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PARTICIPES PRESENTS SUIVIS D UN REGIME INDIRECT

Etat.

Il y a des peuples qui vivent errants dans les déserts. (Bëun, de Saint-Pieure.)

Les chanoines vermeils et brillants de santé.

(Boileau.)

Ces serpents odieux de la littérature.

Abreuvés de poisons et rampants dans l'ordurk, Sont toujours écrasés par les pieds des passants.

(Voltaire.)

Action.

Seule errant à pas lents sur l'aride rivage, La corneille enrouée appelle aussi l'orage.

(Delille.)

La terre abonde

De ces gens brillant au caquet.

(Le Noble.) Dans l'agitation consumant leurs beaux jours. Poursuivant la fortune, etrampant dans les C(ijrs,

(Voltaihk .

Les monstres 6ojicijssan/5 SUR CETTE AFFREUSE Mi£ u. lit qu'il poursuit encor sous sa glace éieriiellc.

(ESMKNMU).)

Certainement il n'y a pas deux niillianls d'argent quatre cent millions d'espèces circulantes i)a>s la France. (Voltaire.)

N'entends-tu pas de loin la trompette guerrière, Les cris des malheureux roj//«n£suA>s LA l'oussifeHE?

(Id.)

Il y a donc des peuples chrétiens gémissants dans

UN TRISTE E.SCLAVAGE. (/d.)

n la ville de Mars triomphante des rois. Eût dans ses jours de gloire envié tes exploits.

(Castel.)

Nous eussions vu les jeux voltigeants sun vos traces. (Voltaire.)

Ces tonnerres d'airain grondanf s si; u les remparts, Tout étonnants qu'ils sont, n'ont rien qui m'épou-

(Id.) [\ante.

Il m'offrait une main fumante pe mon sang.

(/d.) Pleurante A mon départ, que Philis était belle!

(TlSSOT.)

Pleurante après son cuau veux-tu que l'on me voie ?

(Racine.)

C'est ainsi que devrnient naître ces âmes vivantes d'une vie brute et bestiale. (Bossuet.)

C'est là qu'on voit errer les troupeaux (jui mugissent, les brebis qui bôleiit, avec leurs tendres agneaux bondissant sur l'ukrre. (Fé.nelon.)

Toutes les planètes circulant autolr nu soleil, paraissent avoir été mises en mouvemcni |iar une impulsion commune. (Biffon.)

Ces sphères... roulant dans l'espace des cieus, Semblent y ralentir leur cours silencieux.

(Lkmierre.)

Les grands pins ge'missant sois les coups des HAcuES, tombcHit en roulanldu haut des montaenes

(FÉNELON

Ainsi notre amitié triomphant a son tour, Vaincra la jalousie an cédant à l'amour.

(COHNEILLR.)

El les zéphyrs lépcrs voltigeant sur le thvm, Vous rapportent le soir les parfums du matin.

(Delille.) .T'ai vu les vents grondant sur ces moissons super- Déraciner les blés, se disputer les gerbes. [ues,

(/d.) Et la Crète fumant du sang du Minolaure.

(K.\CISK.)

Les peuples empressés au bord de l'Arélliuse, Pleurant de so.> départ, admirant sa beauté, Chargeaient le ciel de vœux pour sa félicité.

(Voltaire.)

Les animaux, vivant d'une manière plus conforme à la nature, doivent être sujets à moins de maux que nous. (J.-J. Rousseau.)

Lorsque les mots en ant sont suivis d'un régime indirect , ils varient s'ils expriment l'état, et sont invariables lorsqu'ils marquent l'acCron.

Néanmoins, quand le participe d'un verbe neutre a un complément essentiel terminatif, marqué par à, de, etc., ce participe, quoique précédé de ce complément, doit rester invariable, parce qu'il énonce nécessairement l'action. Mais les poètes, suitout ceux du siècle de Louis XIV, ne se sont pas toujours astreints à celte règle, ainsi qu'on peut s'en convaincre par les exemples qui suivent :

On ne reconnut plus qu'usurpateurs iniiiues. Qu'infâmes scélérats A la gloire aspirattts.

(Ho ILE. vu.)

Plusieurs se sont trouvés qui d'écharpe changeants Aux dangers, ainsi qu'eux, ont souvent fait la iiguc.

(La Fontaine.)

De quel air penses-tu que ta sainte verra

D'un spectacle enchanteur la pompe harmonieuse,

Entendra des discours sur l'amour seul roulants?

(BoiLEAU.)

Mille usuriers fournis de ces obscurs brillants. Qui vont DE DOIGTS en doigts tous les jours circu- (Regnard.j [lants.

Qui de ton sanctuaire au carnage courants, Rcvolaient enhardis à des forfaits plus grands.

(Lemercier.) Qui veut qu'avec six pieds d'une égale mesure, De deux alexandrins côte a côte marchants. L'un serve pour la rime, et l'autre pour le sens.

(BOILEAU

On n'est pas aspii-ant à une chose. Il est des caractères changeants , des personnes changeantes; mais on ne dit pas qu'une personne est changeante d'une chose, qu'elle est channcante d'écharpe. Les discours roulent sur tel ou fol objet; ils ne sont pas roulants. Des brillants qui vont de doigts en doigts ciVcu.'c»nous les jours. On court au carnage. Des vers ne sont pas marchants côte à côte. Tous ces mots annoncent des actions , et, par conséquent, ne devraient pas prendre le signe du pluriel. C'est pour la rime seule que les poètes leur ont donné ce signe; car dans le milieu du vers ils les ont laissés invariables. Exemples :

Un momciiielle est gaie, un moment sérieuse, Eiiûu changeant d'uusieur mille fois en un jour.

(Destoicues,)

Ces sphères qui roulant dans l'espace ues cikl'X, Semblent y ralentir leur cours silencieux.

(Lemikure.)

Des luullVs il uul)0|)inc el de lilas sauvage, Qui courant en festons, pendent sur le rivage.

(Uolcueu.)

Tous mes sots, à l'instant c/iaofifeatif DECo>rENAP(CE. Ont loué du festin la superbe ordonuiince.

(boii.EAU.)

Et môme à la fin du vers, quand la rime ne l'exigeait pas, ils n'ont fait subir au participe aucun signe de pluralité :

On verrait les soleils l'un sur l'autre roulant,

Entrechoquer dans l'air leur front élincelant. (Soumet.)

EXERCICE PURASÉOLOGIQUE.

Une personne obliscanl plutôt par vanité mie par bienveilUnc». On voit la tendre rosée dégouttant des fcuiUei. On voit la sueur niueelant 6ur leur TÏsagc.

Une personne obligeante par caractère Voyei-Toui ce» feuilles depoutlaoles de roiée? Vojei sa ligure ruiaselanle de sueur.

PARTICIPES PRÉSENTS PRÉCÉDÉS OU SUIVIS d'UN COMPLÉMENT ADVERBIAL.

COMPLÉiMENT PLACÉ APRÈS LE PARTICIPE.

A ction.

Tu foules une terre fumant toujours du s.nng des malheureux mortels. (Cité |)ar Bescueu.)

Phèdre brûlant encor d'illégitimes feux.

(Raci.\e.)

On entendait au loin des clameurs retentissant PAR INTERVALLE, retentissant au loin.

(Cité par Besciier.)

Vous verrez la paix renaissant par degrés dans son âme abattue. {^''0

Les feuilles jauHissanf.cuAQUE jour, commençaient à se détacher des arbres. [Id.) Ainsi notre amitié triomphant A son tour, Vaincra la jalousie en cédant à l'amour.

(Corneille.)

GOMPLÉUENT placé avant le PARTICIPE.

État.

Télémaque lui-même arrose de liqueurs parfumées ses cendres encore /"umanfes. (^"É.^ELO^.)

Us y trouvent une subsistance abondante, une pâture TOUJOURS renaissante. (Buffon.)

Ainsi lorsque la grêle, à coups précipités, Tombe, frappe la plaine au loin retentissante.

(Uelille.)

Aux cris de nos besoins sans cesse renaissants , Ni Cérès, ni Bacchus n'apportaient leurs présents. (Luce de Lancival.)

La reine-mère, longtemps errante, mourut à Cologne dans la pauvreté. (Voltaire.)

Ces deux égiises, également gémissantes , sont irréconciliables. {Id.)

Je peindrai les plaisirs en foule renaissants , Les oppresseurs du peuple a leur tour gémissants.

(Boujïau.) Conduite par l'amour, sa douceur bienfaisante, Partout inépuisable et partout agissante. Vole, franchit les airs. (Lefranc de Pompignan.)

La place que le complément adverbial, tel que encore, sans cesse, toujours, continuellement, constamment, au loin, partout, longtemps, également, etc., occupe, relativement au participe, peut inlluer sur sa valeur, et le faire considérer sous deux points de vue différents, comme l'allestent les exemples précités.

Voici comment le judicieux IJescher explique ce phénomène grammatical :

« \in réllcchissant sur le mécanisme des mots, on voit que celui qui précède se détermine ordinairement par celui qui suit. C'est ainsi que l'adjectif nu)di(ie le nom ; c'est encore ainsi que le complément placé après le participe peut en restreindre le sens. Mais lorsqu'il le précède, il lui laisse la même étendue d'expression qu'il aurait si le complément n'existait pas. N'étant point limité dans sa signification, le mot est propre à peindre l'habitude, la situation, etc. »

Nous ferons observer toutefois que ce principe n'est applicable qu'aux verbes neutres-

Toutes sont donc de même trempe, Mais agissant diversement.

EXERCiCE PIUiÂSÈOLOGlQLE.

La plainp *ii loin rrtentiManlc.

Le- plarsirs on foule renaissants.

Ses yi-in clan." l'oinlire étinrelanls.

Cet églises égali-nienl gémissantes.

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