INFINITIF EMPLOYÉ SUBSTANTIVEMENT
Ou plutôt que ne puis-je au doux tomber du jour...
(Lamartine.) La paix nous devenait nécessaire comme le manger et le dormir. (Voltauie.) Le raisonner tristement s'accrédite, fjd.)
La sainteté n'est chose si commune, Que le jeûner suffise pour l'avoir.
(La rONTAINK.l
Le savoir-faire et l'habileté ne mènent pas jusqu'aux énormes richesses. (La Bruvëre.)
Le voler des oiseaux frugivores n'est pas seulement desliiié à leur faire traverser les airs, mais à les conduire à l'arbre dont ils mangent les fruits. (Beun. de Saint-I'iekre.)
Enfin, le nager môme des poissons est coordonné à leurs aliments. (Id.)
La solitude lui a préparé le vivre elle couvert.
(CUATI: AfBniAND.)
Le rire est sans doute l'assaisonncnipnt de l'instruction et l'antidote de l'ennui. (La Harpe.) Le long dorinir est exclu de ce lieu,
(La F<).\rAiNE.) En tout il préférait l'être au paraUrc, et par là il s'attirait la considération véritable a laiiuelle il ne s'attendait pus. (VoLr.tiRE.)
J'aurai beau protester, mrti dire et mes raisons Iront aux Petites-Maisons.
(La Fo.\taink.) Rien n'est encor perdu ; mon secret me demeure. — l'auvre avoir que cela! (Dorât.)
Le marcher des quadrupèdes n'est pas seulement coordonné à la terre, mais aux herbes qui y croissent. (Bern. de Saint-IMeuue.)
L'infinitif devient quelquefois un véritable substantif, et alors il est susceptible d'être déterminé et modifié comme les autres substantifs.
Il y a même quelques infinitifs tellement assimilés aux substantifs , qu'ils s'emploient au pluriel comme au sirigulier. Tels sont le devoir et les devoirs, le pouvoir et les pouvoirs, h dire et les dires, le repentir et les repentirs, le souvenir et les souvenirs, l'avenir et les avenirs, le vivre et les vivres, le sourire et les sourires.
Employé comme substantif, l'infinitif a l'avanta^jc de représenter presque en action l'idée du nom qu'il remplace.
Nos anciens auteurs ont fait souvent usage de l'infinitif de cette manière. Ia's modernes n'ont pas craint do les imiter, mais avec plus de réserve. Ainsi aujourd'hui on ne dirait pas un bon mourir, un triste vivre, etc. En général, le génie de noire langue répugne à cet emploi de l'infinitif; mais ce sont so-^vent des délicatesses réservées aux plumes éloquenxes et exercées.
EXERCICE PURÂSÉOLOGIQUE.
Le Loire.
Le iiian;.;ct !.• dormir