‹ Grammaire nationaleChapitre 534 sur 643 · SOUFFERT · texte numérisé non relu

SOUFFERT

La même ellipse a lieu dans les exemples qui suivent •

On croira que ces jours me durèrent huit siècles; tout au contraire, j'aurais voulu (juils les eussent duré. (i.-3. Rousseau.)

Oui, c'est moi qui voudrais effacer de ma vie Les jours que j'ai vécu sans vous avoir servie.

Qui pourrait dire combien de siècles a vécu celui qui a beaucoup senti et médité? (De Meilhan.)

Que Je bien n'a-l-elle pas fait pendant le peu de jours (/w'elle a réyné. (Fléchiek.i

Toutes les heures que vous avez dormi, je les ai passées a écrire. (Cité par Hesciieu.)

Toutes les années, toutes les heures qu'elle a langui, gémi, pleuré, soupiré, lui ont paru des siècles.

[Id.)

L'Allemagne a couru les plus grands dangers pendant les années qu'a duré cette guerre.

(De Pkadt.) Puisse le ciel, qui lit dans mon cœur éperdu. Ajouter a vos jours ceux que j'aurais vécu!

(La Chaussée.) Je regrette les nombreuses années que j'ai vdcu sans pouvoir m'instruire. (J.-J. Rousseau.)

C'est a la même époque que la Clairon a débuté.

('Voltaire.) Tous les jours que cette cheminée a fumé ont été pluvieux. (Cité par Resciier.)

Toutes les années que vous avez croupi dans une honteuse insouciance ont été perdues pour voua.

(Id.)

Donc, toutes les fois que les mots que, les, combien, sont employés d'une manière elliptique, et qu'ils ne font point les fonctions de régimes directs, le participe qui suit doit felre invariable.

Ton» les maux qu'il a sonlT^.N C'est uoe gavotu* qu'on a li.tn»

T.>n,l,.sin,„.

C'csl IniUi- 1.1

qu'il ,-, sniiir.'rl.

mut (jti'oti a ci.iQsê.

-^^-:^ ]^" DCXXYII. Oî-^^o-^ PARTICIPES PASSÉS CONSTRUITS AVEC LES VERBES DITS umpersonnels OD impersonnehf

Les chaleurs excessives qu\\ a fuit ont causé beaucoup de nialailies. (.Condillac. )

Que de pertes nous ont coulées les orages multipliés 7u'il y a ew cette année!

^Cité par Boniface.)

Les mauvais temps qu'i\ a fait ont nui aux vignes, et ruiné beaucoup de marchands de vin.

Que de feuilles d'arbres il a fallu pour couvrir ainsi les chemins 1 (/</.)

Charlemagne a gouverné avec gloire une des plus vastes monarchies qu'il y ait eu depuis celle des Romains, i/d.)

La disette qu'W y a eu cet hiver a causé bien des maladies. (Cité par Lemare.J

Lorsque le gouvernement fut devenu monarchique, on laissa cet abus, à cause des inconvénients gu'il y aurait eu a le changer. (Vertot.)

Que de temps, que de réflexions n'a-t-il pas fallu pour épier et connaître les besoins, les écarts et les ressources de la naturel {Barxhélemv.)

Rappelez-vous, Athéniens, toutes les humiliations qu i\ vous en a coûté l ^Voltaire.)

C'est en Egypte que l'on conçut une des idées les plus utiles a la morale gu'il y ait jamais eu.

(Thomas.)

Les pluies gu'il a fait ont nui aux productions de la terre. (Cité par Bescher.)

Que de maux il en est déjà résulté I {Id.)

Les participes des verbes dits unipcrsonnels ou impersonnels sont toujours invariables Tel est l'usage.

Nous pensons toutefois que ces participes étant précédés du régime direct devraient varier tout comme les autres, et que c'est par un aveugle usage qu'on les a exceplés de la règle générale. Celte opinion, qui paraîtra peut-être hasardée, est partagée par plusieurs grammairiens d'un mérite reconnu.

Mais, dira-t-on, toute action s'attribue à un sujet. Dans les phrases citées, on ne dit pas qui a produit les pluies, qui a fait les chaleurs. L'être agissant n'est [)oint représenté par le pronom il. D'autre part, le régime n'est pas modifié. La décomposition grammaticale ne peut donc avoir lieu, et le participe conserve sa nature de verbe et son invariabilité.

Ce raisonnement est passablement faux.

D'abord, il n'est point vrai que l'être agissant ne soit pas représenté par il; car, que ce mot remplace ou non un substantif précédemment énoncé, toujours est-il qu'il remplit dans la phrase les fonctions de sujet, et que l'on dit positivement que c'est lui qui a produit, qui a fait les chaleurs. Toute la difficulté consiste à savoir quel peut être Vêtre ou U chose que ce mot désigne. Nous avons démontré, au chapitre des Pronoms, que le pronom il, dans ce cas, tient la place des mots Dieu, ciel, air, ou autres semblables, et que les chaleurs qii'ii. a fait est [JOur les chaleurs que le temps a fait.

Ensuite, il n'est pas moins inexact de dire que le régime n'est point modifié, et que la décomposition grammaticale ne saurait avoir lieu ; car l'analyse de cette phrase, qui, selon nous, est celle-ci : JLes chaleurs, le temps a lesquelles chaleurs fahes, prouve au plus haut degré d'évidence que le régime que signifiant lesquelles chaleurs, est modifié par faites, et que par conséquent il doit être en rapport de genre et de nombre avec ce régime.

Lemare prétend que dans ces sortes de phrases, le mot que n'est point un accusatif; mais qu'il est le nominatif d'un verbe ellipse, et pour le {)rouver, il analyse les chaleurs qu'il a fait de la manière suivante : Les chaleurs (ceci s'est fait), savoir, lesquelles chaleurs se sont faites, analyse, ou plutôt galimatias, où Ion chercherait en vain le nominatif de Lemare, qui, ne sachant qu'en faire, a cru devoir s'en débarrasser.

Nous ferons remarquer, pour la centième fois peut-être, que substituer une phrase à

{ G9H ) uno aulre, ce n'est point l'analysor. Or, dans la phrase citée, il y a qu'il a fuit cl non ceci s'est fuit: ce qui n'est pas du tout la niAmo chose. Loin de résoudre la diniculté par une semblable subslitution, Lcniare n'a donc l'ait que l'embrouiller encitre davanla{je.

IJiaj'ioli n'a pas été plus heureux. Dans sa Grammaire française écrite en italien, il dit que l'on doit écrire les chaleurs Qv'il A fait, en laissant fait invariable, parce que ce participe est employé comme signe élémentaire de la torme a fait, dont lesquelles chaleurs est le régime, comme le démontre la construction directe, qui, suivant lui, est celle-ci : Les chaleurs, il, c'est-à-dire le temps a fait lesquelles chaleurs.

Dans sa Grammaire française écrite en français, le même grammairien donne uno autre analyse, et cherche à justifier l'invariabilité du participe, en substituant un régime masculin au véritable régime, et en disant que les chaleurs qu'il a fait est pour il, c'està-dire le temps a (cet acte) fait: savoir : lesquelles chaleurs.

Ces deux sortes d'analyse de notre savant maître ne prouvent qu'une chose, c'est que dans cette phrase, le mot que est réellement un régime direct, qui, précédant le participe fait, devrait de toute nécessité lui imposer l'accord exigé par la règle générale établie plus haut.

Mais laissons là les I5iagit)li elles Lemare. Voici venir un grammairien qui va trancher le nœud gordien. Cet aulre Alexandre est M. Pastelot. A l'en croire, tous ses devanciers n'y ont vu goutte. Lui seul a découvert tout ce que les phrases qui nous occupent renferment de mystérieux ; armé de sa loupe, il y a vu presque un monde entier. « Dans ces w sortes de phrases, dit-il, il y a métonymie, syllepse, ellipse et même hyperbate. Les » chaleurs qu'il a fait. .. présente ce sens : qui ont existé. Cette proposition immédiate, » délerminative, doit être dans l'ordre grammatical reconstruite ainsi, en conservant la » forme de chaque mot : Les chaleurs que (touchant lesquelles) il (le temps) a fait, pour » a agi. Il n'y a point de proposition qui ne renferme explicitement ou implicitement » le sujet, le verbe et Vattribut. Il y a dans celte locution métonymie, effet pour la cause, » fait employé pour existé; syllepse ou conception, construction commandée par le sens » plutôt que par le rapport des mots ; il sujet indéterminé, pour le temps ou tout autre » équivalent ; ellipse, omission du mot qui régit que. y)

Quelle foule de choses dans une phrase où nous, pauvres aveugles que nous sommes, nous ne voyons qu'une simple faute d'orthographe consacrée par l'usage ! Que n'avons-nous la loupe de M. Paslelot 1 Loupe précieuse, au moyen de laquelle on [)eut apercevoir même des choses qui n'existent pasl En attendant qu'elle nous tombe entre les mains, nous invoquerons le bienheureux fiât lux ! en faveur de l'exposition que M. Paslelot nous a faite de sa rare découverte , car il nous est permis de douter qu'elle soit parfaitement saisie par les lecteurs même les plus intelligents.

EXERCICE PHRASÈOLOGIQUE.

Les chalpins qu'il a fait. Lis sonimrs nu'il m'en a Loùlé.

Le§ froids qu'il y a l'il. Le» livres qu il a fallu.

Les pluies qu'il a fait. La grande inondation qui a eu lieu.

-^— 3^s3 N° DCXXYIII. s^^—

PARTICIPES PASSÉS PRÉCÉDÉS DE DEUX SUBSTANTIFS JOINTS PAR plutôt qUÔ, non

plus que, moins que, aussi bien que, non seulement, jnais, etc.

Accord avec le premier substantif. i Accord avuc le dernier suhstantif.

C'est moins son intérêt que voire félicité 7u'il a Non sculenieiit toutes ses ricliesses et ses lion«

eu ftQ vue. (Cité par Beschku.i | neurs, m;iis toute sa verfu s'est eï-anoMte.

i (VAUr.Er..4S.>

On m'a parlé de deux domestiques, mais notami>nt d'Alexis . qu'an a vu dans l'appartement oii

le malheur est arrivé.

(Cité par Bescuer.)

C'est son intérêt, aussi bien que votre félicité, qu'û a consulté. (Id.)

C'est sa gloire, plutôt que le bonheur de la nation, qu'il a ambitionnée. (Id.)

Quand plusieurs substantifs sont joints par les expressions comparatives comme, ainsi que, de même que, aussi bien que, autant que, non moins que, non plus que, le participe ne s'accorde ordinairement qu'avec le sujet de la proposition principale.

Lorsqu'au contraire les substantifs sontliés par mais ou non seulement ,\o participe prend l'accord du dernier

Voyez le chapitre du Verbe et celui deV Adjectif, où cette question a déjà été traitée.

EXERCICE PHRÀSÉOLOGIQUE.

C'est soa intérêt, plus i]uc la gloire, iju'il a ambitionné.

C'est la gloire, plus que son inlcrél, qu'il a ambitionnée.

N° DCXXIX. ^^?^^—

PARTICIPES PASSÉS PRÉCÉDÉS DE DEUX SDESTANTIFS UNIS PAR LA PRÉPOSITION de.

Accord avec le premier substantif.

Ce mal était devenu nécessaire dans une ville immense, opulente et oisive, où une partie des citoyens était sans cesse occupée à accuser l'autre.

Comment pourrai-je, madame, arrêter ce torrent de larmes que le tenifis n'a pas épuisé, que tant de sujet» de joie u'ont pas tari? ^Bosscet.)

Le plus grand nombre des insulaires fut égorgé. (Maruomel.)

Quand les rois n'étaient pas encore parvenus au degré de puissance qu'ils ont eu depuis, la veuve de Louis le Gros ne Gt aucune difficulté d'épouser Matthieu de Montmorency. ^Voltaire.)

Tous les hommes ont toujours quelque petit grain de folie mêlé à leur science. (/rf.)

J'eus une maladie assez sérieuse, causée par la trop grande quantité de liqueurs que j'avais bue.

(Flokian.)

Quand un participe passé est précédé de deux substantifs unis par la préposition de, il faut chercher, pour l'accord, celui qui est le plus en rapport d'idée avec lui; car c'est celui-là qui acquiert la principale influence; l'autre n'offre qu'une idée secondaire sur laquelle l'attention glisse facilement. C'est ce que nous avons déjà observé pour l'accord de l'adjectif et du verbe.

Cette règle suffit pour résoudre toutes les difficultés. Si elle diffère de celle posée par la plupart des grammairiens, c'est que ceux-ci, au lieu de s'élever à la hauteur des vues de l'esprit, ne consultent souvent, dans leurs règles de concordance, que l'arrangement matériel des mots.

Cette règle s'applique également au participe précédé des mots peu de, ainsi qu'on 1^ voit par les exemples qui suivent:

Accord avec le second substantif.

Les uns coururent se jeter dans la rivière de Narwa, et une foule de soldats y furent noyés.

(VolTaIRE.)

J'évitai par une prompte fuite une grêie de coups qui seraient lo}nbés sur moi. (Le Sage.)

Quels miracles un petit nombre de soldats, persuadés de l'habileté de leur général, ne peuvent-ils pas enfanter'? (Chateai:buia>d.)

On voit qu'ils eurent dans leur langue un mélange harmonieux de cotisonnes douces et de voyelles qu'aucun peuple de l'Asie n'a jamais connues.

(Voltaire.)

Cet ouvrage d'Aristole s'est présenté à mes 5 eus comme une table de matières qu'on aurait extraites de plusieurs milliers de volumes. (Blkfon.)

Que voit-il, le pécheur, dans celte longue suite de jours qu'il a passés sur la terre? (Massillon.)

IMnis d'où viennent ces difficultés, si ce n'est du peu d'application qu'aa y a donné jusqu'ici?

(Beadzéb.)

Le peu de talents et de connaissances que Christine ;\\ii\l remarqués en lui ne l'avait pas em|)écliée de lui confier le soin de ses affaires.

(D'Alïmeeut.)

Malgré le peu d'approbation ijru'a eu la saigtu'e do M. le coiiUo, j'ai très-jurande foi à La Métrie.

(VOI.TAIHK.)

Le peu de sûreté que j'ai vu pour ma vie à relourner a .\aiiles, m'y a fait renoncer pour toujours.

(BOILEAU

Les Américains sont des peuples nouveaux; il me semble qu'on n'en peut pas douter au peu de progrès que les plus civilises d'entre eux avaient /(j/f dans les arts. (Buffon.)

C'est ce qui me paraît difficile à décider, à cause du peu de renseignements que nous ont laissé les anciens. (Biiffon.)

Le peu d'instruction qu'il a ett le fait tomber dans mille erreurs. (M.\R\inNrKL.)

Il ne laissa pourtant pas, en lui donnant des marques de son affection, de lui reprocher le peu de confiance gu'il avait eu en lui. (Le Sage.)

Je ne crois pas que j'eusse besoin de cet exemple d'Kuripide pour justifier le peu de libert'i r/ue j'ai prise. (Racine.)

Je ne parlerai pas du peu de capacité que j'ai acquise dans les armées. (Vertot.)

Le peu de vivres qu'on a comervés ou recueilli» est porté à un prix qui effraie l'indigence, et qui pèse même à la richesse. (La Harpe.)

Déjotanus gagne le port de Phasète, petite villa où il n'a point à craindre le peu d'habitants que la guerre y a /ajss(fs. (]\Iakmoktei..)

Elle regagne par une course rapide le peu de mo ments qu'elle a perdus. (Fontanelle )

Le peu de troupes qu'il a rassemblées ont tenu ferme dans leur poste. (Makmontel.}

Le même principe reçoit encore son application lorsque le participe passé est précédé d'un adverbe de quantité, quel qu'il soit, comme le témoignent les citations qui suivent :

Tant de faiblesse vous avez eul

(Cité par Bbscuer.) Comment tant de vertu peut-il être if/nnré !

(Cité par Boniface.) Jamais tant de vertun'n été réuni à tant d'intelligence. (Ch. NoniER.)

Si vous saviez combien de prudence et de retenue il a mis dans cette entrevue dangereuse.

(Cité par Bescuer.) Voyez que d'herbe il a foulé! (/d.)

Que d'eau il a répandu par terre! (/d.)

Jamais tant de vertu fut-elle couronnée? (Racine.) Jamais tant de savants ne furent immolés.

(Voltaire.) Autant de vertus qu'elle a pratiquées , sont autant de sujets de confiance en la bonté de Dieu.

(Fléchier.) Que d'/ierftes il a arrachées! (Cité par Bescuer.) Que d'eaux différentes il a md/(/es ensemble! [Id.) Tant de malheurr, que vous avez sou/ferts, ne vous ont point encore appris ce qu'il faut faire pour éviter la guerre. (Fénelon.)

On reconnaît encore l'influence du même principe dans ces exemples .

C'est uti des bons médecins de Paris çu'il a contulté. (Cité par Bescuer.)

Un de vos valets que j'ai rencontré, m'a annoncé votre départ. [Id.)

Un de mes amis que j'ai visité hier, m'a assuré que vous restiez. {Id.)

C'est un des plus célèbres médecins que vous avez consulté. {Id.)

Un des droits les plus sacrés que la constitution nous a (/aranti, que la révolution même a consacré, c'est la liberté de conscience. (Id.)

C'est une des pires éditions que vous avez achetée.

{Id.)

C'est un des moindres, un des plus légers services çu'il vous a rendu. (/d.)

C'est un des plus jolis rêves que j'ai fait.

[Id.)

Ce sera un des plus grands bienfaits quW nous aura procuré. [Id.)

Un de nos meilleurs écrivains qui s'est présenté chez moi, m'a communiaué votre manuscrit.

{Id.)

Quant à Bayle, on sait que c'est un des plui grands hommes que la France ait produits.

(Voltaire.) Voilà, parbleu, un des plus honnêtes et des plu» consciencieux avocats çue j'aie vus de ma vie.

(De Bruevs.)

Les Anglais étaient sous les ordres d'un des plus singuliers hommes çu'ait jamais portés ce pays si fertile en esprits fiers, courageux et bizarres.

(Voltaire.)

La scène de la conspiration me parait une de» plus belles et des plus fortes qu'on ait encore fwe» au tlié;Ure. {Id.)

C'est une des plus grandes fautes que lu politique ait jamais faites. (De Fuaut.)

La raison de celte inaction était un des desseins les plus dil'liciles à exécuter qu'ait jamais /ormci l'imagination humaine. (Voltaire.)

FrançoisISLinsard, l'un des plus grands architeciet qu'inl eu. la France. ild.)

Vous êtes un des |)lus absurdes barbouilleurs de papier qui se soient jamais mêlés de raisonner.

(VoLTAini?,)

( '01 ) EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE

La troupe Ae nos jounes gens s' Va essaim d'abciilrs s'est a^'^lonic Le reste de nus soltlnls s'est retiré Les sacs d'espèces que j'ai portes.

Il uliincée

L'ne foule de guerriers se «ont nfTirts.

Une foule, une troupe d'oiseaim se sont rasseiulilcs.

l.a plupart dis lataillons i(iii- nous avons forme».

Il loniba sur un monceau de morts qu il avait immolés k W r»r«ar.

^ K DCXXX. o^^— -

PARTICIPES PASSÉS PRÉCÉDÉS DU PRONOM ëtl

En NON piiÉcÉDÉ d'un régime direct.

Bêlas! j'ét;iis aveugle en mes vœux aujourd'hui; J'en ai fait coiilic loi quand j'en ai fait pour lui.

II crut avoir vu des miracles et même en a\oir fuit.

(Voltaire.)

Il n'y a qu'une tontine qui soit onéreuse; aussi les anciens n'en ont jamais fait. [Id.)

Les publicistes ont fait de gros livres sur les droits au royaume de Jérusalem. Les Turcs n'en ont point fait. [Id.)

Je ne hais point les grands, j'en ai rw quelquefois Qu'un désir curieux attirait dans nos bois.

[Id.) 11 n'est que trop vrai qu'il y a eu des anthropophages, nous en avons trouvé en Amérique.

(Id.) Que j'ai d'envie de recevoir de vos lettres! II y a déjà près d'une demi-heure que je n'eu ai reçu. (M'"»^ DE Sévigné.) Les Phéniciens, en découvrant 1 Andalousie, et en y fondant des colonie.^, y avaient établi des juifs, qui servirent de courtiers, comme ils en ont servi partout.

(Voltaire.) Tout le monde m'a offert des services, et personne ne m'en a rendu. (M""= de Maintenon.)

En PRÉCÉDÉ d'un régime direct.

Croyons-le donc comme lui, malgré les raillerie» Qu'on en a faites. (Voltaire.)

La traduction que j'en ai faite est loin d'atteindre à la force et à la bonne plaisanterie de l'original.

{Id.)

La dernière scène de la Mort de César est trèsmal imprimée et toute tronquée dans la misérable édition Qu'on en a faite. i^d.)

11 n'y avait peut-être pas en Europe dix gentilshommes qui eussent la Bible; elle n'était point traduite en langue vulgaire, ou du moins les traductions Qu'on en a faites dans peu de pays éiaient ignorées, '-''^•J

Les rois qui les ont devancés.

Sitôt qu'ils y montaient s'en sont vus renversés. ^ "" (Racine.)

Voyez comme vous vous en êtes bien trouvée avec ce vice-légat. {^l""" de Sévigné.)

Cassius, naturellement fier et impérieux, ne cherchait dans la perte de César que la vengeance de quelques injures qu'il en avait reçues. (Veutot.)

Il y remarqua beaucoup d'impies hypocrites qui, faisant semblant d'aimer la religion , s'en étaient servis comme d'un beau prétexte. (Fénelon.)

Les pajies s'en étaient rendus insensiblement les maîtres usufruitiers. (Voltaire.)

L'emploi du pronom en devant le participe, tout simple qu'il paraît, est peut-être l'une des plus grandes difficultés de la lan.«ne. Pour juger de l'influence de ce pronom sur le participe, il est essentiel de bien se rendre compte de sa valeur, et de le suivre dans ses décompositions analytiques, en consultant les vues de l'esprit, qui influent toujours sur les signes orthographiques, et qui marquent d'un sceau particulier les diverses nuances de signification des mots.

Nous avons fait voir au chapitre des Pronoms, que le pronom en, qui se résout toujours par de ce, de cet, de celte, de ces, avec renonciation du nom déjà exprimé ou sous-entondu, remplit deux fonctions différentes : celle de complémentdirect, commedans les exemples de la première colonne, et celle de complément indirect, comme dans ceux de la seconde.

Or, peut-on dire, puisque dans les exem|)lcs de la première colonne le pronom en fait la fonction de régime direct, ou plutôt, pour parler d'une manière plus exacte, renferme implicitement l'expression du régime direct, et qu'il se trouve placé avant le participe, pourquoi ne suit-il pas la règle générale, et n'exerce-t-il pas la même influence 8ur le participe que les autres régimes de même nature? D'où vient qu'on ne dit pas, eu

( 702 ) parlant de fruils, j'en ai MANGÉS, el en pariant d'individus, j'en ai vos, j'en ai rencon- TUKS? L'analyse n'ost-elie pas cello-ci : J'ai plusieurs de ces fruits mangés; j'ai plusiHURS de ces gens vus, rencontrés? J/accord du participe, en cette circonstance, ne s'appuie-t-il pas d'ailleurs sur des autorités?

L'usafîe des clorhes est chez les Chinois de la plus haute iinti(]uil(*; nous n'en avons eues eu France qu'au sixième siècle de notre ère

(Voltaire.) Entre mille beautés, ces délices des âmes, En as-tu vue, Osmin, dont les attraits Égalent ceux d'Emilie?

(Favabt.)

Vous critiquez nos pièces de théâtre avec l'avantai^o, non seulement d'en avoir rues, mais encore d'en avuir faites. (U'Alkmbeut.)

J avais cherché un moyen de donner à mes observations sur ces lois un air de nouveauté. Comme je viens de le dire, à plusieurs époques on en a propose/es el adoptées. (Benjami> Constant.)

Il est impossible de disconvenir que cotte manière d'écrire ne répondît au vrai sens des mots. Si elle prévalait, elle ferait disparaître toute difficulté; l'emploi du pronom en, suivi du participe, rentrerait dans la règle générale; mais il n'en est pas ainsi. Le nombre des exemples que l'on vient de citer est bien faible en comparaison de ceux qui leur sont opposés. Ou()i([uo nous ne prenions pas la plume pour justifier un usage qui par;nt s'écarter des principes généraux de la grammaire, nous sommes contraints de tracer la règle telle que cet usage l'a consacrée. En quittant les routes battues, nous pourrions sembler méconnaître l'autorité de nos grands écrivains, qui tous s'accordent sur ce point, et compromettre ainsi l'autorité do nos solutions.

Nous poserons donc ainsi la règle : Toutes les fois que le pronom en n'est pas précédé d'un régime direct, le participe qui suit est invariable : J'aime les fleurs, j'en ai cueilli. L'usage l'a établi ainsi.

Le participe, au contraire, varie si le pronom en se trouve précédé d'un régime direct, comme cela a lieu dans tous les exemples de la deuxième colonne : Je n'ai point oublié ce pays ni les merveilles Qu'on en a racontées.

EXERCICE PHRÂSÉOLOGIQUE.

Des sonnions, je n*en ai point eu.

De U jalousie, je n'en ai iioiot eu.

De mcj lellres, il n'en a jamai» reçu.

Ois com).liinpnt>, vouï ne m'en avez jamais fait.

Dus levenanta , personne n'en a vu.

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