‹ Grammaire nationaleChapitre 457 sur 643 · ACCORD A LA 3^ PERSONNE · texte numérisé non relu

ACCORD A LA 3^ PERSONNE

Tu étais le seul qui pût me dédommager de l'absence de Rica. (Montesquieu.) Mais je ne suis pas le premier Qui prend pour femme, et sans m'en méfier, Une lille dépareillée. (Regnard.) Je suis, je crois, le premier auteur modéré qui ait donné la description de la Lacouie.

(Cdateaubriand.) Souviens-toi que je suis le seul qui t'a déplu.

(FÉNELON

J'ai été malheureusement le premier qui ait fait connaître en France la poésie anglaise.

(Voltaire.) S'il vous souvient pourtant que je suis la première, Çui vous ait appelé de ce doux nom de père.

(Racine.)

Ma destinée a encore voulu que je fusse le premier qui ait expliqué à mes concitoyens les découvertes du grand Newton. (Voltaire.)

Vous êtes le premier qui a«( commandé son souper chez soi. (M).

A l'occasion de ces exemples, les grammairiens nous disent que toutes les fois que le conjonctif qui est relatif à le seul, le premier, il est préférable de mettre le verbe à la troisième personne (2^ colonne), parce que, disent-ils, il y a ellipse du mot homme. Permis donc aux grammairiens d'agir ainsi, eux et tous ceux qui les croient sur parole; mais la vérité est que ces mots k seul, le premier, sont tellement identifiés avec le pronom qui les précède , que le verbe peut également en prendre le nombre et la personne (l^e colonne).

( 001 ) EXERCICE PHRÀSÈOLOGIQUE.

Je BuisîepTïmîer qui... Je suis le premier qui... Tues le seul qui... Tu es le seul qui... Vous êtes le même qni... Voui êtei la même qui..

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Qui PRÉCÉDÉ d'un substantif.

ACCORD A LA l'* OU A LA 2^ PERSONNE.

Je suis Diomède, roi d'Étolie, qui blessai Vénus au siège de Troie.

(FÉNBLON.)

Je suis une bourgeoise Qui sais me mesurer justement à ma toise.

(Rkgnard.) Et qui êtes-vous, que de vils instruments que je puis briser à ma fantaisie; qui n'existez qu'autant que vous savez obéir, (Montesquieu.)

En France, vous êtes tous honnêtes yenf. trente miliions d'honnêtes gens qui voiMez gouverner le peuple par la morale et la religion.

(P.-L. C0l«UER.)

Nous sommes deux religieux de Saint-Bernard qui voyageons pour nos affaires.

(Florian.) Vous êtes un couple de fripons qui me jouez d'intelligence.

(J.-J. Rousseau.)

C'est là que vous me vîtes, ô grande déesse qui habitez cette île.

(FÉNELON

Nous sommes cinq amis que la joie accompagne, Qui travaillons ce soir au bon vin de Champagne.

(Regnard ) f^ous êtes des enfants qui, dans vos jeux, ne savez que faire du mal aux hommes.

(J.-J. Rousseau.)

Vous êtes un jeune chêne qui essuyez une tempête, et moi je suis un vieux arbre qui n'a plus de racine. (Voltaire.)

Je ne suis géant ni sauvage, Mais chevalier errant, qui rends grâces aux dieux,

D'avoir trouvé dans ce bocage Ce qu'à peine on pourrait rencontrer dans les cieux. (La Fontaine.)

A la suite de ces citations, que nous avons cru devoir multiplier, la déduction qu'il faut tirer devient facile, car, en présence des faits clairement rassemblés, les difficultés, quelque grandes qu'elles soient, s'évanouissent.

Nous dirons donc :

(1" colonne.) Quand un pronom personnel et son attribut ne présentent pas à l'esprit deux êtres distincts, le conjonctif qui se rapportant nécessairement au premier, le verbe se met à la première ou à la seconde personne, soit du singulier, soit du pluriel.

(2* colonne.) Mais si le pronom personnel et son attribut, quoique identiques, forment à l'idée comme deux êtres séparés, dans ce cas qui est relatif à l'attribut, et demande conséquemment le verbe dont il est le sujet à la troisième personne.

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