptune! c'est vous qui excitâtes , par votrfl superbe trident, toutes les eaux de votre empire.
(FÉ>ELor<r.) C'est etix qui ont bâti ce superbe labyrinthe.
(BOSSDBT.)
L'adjectif conjonctif qui , n'ayant par lui-même ni nombre ni personne, communique au verbe dont il est le sujet le nombre et la personne du mot auquel il se rapporte. Ainsi , d'après les exemples cités, il faut dire : moi qui suis, toi qui es, lui qui est, nous qui sommes, vous qui êtes, eux qui sont.
Ce principe posé, les exemples qui suivent sont-ils corrects:
tannicus est seul : quelque ennui qui le presse, w 2e voit dans son sort que mot qui s'intéresse.
(Racinb.)
Je ne vois plus que vous qui la puisre défendre.
(Id.)
Voilà, monsieur, de grands embarras, et il n'y a que vous seul qui puisse débrouiller une affaire si embarrassée. (Fénelon.)
Il n'avait que moi qui piU le secourir.
(Voltaire.)
Lemare approuve cette construction , où il ne voit qu'une ellipse très-simple , et il a raison. En effet, dans ces phrases, qui se rapporte au mot personne, individu sousentendu. La construction pleine est donc : il ne voit (aucune personne, aucun individu autre) que moi qui s'intéresse; je ne vois plus (d'autre personne, d'autre individu) que vous qui îa puisse défendre, etc.
Ainsi, dit M. Dessiaux, toutes les fois que l'on peut sous-entendre personne, nul, individu, il est permis, dans des phrases semblables, d'imiter Voltaire, Racine, Fénelon. Je trouve donc, ajoute-t-il, qu'il existe une différence entre les deux phrases suivantes:
// n'y a que moi qui aime mon épouse. Il n'y a que moi qui aime son épouse.
La première signifie : mon épouse n'est aimée que de mot. La seconde : nul homme n'aime son épouse, excepté moi.
Madame de Sévigné s'est donc bien exprimée en disant : Il n'y a que moi QUI pâSSB SA VIE à être occupée et de la présence et du souvenir de la personne aimée. Voilà pour le singulier ; mais peut-on imiter ce passage de Molière :
Nous cbercberons partout à trouver à redire, Et ce verrons que nous qui sachent bien écrire.
Nous ne sommes pas médiocrement surpris que M. Dessiaux l'ait condamné; il nous semble que la construction étant exactement la même que celle des exemples que nous venons d'analyser, on ne saurait justifier l'une , sans aussi, pour être conséquent, justifier l'autre. La différence du pluriel n'y fait absolument rien. Or, en réintégrant les mots ellipses, voici quelle est l'analyse : Nous ne verrons (d'autres personnes, d'autres auteurs) que nous qui sachent bien écrire. Qut se rapporte, comme on le voit , au mot pluriel personnes ou auteurs sous-entendu , et Molière ne peut ôtre blâmé d'avoir mis le verbe à la troisième personne du pluriel. Néanmoins, dirons-nous en terminant, il faut, dans toutes les phrases analogues, suivre la construction généralement en usage, celle où l'on fait accorder le verbe avec le pronom personnel qui précède le qui relatif, comme dans ces doux exemples :
Je ne vois que nous deux qui soyons raisonnables. (Colun-d'Harlbville.)
Il n'y eut que moi qui espérai la victoire.
(FénsLOK.)
C'est moi qui .. . Ceit toi qui . . .
W d'7 a que moi qil... Il n'j a qn« toi fmi.
EXERCICE PBRASÉ0L06IQUE.
Cett lui qui... C'est noiu qai .. . Cest Toni qai . . . C« iont «u fmi...
.. Il b'7 • qaa lai qui . . . U a'j a que août f ai... Il a'jafma veo»^.., D n'y a qu'eu f ai. té
Qui PRÉCÉDÉ d'un adjectif.
N'accuse point mon sort, c'est toi seul qui l'as fait.
(Corneille.) C'est mot seul qui suis coupable.
(Uarmohtbl.)
C'est 90US seuls qui donnez à la terre des poètes lascifs, des auteurs pernicieux, des écrivains profanes. (Massillon.)
Nous étions deux qui étions du même avis. (Jacqcemard.^
Nous sommes ici plusieurs qui nous soutenons des grands succès que nous eûmes dans la dernière guerre. (Dacikr.)
C'est vous seuls qui vous chargez, par cet éclat, de publier et de confirmer tous les propos de milord Edouard. (J.-J. Rousseau.)
Lorsque le conjonctif qui suit immédiatement un adjectif, comme dans ces exemple», le verbe prend le nombre et la personne du pronom qui précède.
EXERCICE PHRÂSÉOLOGIQUE.
C'est moi «rai qui... C'est toi-même qui... C'est lui seul ijui .. . C"cst nous seuls qui... C'est tous seul qui .. Ce sont eux seuls qui.. .
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Çmîprkcédé d'un adjectif pris substantivement.
ACCORD A la 1" ou A LA 2» PERSONNE.
Vous êtes le seul qui paraissiez me conduire Je toute façon à la félicité. (J.-J. Roussaec.)
C'est mot qtn le premier montrai aux Français quelques perles que j'avais trouvées dans son énorme fumier. (Voltaire.)
Je suis le premier qui ai fait connaître Shakespeare aux Français.
(W.) Vous fûtes les premiers qui élevâtes de grands théâtres. (/d.)
Fille d'Agamemnon, c'est mot qui la première. Seigneur, vous appelai de ce doux nom de père.
(Racine.) Pour moi, qui le premier secondai vos desseins.
C'est vous qui le premier avez rompu nos fers.
(Voltaire.)
Vous êtes le seul qui vous plaigniez qu'on ne sait à quoi s'en tenir. (Massillon.)