AVEC LES PARTICIPES DERIVES DES VERBES NEUTRES
— ^-^« N° DXL. o^^^-—
PARTICIPES QUI PRENNENT L' AUXILIAIRE aVOÎr.
Od a toujours assez vécu quand on a bien vécu,
(Henri IV.) Pradon, comme un soleil, en nos ans a paru.
(BOILEAU
^.'art de flatter, mon cher, est vieux comme le monde. Eve a péché, pourquoi? parce qu'on la flatta.
(COLLIN d'HaRLEVILLE.)
Après avoir marché deux lieues, nous vîmes sur une hauteur une belle maison de pierre.
(Bern. de Saint-Pikrrb.)
Philippe III mourut à quarante ans, après en avoir r^g-né quinze. (Anqcetil.)
Madame, j'at' couru par votre ordre au rivage.
Si Minerve ne l'eût conduit pas à pas. combien de fois aurat'Ml succombé dans les périls?
(FéNKLON.)
On ne pouvait lui reprocher en toute sa vie que d'avoir triomphé avec trop de faste des rois qu'il avait vaincus. (Fénklon.)
La plupart des participes dérivés des verbes neutres prennent l'auxiliaire acotr, comme vécu, paru, péché, régné, couru, triomphé, succombé; j'ai vécuy j'ai paru, j'a\ péché, etc.
Cependant Racine a dit avec le verbe être. :
Il en était sorti lorsque j'y $uit couru.
l 610 ) Et Parny avec le môme verbe :
Ce digne roi sous l'âtçe est succombe.
Mais ni l'un ni l'autre ne sont à imiter.
OormL Marché»
Mcuti.
EXERCICE PURASÉOLOGIQUE.
Dîné.
Soiipé.
l'iepara
Ca.hé.
Joui.
Uélléchi.
C'ontreveas.
Bondi.
— o^f^ss N° DXLI.
PARTICIPES OUI PRENNENT LE VERBE être.
Tous les arts et toutes les sciences sont nés parmi des nations libres. (Pensée de Hl'.me.)
J'ai souhaité leinpire et j'y suis parvenu; Mais, en le souhaitant, je ne l'ai pas coiimi.
iCoUNEILLE.)
Strabon, malgré le témoignage d'Apoliodore, paraît douter que les rois grecs soient ailes plus loin que Silène et Alexandre. (Montesquieu.)
Tous les maux sont venus de la triste Pandore.
(VoLTAlUB.)
Pudeur, sagesse, lois, mœurs, principes, vertus, A l'aspect du plaisir, qu'dfes-vous devenus?
ILa C[l.\USSÉE.)
Mentor, qui craignait les maux avant qu'ils arrivassent, ne savait plus ce que c'était que de les craindre dès qu'ils étaient arrivés. (Fénelon.)
Quelques participes, dérivés de verbes neutres, ne prennent que le verbe êire Parmi eux il faut remarquer né, parvenu, allé, venu, devenu, etc. : je suis né, je suis parvenu, je SUIS allé, etc.
Anè.
Arrivé.
Devenu
Déccdé.
F.dos.
Parvenu.
Mort.
Ké.
Advenu.
Venu.
liovenu
Décliu.
-^^-^o. ]\« DXLII. o^^^-eo^
PARTICIPES QUI PRENNENT être OU ClVOir.
Avoir.
I ''l°t ''^•''/ P'"^ '^'"" ^" ^" ^'^'l'c- où je n'ai vu que le débris de cetie ancienne Italie, si fameuse aulre-
"*'*• (MONI-ESQUIEU.)
La procession a passé sous mes fenêtres.
(CONDILLAC
Les dieux nous ont conduits de supplice en supplice- La famine a cessé, mais non leur injustice.
.... Ma langue embarrassée Dans ma bouche vingt fois a demeuré glacée.
iUacine.) Que peut contre le roc une vague animée? Hercule o-t-il péri sous refTorl d'un pygmée ?
(Piro>.) Les feux de la jeunesse ont passé ;\e suis vieux et 16 me trouve à cet égard dans un état tranquille! (Montesquieu.)
Être.
Elle donnerait pour vous sa vie, le seul bien nui lui soit resté. (Mar.montel.)
La foi du centenier, la foi du charbonnier, sont passées en proverbe. . P.-L. Couriek.)
Sion, repaire affreux de reptiles impurs, Voit de son temple saint les pierres dispersées, Et du Dieu d'Israël les fêtes sonl cessées.
(Racine.) • . . Ces horribles secrets Sont encor demeurés dans une nuit profonde.
^Voltaire.) Les écrits impies des Lcucippe et dos Diagoras sont péris avec eux. (J.-J. Rousseau.)
O divine li.irnionie! . . .
Tu charmes le travail, tu distrais la misère... Ils chantent, l'heure vole, et leurs maux sont passés
(Delillr.)
Parmi les participes dérivés de verbes neutres, il en est qui se construisent tantôt avec le verbe avoir, tantôt avec le verbe être: cela dépend absolument de l'idée qu'on veut exprimer. Ils prennent le verbe avoir, comme dans les exemples de la première colonne, si l'on a en vue l'action même, si notre esprit embrasse le moment où celte action a eu lieu. Ainsi l'on a dit : J'ai resté, la procession a passé, la famine a cessé , etc., parce que l'on n'envisage que l'aciion.
Mais on se sert du verbe être, conformément aux citations de la seconde colonne, quand c'est l'état qu'on veut peindre. Voilà pourquoi les écrivains ont dit: Le seul bien qui lui SOIT RESTÉ ; la foi du centenier et la foi du charbonnier sont passées en proverbe; les fêtes du Dieu d'Israël sont cessées, etc.
Ce principe vrai, lumineux et fécond, a été violemment attaqué dans une grammaire moderne. On a prétendu dans cet ouvrage que avoir cessé et être cessé expriment tous les deux une action, et s'emploient indifféremment l'un pour l'autre.
Les faits suivants suffiront pour renverser cette étrange doctrine :
AVEC avoir.
Quand Mentor eut cessé de ctianter, les Phéniciens se regardèrent. (Fénelon)
L'administration a cessé de correspondre avec eux. (Raynal.)
Le sang avait cessé de couler. (Boiste.)
AVEC être.
Quand la contagion fut cessée, saint Charles Borromée fit rendre a Dieu de solennelles actions de g'àces. (Griffkt.)
Où sont-ils ces maris? la race en est cessée.
iLa Fo.>TAl>K.)
Ce grand bruit est cessé. [M'"" de Sévigné.)
S'il était vrai que avoir cessé et être cessé s'employassent indifféremment l'un pour l'autre, on pourrait donc substituer être à avoir dans les exemples de la première colonne, et dire : Quand Mentor fut cessé rfe cAanfer; /e sang était cessé découler; l'administration est cessée de correspondre. On sent les absurdes conséquences d'ua pareil principe.
Plusieurs grammairiens avancent qu'avec le participe tombé on ne doit faire usage que du verbe être. Boniface combat cette opinion, et prouve par les exemples suivants tirés de nos meilleurs écrivains, qu'on peut aussi se servir du verbe avoir.
Déjà dans les forêts voisines, les pins, les ormes toulTiis. l'antique ér.ihle. le chêne superbe, ont tombé de toutes paris sous le fer des Castillans.
(Florian.) Où serais-je, grand Dieu ! si ma crédulité Eût tombé dans le piège à mes pas présenté?
(Voltaire.) Le coup que je lui porte aurait tombé sur moi.
(Id.)
Lavoaux, contre l'opinion de la plupart des grammairiens, pense, avec raison, qu'on peut dire également d'une personne et d'une chose : elle a expiré, elle est expirée, selon qu'on a en vue l'action ou l'état, et il justifie Racine d'avoir dit :
.... A ce mot, ce héros expiré N'a laissé dans mes bras qu'un corps défiguré.
Expression que d'autres écrivains n'ont pas craint d'imiter, ma'gré la critique de d'Oiivet :
Jamais Voltaire n'avait été plus brillant que dans Alzire, et l'on a peine à concevoir qu'il ait tombé de si haut jusqu'à Julienne, ouvrage médiocre.
(La Harpe.)
Suivez rhisloire des superstitions de chaque peuple et de chaque pays; elles ont duré un certain nombre d'années, et tombé ensuite avec la puissance de leurs sectateurs. (Massillon.)
Et d'un père expire j'apportais en ces lieux La volonté dernière et les derniers adieux.
(Voltaire.) Faibles, muets, de remords déchirés, Ils contemplaient leurs amis expirés.
(Parnv
Le pêcheur ec/iourf sur le rivage^ peut-il se plaindre en voyant sur la nier irritée licS (lottes dispersées?
Bkkk. du SaiNi-Pikiuie.) Les Latins sont vaincus. Camille est ejpinw.
(Demîxe.)
(618) D'iillenrs Voltaire lui-même n'a-l-il pas fait justice do celle critique^ On. reproche à R.cine .lit-il, le héros expiré. Quelle misrrable vétille de firammairel Pourquoi ne pas d^ece'A^m expiré, comme on dit : U est expiré, il a expiré? Il faut remercier Hac.ne d'avoir enrichi la langue, à laquelle il a donné tant .le charmes, en ne disant jamais que ce qu'il doit, lorsque les autres disent tout ce qu'ils peuvent.
EXERCICE PnRASÈOLOGiQVE.
Celle femme a accouche.
La [irori'ssion a passé.
La riviire a liaissé.
J'ai •Icsccnilu.
J'ai sorti.
Ma famille a ptri.
Cette femme est acco
ce.
Mon rwiir a cl.a
La iirocession rit pas
sée
La rivim-e a cri*
La rivure est baissée
Les cris ont ces
se.
Jtf sui» Je^cenJu.
J'ai monté.
Je SUIS sorti.
J'ai enlié.
t passé
LVqiiipase est [lèri.
Ces homme» on
Mon cteiir est cijangé.
La rivière est crue.
Les cri» sont cessis.
Je suis monté.
Je sui» entré.
Ces homme» sont pani»
EMPLOI DE être ET ttvoir AVEC LES PARTICIPES échappé, convenu.