‹ Grammaire nationaleChapitre 558 sur 643 · I. — EMPLOYÉS négativement · texte numérisé non relu

I. — EMPLOYÉS négativement

Douter.

Je ne doute pas que vous ne vous fassiez honneur dans la cirrière où vous entrez.

(J.-J. Rousseau.)

Je ne doute pas que mes abricotiers ne descendent de greffes apportées par les Rom.iins.

(Beun. i>E Saixt-Pierue.)

On ne peut douter que les Grecs ne connussent cux-mt^nes l'agriculture, et qu'ils n'aient été dans la nécessité de la cultiver. (Condili.ac.)

Il n'est pas douteux que je ne doive les premiers témoignages de ma reconnaissance aux honuiies auxquels je suis redevable des jjrcmiers besoins de la vie. (Rehn. de Saint-Pieuiie.)

On ne peut pas douter que les pôles ne soient coiiverls d'une coupole de glaces. \Id.)

S'il fuit, ne doutez point que, fiers de sa disgrâce. A la haine bientôt ils ne joignent l'audace.

(Racine.)

Je ne doute pas que la vraie dévotion ne soit la source du repos. (La Rut'vfciiE.)

Un physicien, qui avait de la réputation, ne douta pas que ce Needham ne fût un profond athée.

(Voltaike.)

L'on ne peut guère douter que les animaux actuellement domestiques n'aient été s.:uvages aupa ravant. (Rufkon.)

Tempanius, qui ne doutait pas que les ennemis ne l'attaquassent de nouveau dès qin' les ténèbres! seraient dissipées, fut bien surpris lorsqu'au |)oint du jour il ne vit plus ni amis ni enncfuis.

(Vertot.)

Je ne doute pas que tu ne balances à les croira ^Mo^ rESQUiEU.)

On ne doute pas aujourd'hui que les madrépores ne soient l'ouvrage d'une infinité de petits animaux.

(RURN. DE SAINr-l'iERRE.)

Nier, contester, disconvenir, désespérer.

On i\e peut nier que cette vie ne soit dcsirahic.

(IJOSSUET.)

On ne saurait contester que \:i diversité des mc- ^ures ne brouille les commençants pendant un temps infini. (J.-J. Rousseau.)

Je ne désespère pas qu'il ne te fournisse un jour le moyen de t'cclairer. (Motesquieu.)

Vous ne sauriez disconvenir que ce remède ne suit meilleur que tous les auiics.

(M"^^ DE SÉVIOÉ.)

Je ne disconviendrai pas qu'avec toutes ses perfections , on ne puisse faire quelques objections contre Sophocle. ^Voltaire.)

On ne peut nier que le lâche et inutile mensonge d'Kuphorbe ne soit indigne de la tragédie.

(Voltaire.)

On ne peut nier que je ne snis très-fondé à m'ériger en AristaKjue, en juge souverain des ouvrages nouveaux. (J.-J. Rccsseau.)

On ne désespérait pas que vous ne devinssiez riche. (Beaizée.)

Vous ne sauriez disconvenir qu'il ne vous ait parlé. (Académie.)

Je ne saurais disconvenir que Sophocle, ainsi qu'Euripide, ne devaient pus faire de Pylade uu personnage muet. (Voltaire.)

Quand les verbes douter, contester, nier, disconvenir, désespérer, sont employés négativement, ne doit être répété dans la proposition subordonnée. Selon l'Académie, on pourrait indifféremment mettre ou supprimer la négative, avecnj'er, contester, disconvenir^ et dire: je ne nie pas, je ne conteste pas, je ne disconvikns pas qu'il au fait cela, ou qu'il n'ait fait cela, mais nos citations font voir que les écrivains ne manquent jamais de mettre cette négative. Remarquons néanmoins que s'il s'agissait d'exprimer une chose positive, incontestable, ne, dans ce cas, pourrait être supprim '•, comme dans : je ne doute pas, je ne nie pas qu'il \ ait un Dieu. Les exemples suivants confirment cette observation :

Je ne vous nierai point, seigneur, que ses soupirs m'ont daigné quelquefois expliquer ses désirs.

(Racine.) Je ne nie pas qu'il ait raison.

(J.-J. Rousseau.)

Personne ne «te qu'il y ait un Dieu, si ce n'est celui à qui il importe qu'il n'y en ait point.

ClIATEAUBRIAM) )

Je ne nie pas que je te Vai dit.

(Vaugelas.)

Cet autre exemple est curieux en ce qu'il présente les deux cas : Ils ne nient pas que la douleur soit un mal et qu'il n'y ait de la peine dans la désunion des choses auxquelles nous sommes unis par la nature. (Mallebranche .)

Page 1