‹ Grammaire nationaleChapitre 537 sur 643 · ACCORD · texte numérisé non relu

ACCORD

Toute la cour a été pendant trois jours en com bustion au sujet d'une mauvaise comédie que j'ai empêchée d'être représentée. (Voltaire.)

Il a souffert la hardiesse que j'ai prise de le contredire. (Fd.)

On s'est élevé avec force contre la témérité que nous avons eue de vouloir juger de celte cour orientale. {Id.)

J'ai marché aux ennemis, que j'ai contraints de se renfermer dans leurs places. (Veutot.)

La plante mise en liberté garde l'inclinaison qu'on l'a forcée à prendre. (J.-J. Rousseau.)

En mémoire de la grâce que Dieu nous a faite d'avoir aboli la superstition et recouvré la liberté.

11 ne s'opposa point à l'habitude que le parlement avait jjrtse de l'appeler toujours Monsieur. [Id.)

La permission que le cznr avait donnée de vendre du tabac dans son empire, malgré le clergé, fut un des plus grands motifs des séditieux. {fd.)

On sait assez quelles peines la sagesse du roi et du ministère a eues a calmer toutes ces querelles, aussi odieuses que ridicules. {/d.]

Aimez toujours vos parents; souvenez-vous de la peine gu'ils ont eue à vous quitter.

(Louis XIV.)

f.rs livres que j'.ii oiis a lire.

Les travaux qnpj'ai eus a faire.

Les mémoires qui; j'ai eus à régler.

Les voiimies que j'ai eus à Iranscri Les leçons que j*ai eue» à apprcntir La fable que j'ai eue à coropostr.

I,es olislacles que fai eu à voîncr«.

l.,es rniK mis que nous avons eu à con.ta Les périls que nous avons eu a courir. Les injures qu'ils ocl eu à esàujor.

hics ravins qu'il» ont eu k traverser.

Les pcir.c:i qu*iiS ont eu à »ouiîru.

^^^^^^^m> ]\[« DCXXXYIII. ^^^âi^—

participes passés suivis d*dn verbe a tout autre mode que celui db

l'infinitif.

Les affaires çue vous aviez prévd que vous auriez sont-elles termindes? (Beauzée.)

Je me laissai enlever de l'hôtellerie, au grand déplaisir de l'hôte , qui se voyait par là sevré de la dépense qu'il avait compté que je ferais chez lui.

(Le Sage.)

Les inalhéniatiques, que vous n'avez pas vodld que j'étudiasse, sont cependant fort utiles.

(Wailly.) Mes raisons» çue j'ai cru qu'on approuverait, me paraissent meilleures qu'elles n'étaient en effet. (Cilé par Bescuer.)

Dans ces sortes de phrases, le participe est toujours invariable. Quand on dit : Lcb affaires que j'ai prévu que vous auriez, on no veut pas dire qu'on a prévu ces affaires , mais qu'on a prévu qu'on aurait ces affaires ; ie mot que étant le régime d'un autre verbe que celui qui précède le participe, ne saurait exercer sur ce dernier aucune espèce d'influence

Il n'en serait pas de môme si le participe, au lieu d'être immédiatement suivi de que, l'était de qui; il varierait. Exemples : Voilà les malheurs Qve j'ai prévus qui nous arrive? aicnl; les inconvénients que j'ai soupçonnés QUI surviendraient. De pareils accoros n'effarouchent que ceux qui ne sont pas habitués à l'analyse et aux principes, et qui n'ont jamais réfléchi jusqu'où l'on peut étendre une règle qui ne souffre aucune exception.

EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE

Les emli.Trras que j*ai su que voti* aviez.

La leçon que vous avez voulu que j'éluiliassc.

La coQiUiiLc que j'ai supposé que vous ticudricz

Les peines que fai prévu qtio vous causeriit celle alTaîre Les secours que vous avez prclentiu que j'olplientlrais- Quels sont les préparatifs qu'on a dit qu'il fallait faire?

^^K DCXXXIX. 2^^^^—

t»ARTIClPES PASSÉS A LA SUITE DESQUELS l'iNFINITIF EST SUPPRIMÉ PAR ELLIPSE.

Vous avez aimé votre prochain si vous lui avez rendu tous les services que vous avez pu, que vous avez dû. (Cité par Waillv.)

11 a été libre de mettre à cet abandon la condition qu[[ a voulu. (Sirkv.)

Ils ont donné à leurs enfants toute l'éducation que leur a permis leur fortune.

(Cité par Bescber.)

N'cst-il pas louable d'avoir cherché les plus noires couleurs f/»'il a pu, pour donner de l'iiorreur d'un si détestable abus? 'Aunaui.t.)

S'il avait demandé ISI. de Fontcnelle pour examinateur, je lui aurais fait tous les vers qui\ aurait voulu. (Voltaire.)

Je lui ai lu mon épitre très-posément, jetant dans ma lecture toute la force et tout l'agrément 7!(e j'ai

pu. (BOILEAU.)

Après les participes des verbes vouloir, pouvoir, devoir, permettre, on sous-entend quelquefois l'infinitif, comme dans les exemples qui précèdent. Si vous lui avez rendu tous les services que vous avez pu, que vous avez DÙ (sous-entendu lui rendre). — U a eu toutes les grâces qu'il a voulu (sous-entendu avoir). — Les plus noires couleurs qu'il a pu (sous-entendu trouver). — Les vers qu'il aurait voulu (sous-entendu avoir). — Tout i'aqrément que j'ai pu (sous-entendu y jeter). — Que leur a permis leur fortune (sous-enlendu de donner) .

Dans ce cas^ le participe reste invariable, parce que le mot que est le régime des infinitifs ellipses

Mais on doit écrire

Elle m'a payé les sommes qu'cWe m'a dues.

(Cité par Bescher.) 11 veut fortement les choses qu'il a une fois voulues. (Id)

J'ai fait Icg démarches que mes parents m'ont pcrmises. (Cité par Hescuer.)

Tous les maux que je lui ai voulus lui sont or rivés.

Ici, il n'y a aucun mot sous-entendu. Il faut donc toujours bien concevoir ce qu*on veut dire : il n'y a que ce moyen d'infaillible.

EXERCICE PHRÂSÈOLOGIQVE.

Je vous al Horné tous les agréments que j'ai jiu. lU m'ont donné tous les plaisirs qoe j'ai voulu.

Nous lui avons donné tous IfS secours que nous avons pu. Elle a obtenu les ^rnces et les bienfaits qu'elle a voiiln.

On a eu pour son âge et pour sa faiblesse tous les égards qu'on a dû. Elles ont fait toutes les dépenses que leur a permis leur (o:'."T)')-

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