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PARTICIPES PASSÉS PRECKDES DE DEUX REGIMES

Régime direct placé avant le régime indirect.

Va lui jurer la foi que tu M'avais jurée.

(Racine.)

Aurai-je le bonheur de vous recevoir dans mon palais, et de vous payer des soins que vous m 'avez donnés dans ma jeunesse? (IJautuélemv.)

Tu as joui de tous les biens que la nature T'avait *ionnés. (J.-J. Rousseau.)

Je soupçonne violemment ce malheureux Italien d'être l'auteur de toutes les noirceurs qu'on vo-i;.s a faites. [Collé.)

Régime indirect placé avant le régime direct.

Tout autre aurait voulu condamner ma pensée, Et personne en ces lieux ne te Teùt animncée.

(Hacise.)

Et pour qui licndrais-je à la vie"? C est pour tous les Grecs, non pour vous seule, que vous me /'avez donnés. (Dei.afoute-Dl iueil.)

J'entrevois en \ous des sentiments d.mgereux, et je sais trop (jui vous les a inspirés.

(Voltaire.)

Elle me parut comme vous me /'aviez dépeinte.

(M'"»^ DE SÙVIGNÉ.)

Lorsque le participe est précédé de deux régimes, l'un de ces régimes est direct, l autre indirect; car un verbe ne peut être précédé de deux régimes directs différents

Pour connaître quoi doit ôfrc l'nccord dti participe, il suffit de savoir distinguer lequel des deux régimes est eu rapport direct.

La phrase suivante do J.-.l. Rousseau n'est pas correcte : Je ne puis te dire quelle PEINE tout cela M'a fait, il faut quelle peine tout cela m'a faite.

EXERCICE PHRÀSÉOLOGIQDE.

Les cliaçîrîns qiiM rn*a causés.

L^ainilié que je vous ai portée.

LMiistoire quM m'a tentée.

11 me les a donnés.

Je vous les ai portés.

Ces liisloireSf il nie les a coûtées cent fois.

-^^^mm& N' DCXXIII 03^— -

PARTICIPES PASSÉS PRÉCÉDÉS DU VERBE aVOlf EMPLOYÉ SANS RÉGIMB.

Où la mouche a passé, le moucheron demeure. ^La Fotaine.) Vous riez? Écrivez qu'elle a ri.

(Racine.) Nos imprudents aïeux n'oNT vaincu que pour lui.

(VOLTAIUE.)

Son visage a changé, son teint s'est ëclairci.

'vMOLIÈIlE.)

Voilà qu'elle A fini, l'ouvrage aux yeux s'expose.

(AIonfeiiK.) Le Dieu qui vous inspire a marché devant moi.

I VOLTAIUE.)

Mes amis cm parlé, les cœurs sont attendris.

[Id.)

La iille, dit la loi, a crié et n'a point été entendue.

(J.-J. llOb'SSKAU.)

Lorsque le participe passé accompagné du verbe at;oir n'est suivi ni précédé d'aucun régime, il est toujours invariable.

EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE

Elle a pleure.

Ils ont chanté.

Mfts frcres ont cliasse

Mes cousines ont lu.

Ma sœur a écrit.

Elles ont crié.

Nous vou> «vons écrit.

Vous ne no'ià avez point répocdn-

£lje a trop parlé.

^^^^mm N° DCXXIV. 0.1^—-

PARTICIPES PASSÉS PRÉCÉDÉS DU VERBE être EMPLOYÉ, dit-On, POUR avotr

Me, te, se, régimes indirects.

Autant que sa fureur s'est immolé ds têtes, Autant dessus la sienne il croit voir de tempêtes.

(CoRiSEILLE.)

Ils se sont donné l'un à l'autre une promesse de mariage. (Molière.)

Ils ne s'y sont proposé pour exemple que la constitution la plus simple des anciens. (Voltaire.)

Il est vrai qu'elle et moi nous nous sommes parlé des yeux. (Molière.)

Vous êtes-vous accordé cette définition ? ou sont-ce les loups, les singcsetles lions qui vous l'ont passée? I^La Bruyère.) Néanmoins il «'était conserve l'autorité principale.

(BOSSLET.)

J admire, j'en conviens, l'accord de ces trois frères ,

Pluton, Neptune, Jupiter, Qui se sont divisé sans tumulte et sans guerres,

Le ciel et la mer et l'enfer.

(F. DK Neufcdatkau.)

i/e, te, se, régimes directs.

Je ne puis oublier qu'Ariane exilée

S'est pour vos intérêts elle-même immolée.

(Th. Corneille.) Je la vis massacrer par la main forcenée. Par la main des brigands à qui tu t'es donnée.

(Voltaire.)

Elles se sont proposées comme modèles de douceur. (Cité par Bescuer.)

La langue latine et la langue grecque sont deux langues qui îe sont long-temps parlées, et qui ne se parlent plus. [Cité par Lemare.»

il n'y a rien en quoi les hommes se soient plus accordés que dans l'aveu de ce devoir. (Nicole.)

La vie pastorale, qui s'est conservée dans plus d'une contrée de l'Asie, n'est pas sans opulence.

(Voltaire.)

Il n'est pas un point de théologie sur lequel les hommes ne se soient divisés. (/ci.)

Tous les peuples ilu rnniulc, sans en excepter les ïuifs, se soûl fait des dieux corporels.

(VoLTAinE.)

Les Françni.«ts'(U.iientoMverf une retraite glorieuse p.ir la i)ataille de rornoue. (Id.)

C'est par son dt^<iiiti*ressement que ÎM. de LamoigiHjn i'ciait rdservi! cette liberté d'esprit si inîces- Siiire dans la place r,u'il occupait. ^Flécuiku. ;

Les Romains sVtaient fntlx à la discipline. La st'vériiéde Manlius et l'exeniple de Ué^ulus y ont beaucoup contribué. ^Cité par Lkmaue.)

Ils il! sont onvurts de leurs desseins à leurs ennemis les plus danjjerenx. (Vot.TAiiiE.) A quel tourment nouveau je nie suis réservée!

(Racine.) (Is se SONT réservés pour une autre occasion. [Cité par Bbscukr.)

Ces exemples sont au nombre de ceux qu'on cite pour prouver ce principe absurde • Que le verbe ktre peut remplacer et remplace souvent le verbe avoir; car, dit-on, dans toutes ces cilalinns, on peut substituer avoir à être. Certes, ils se sont dit des injures et ils ont dit des injures à eux, présentent absolument le môme sens ; mais la première de ces formes, moins énergique que la seconde, exprime un état, et la seconde une action.

Il est donc impossible que, ne fût-ce que pour la forme, ces expressions soient exactement les mêmes.

Eu réfléchissant un peu sur le mécanisme de ces sortes de phrases, il n'est pas bien difficile de s'apercevoir que, soit par élégance, soit par brièveté ou par toute antre cause, l'ellipse a sous-entendu le participe présent ayant, et que ils se sont dit des m/to-cs est un abrégé de ils sont (ayant) fit des injures se (c'est-à-dire à soi, à eux-mêmes). Dans ce cas, ils sont ayant dit équivaut, pour le sens, à iUont dit.

C'est faute d'avoir va cette ellipse que les grammairiens ont prétendu que le verbe être dans toutes ces phrases, remplace le verbe avoir. Un mot ne peut être à la place d'un autre ; cette déplorable méihode des substitutions n'a fait que nuire jusqu'ici aux progrès de la science grammaticale , et c'est h elle que l'on doit surtout attribuer la plupart des erreurs que l'on a répandues sur le participe passé. Ce n'est pas en substituant une phrase à une autre phrase qu'on parviendra jamais à rendre raison des nombreuses difficultés qui se présentent à chaque pas dans l'étude de la grammaire.

Maintenant que nous avons envisagé les exemples que nous avons cités sous le point de vue théorique, nous allons faire connaître les observations pratiques auxquelles ils donnent lieu.

Autant que sa fureur s'est immolé de têtes, est pour autant que sa fureur est (ayant) IMMOLÉ de têtes A soi. Immolé étant suivi du régime, a dû rester invariable.

Ariane s'est immoler elle-même, est pour Ariane est (ayant) soi elle-même immolée. Le régime soi précédant, le participe a dû en prendre l'accord.

Toute la difficulté consiste donc à savoir quand les mots me, te, se, sont régimes directs ou régimes indirects.

Or, on peut poser en principe qu'en fait de verbes dits pronominaux, quel que soit le sens de la phrase, le régime (pii les précède doit être regardé comme direct toutes les fois qu'il ne peut prendre une tournure indirecte. Il suffit qu'on ne puisse dire : Elle esl (ayant) emparé a elle; tues (ayant) repenti a toi; ils sont (ayant) t'criV a eux, pour que dans elles est empauke ; tu T'es repentie ; ilssesont écriés, les mots se et te soieni considérés comme régimes directs

Lorsque les mois me, te, se, remplissent dans la phrase la fonction de régimes directs le participe passé doit en prendre l'accord; si, au contraire, ils sont employés comme ré gimes indirects, le participe reste invariable.

Cotte règle si simple, une fois admise, suffit pour lever toutes les difficultés auxquelles peuvent donner lieu les vtrbes appelés vulgairement pronominaux, qui, du reste, son' soumis aux mêmes règles que les participes précédés du verbe avoir.

Ils 9& sont aHrrssé êfa letlros Ds se 90«l amasse tie U (fortune.

Il> se sont assure un rpvenu.

Elle» se sont liaiîe la main.

Ils se sont casse le cou.

llj se soQt jele Jes |iierres.

Il* te •OB'. îonné la main.

EXERCICE PURÀSÉOLOGIQUE.

Ils Si* sonl ndiTssés a moi.

La foule s'i'sl amassée.

£l|p$ »H! sont a<isiircc» delà vêrilé.

Kilei se sonl liaisers au front.

ils se sont casse» comme verre.

lis se sont jelcs a 1 eau.

Us se sont duaaés au «iial'le.

Ils ï-e «ont abandonné leurs biecs. II» se sent abandonnés à !a colère.

lis se sont arraclie les cheveux.

lis se sont avoue leurs tons.

lU se sonl barbouillé le vt5ai;e.

KUes sesunlcouiie le |>ouce.

Us se soDt peini les souiciU.

KIK s le »oni arrachées de no» main*:. ils se sont avoues comme auleun

du délit.

Us se sont barbouillés de noir.

Kllrs se sont cou|iees a la maïa.

Klle sVsl jjeiQte elle-niéme.

DES PARTICIPES coûté, valu, pesé.

Que de soins m'eût coûtés celte tète charmante!

(Racine.) Après tous les ennuis que ce jour m'a coûtés, Ai-je pa rassurer mes esprits agités? {Id.)

Vous n'avez pas oublié les soins que vous m'avez coûtés depuis votre enfance. (Féiselox.'

Ne serait-il pas doux de retrouver dans l'effet de nos soins les plaisirs çu'ils nous ont routés?

(J.-J. ROUSSEAO.)

Je ne regretterais ni le temps, ni la peine gu'il m'a coûtés (Tuuuor.)

Voilà la charmante réception que mon costume m'a value. (Jacquemart.)

Que de veilles, que de tourments il m'a coâlé$!

(J.-J. ROUSSKAO.)

Il parait en effet digne de vos bontés.

Il mérite surtout les pleurs gu'il m'a coûtéi.

(Voltaire.) Ne gofitons-nous pas mille fois le jour le prix des combats que notre situation nous a coiUés?

(J.-J. Rousseau.) Mes manuscrits raturés, barbouillés, et interne Indéchiffrables, attestent la peine qu'ils m'cnl coûtée.

(Id.) Cinquante familles seraient riches des sommes que celte maison a coûtées. (Id.)

Les honneurs que j'ai reçus, c'est mon habit qui me les a valus.

Dans quelque sens qu'ils soient pris, au propre comme au figuré, les participes coûtée valu et pesé s'accordent toujours avec le régime lorsque ce régime les précède.

Les grammairiens, contre les faits et plus encore contre la raison, ne voulaient absolument pas que ces participes prissent d'accord ; ils allaient chercher le verbe constare^ neutre ; aussi voyons-nous, dans tous les dictionnaires, le verbe coûter marqué de la lettre iV, comme si neutre pouvait signifier quelque chose dans notre grammaire. Ni l'un m Vautre, dites-vous. Eh bien! qu'est-il donc? Il est actif, répondrons-nous, parce qu'il faut parler pour tout le monde. Nous ouvrons Kichelet [in-folio, Lyon, 1068), et nous y trouvons que « coûter est un verbe actif, régissant le nom de la chose à l'accusatif, et celui de la personne au datif. Exemple : Versailles a coûté des millions à Louis XI V. » Or, si l'on dit : La peine que m'a coûtée mon travail, on peut dire aussi : Les millions QUE Versailles a coûtés à Louis XI V

Les grammairiens, il est vrai, se sont bien amendés depuis, malgré l'insignifiante el trompeuse lettre N dont ces verbes sont martelés dans tous nos lexiques, et c'est à la critique éclairée de nos grammairiens philosophes que l'on doit leur retour à la raison.

Les cent francs rju^il a coûtes.

Les :yfjniines qiril a values.

Le.s jieioes <]iril m'a values.

La considération que cela m*a value.

Los deuK livres de cerises que celte femme a pesées.

Les cent livres que ce iiallot a pesè«f. Les vini^t francs que ce livre ft coûtes. Les cent louis t|ue ce cheval a valus. Le» deu\ livres que celle boite a pesées. Lu peine que cela aa'\ coûtée.

-•^-.^a K DCXXYI. o^^—

PARTIClPi:S PASSÉS PRÉCÉDÉS DE DEUX SORTES DE que.

Que RÉGIME DIRKCT.

Le zèle d'une pieuse sévérité reprochait à La Foii- Uine une erreur 7w'il a pleurde lui-inôine.

(CUAMPFORT.)

L'évêque deMeauxa créé une langue 7aeiui seul à parlée. (Chateaubriand.)

Elle n'oublie pas les dangers qu\\ avait courus entre Scylla et Cliarybde. (Fénelon.)

Vous rendrez cnmpte un jour au dieu de la nature Des tourments qu'a soufferts sa faible créature.

(CnÉNlER.)

Comn»ent décrire tous les maux que cette guerre avait traînés après elle? (Flécuier.)

Que EMPLOYÉ AVEC EI.t.IPSE DE pvildUii:.

Il ne vous a pas dit tous les jours 7u'il a p/cuft' en secret. (Anonyme.)

Toutes les fois qu'W a parlé, j'ai gardé le plus protond silence. (Id.)

Comptez-vous pour rien les deux tunircs que j'ai couru? (Cité nar Pons.)

Que serait-ce s'il me fallait vous dire tous les moments (/«'elle a souffert sans murmurer et sans se plaindre! (Phrase de Flkcuieii arrangée.)

De quoi vous ôles-vous occupés durant les dixhuit mois que les négociations ont imUté on longueur? (Cité [lar Hesciier.)

Dans ces exemples, les mêmes participes sont écrits d'une manière dillï'renle, parce que le que dont ils sont précédés n'est pas le môme dans les deux colonnes. Dans la première, il fait les fonctions de régime direct, et doit en conséquence communiquer la variabilité au participe qui le suit Dans la seconde, au contraire, il est employé avec ellipse de la préposition pendant: Tous les joiirs Qu'il a pleuré, c'esl-à-diie tous les jours pendant lesquels il a pleuré, ou bien tous tes jours où il a pleuré; toutes les fois Qu'il a PARLÉ, c'est-à-dire toutes les fois où il a parlé; les deux heures que j'ai COURU, c'est-à-dire les deux heures pendant lesquklles j'ai couru; tous les moments Qu'elle a souffert , c'est-à-dire tous les moments pendant lesquels elle a

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