PRÉTÉRIT DÉFINI
jQvis niER une chose assez singulière, quoiqu'elle le passe tous les jours à Paris. (Montesquieu.)
Je te parlai l'autre jour de l'inconstance prodigieuse des Français sur leurs modes. {là.]
Je vous envoie, mon cher frère, une lettre quej"^irfvis uiKiv pour madame de Laval. (Fénei-ON.)
Jemetroutut un peu incommodé avec de l'émotion AVAMT'HiE» ; mais cela n'a point eu de suite. (/</.)
prétérit indéfini.
Le roi m'a nommé adjourd'hci archevêque de Cambrai. (Fénelon.)
Ce matin j'at trouvé le pavé si glissant que j'ai pensé que si je venais à tomber sur le bras droit, je serais tout-à-fait désemparé.
(Bern. de Saint-Pierre.)
Je vous ai écrit ce matin, ma chère sœur, sur ma conversation avec M. le maréchal. (Fénelcn.)
Le citoyen Didot a renvoyé hier au soir son domestique avec des paroles dures, et ce matin on a trouvé ce malheureux qui s'était pendu dans sa chambre. (Bern. de Saint-Pibrre.)
HiEU au soir j'eus en me couchant un Frisson de fatigue; huit lieues dans un Jour sont trop.
(1Jeii.>, de Saint-Pieivre )
En rentrant chez moi cb soir, ]'ai appris que le citoyen Didot venait d'éprouver un gr;md sujet do chagrin. (Bern. ns Sain t-I'ikkre.)
Les formes je vis, je parlai, je trouvai, ne doivent s'employer que pour exprimer une chose qui s'est passée dans une période de temps entièrement écoulée (1" colonne), de sorte que ce serait une faute de dire; Je VIS cette année, je parlai ce mois-ci, je trouvai cette semaine, j'eus ce malin. II faut alors faire usage des formes, j'ai vu, j'ai parlé, j'ai trouvé, j'ai eu, etc. (2' colonne).
Cette distinction est observée dans la phrase suivante :
Je t'ai défendu cent fois de racler ton maudit violon; cependant je t'ai entendu ce matin. Ce matin 1 ne vous souvient-il plus quo vous me lo mttes iiiEii en raille pièces?
(Palaprat.)
Les grammairiens disent que pour employer le prétérit défini il faut que le temps soit éloigné au moins d'un jour, qu'il y ait eu une nuit depuis l'événement ; la moindre de toutes les périodes admises pour l'emploi de ce temps étant celle d'hier (1).
Une heure suffit, pourvu que l'on ne soit plus dans l'époque désignée. D'ailleurs, il nous semble qu'un homme qui le soir raconterait un événement remarquable, une bataille qui aurait eu lieu le matin, pourrait bien dire :
Nous n'étions que cinq cents, mais, par un prompt renfort,
Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port. (Corneille, le Cid, IV, m.)
Et Voltaire souhaite que cette licence soit permise en poésie Racine n'a pas craint non plus de faire dire à Théramène :
Le flot qui Vapporta recule épouvanté.
Combien cette expression est plus vive ! Le temps qu'ont duré de pareils événements est comme une époque particulière.
Bien plus, comme le fait observer M. Dessiaux, il y a des cas où l'on ne peut s'exprimer qu'avec ce temps : Ce matin nous nous sommes rendus chez le ministre : il n'y était pas; nous résolûmes de l'attendre.
PRÉTÉRIT DÉFlKl.
Je fus bien /<îc/id HIER, ma chère cousine, devons avoir quittée avec tant de précipitation. (Fénelo.
Nous parltmes hier de Paris à neuf heures du matin. (Bern. de Saint-Pierre.)
Il prétend que ]e lui dois tout le blanchissage du inge que vous eûtes la bonté de faire faire pour noi, IL Y A CINQ ANS, lorsquc je vins ici.
(FÉNELON
Il y a environ tin mois que madame Mesnard m'offrit d'cllc-mi^me de me prêter l'argent nécessaire à l'édition de mon ouvrage.
(lÎERN. DE Saint-Pierre.)
Huit jours après son départ, il m'écrivit une lettre remplie de lamentations. [Id.)