‹ Grammaire nationaleChapitre 507 sur 643 · CONCORDANCE DES TEMPS DU SUBJONCTIF · texte numérisé non relu

CONCORDANCE DES TEMPS DU SUBJONCTIF

Jcvfux Je votithai Quand f aurai vou

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e voiitaïf

e voithtf, jVi TUlilti

'ni'iu* i'ottlu Nulle tu vinsses.

e vuiulraii

■ai<,m< voulu

Je viix \

rni,vulu { . .

Qu.in,l faurni voulu )

Je voulais \

Je vuulus, j'ai voulu 1 que lu ewes rcril.

(h,.lM,l jV„>iio»/» \

S'avitty voulu f

Senouilrais \ '1"^ lu fuites vfuu

yautiiis voulu ]

Nous ne pouvons nous empêcher de faire ici une observation.il faut bien se garder de croire que l'on doive toujours, et dans tous les cas, suivre les règles de concordance établies dans ce tableau : qu'on sente bien ce qu'on veut exprimer, si c'est un présent, un passé ou un futur, simples ou modifiés par les idées accessoires de simultanéité, d'antériorité, de postériorité ou de condition, et l'on trouvera sans peine la forme verbale destinée à peindre chacune de ces idées. Les numéros suivants feront sentir toute l'importance de cette observation.

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EMPLOI DE je fusse APRÈS UN PRÉSENT OU UN FUTUR, ET DE je SOIS APRÈS UN PASSÉ

OU UN CONDITIONNEL

Je fusse.

Je ne crois pas que vous inc jugeassiez sans m'entendre, et que \ous mt; jugeassiez f'\ sévèreineiil.

{.].-i. ROLSSKAU.)

Je doute même que le sieur Pissot poussât l'impudence jusqu'à réclamer quelques droits sur les écrits que j'ai eu la bêtise de lui laisser imprimer.

(Id.)

Quoiiiue je ne pense pas trop bien de nos mœurs actuelles, je ne les crois pas encore assez mauvaises pour qu'elles gagnassent de remonter a l'amour.

[Id.)

L'on ne mit aucun intérêt sensible qui ilùt le porter à faire ce qu'il lit. [Id.)

Vous avez exigé qu'aux yeux de votre cour Ce grand événement se cache encore un jour.

(Voi.TAinE.)

3'aiwcrnis autant qu'on nous défendit de boire dans la crainte que quelqu'un ne s'enivre. {Id.)

Dieu a voulu que les vérités divines entrent du cœur dans l'esprit, et non de l'esprit dans le cœur.

(Pascal.)

r.t si nous n'étions seuls, malgré ce que je voi. Je ne croirais jamais que l'on s'adresse à moi.

(Crkbii.lon,)

f ncô )

Je doute qu'on csât mettio Aristote et Ptolémcc en compaïuison avec le chevalier New ton et M. Cassini. (J.-J. Rousseau.)

Supposons qu'il expliquât ajirès cela son système, il proposât son moyen picleiidu. [i !■•)

Il n'est espoir de bien, ni raison, ni maxime. Qui jxU en ta laveur m'arracher une rime.

(BOILEAO.)

Il y a plus de quarante ans que je dis de la prose gans que j'en susse rien. (iMoi.iÈUE.)

Crois-lu que je ne susse pas à fond tous les sentiments de mon père? (/rf.)

Ce n'est pas qu'on disputât rien aux rois, ou que personne eût droit de les contraindre.

(BOSSUEÏ.)

Ce n'est pas c[ue j'eusse mieux fait que vous.

(M""= DE Sévigné.)

On craint qu'il n'essuyât les larmes de sa mère.

(Racine.)

Vous a\ C2 beaucoup de grâces à rendre h Dieu de ce qu'il a permis qu'il ne vous soit arrivé aucun accident. (IIaci>k.)

Les Ronnins de ce siècle n'ont pas eu un seul poète qui vaille la peine d'être cité. (Rou.eau.)

Quelle raison aurait-on de vouloir que cette eipression soit mallionnêle? (Id.)

Depuis deux ans entiers qu'a-t-il dit, (]u'a-t-il fait. Qui lie promette a Rome un empereur parfait?

'Racine.) Allez dire à ce vieillard : Pour qui plantez-vous? Il vous répondra : Pour les dieux immortels, «lui ont voulu que je profite du travail de ceux qui m'ont précédé, et que ceux qui me suivront profitent du mien. (D'Olivet.)

L'empereur a commandé qu'il meure.

(Racine.) Je ne fis rien qui vaille. (J.-J. Rousseau.)

Qu'on corrige ces passages sur les règles de nos grammaires, dit Lemare, voilà autant de contre-sens que de phrases.

On craint qu'iL n'kssuie les larmes de sa mère, changerait l'idée d'Androniaque, et signiKerait : // essuiera les larmes de sa mère, et on le craint. Mais la veuve d'Hector est bien loin d'espérer un tel bonheur. On craint qu'il n'essuyât, fait penser à la condition tacite qu'elle y met. On craint qu'il n'essuyât les larmes de sa mère, si on le lui laissait

Depuis deux ans entiers, qu'a-t-il dit, qu'a-t-il fait. Qui ne promit à Rome un empereur parfait?

eût aussi tout changé, et n'eût pu s'entendre de Titus qui doit régner, et qui, en effet, régnera.

Ainsi l'on ne peut régler le choix du temps du subjonctif sur le verbe qui précède. C'est donc en vain qu'on se fatigue à multiplier les recettes, elles sont toutes en défaut.

C'est à l'idée qu'il faut s'attacher.

La même phrase présente quelquefois des temps différents sous la même dépendance ; c'est que chacun de ces temps, comme nous l'avons déjà remarqué, est l'expression d'une idée particulière :

Baléazar est aimé des peuples; il n'y a aucune famille qui ne lui donnât tout ce qu'elle a de biens, s'il se trouvait dans une pressante nécessité; il n'y n aucun de ses sujets qui ne craigne de le perdre, et qui ne hasardât sa propre vie pour conserver celle d'un si bon roi. (Fénelon.)

Soit que Julie eîit étudié la langue et qu'elle la parlât par principes, soit que l'usage supplée h la connaissance des règles, elle me semblait s'exprimer correctement. (J.-J. Rousseau.)

L'affaire fut résolue par les suffrages d'une compagnii' composée de trois cents honmies. Qui croirait que le secret eût été gardé, et qu'on i\'ail jamais rien su de la délibération que quatre ans après ;

(Dossuet.) I

Ces exemples , ainsi que la plupart des orécédents, suffisent pour prouver que les règles sur la correspondance des temps, qu'on s'obstine à établir dans la plupart de» grammaires, loin d'êtic utiles, peuvent occasionner de graves erreurs, en mettant en con tradiclion l'expression avec la pensée. C'est sans doute à ces règles erronées que nous autres, pauvres grammairiens, nous devons la qualification d'enfîleurs de mots.

EXERCICE PIIRASEOT.OGIQVE.

CroU-tu que je ne le «une pas Dieu i voniu qui» om tojnnt morteli . .

Ce o'e«t [>»f que je »ouliujt Jone vois rien b qui ilùl le porter a celle cxtieiaiU.

On craint qu'il ne »e luîl Suppomns qu'il vint.

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