CITATIONS
Cela est plus long d'un quart. (.Vcadémie.)
Cela ne vaut pas plus d'un écu. (L.4 Même.) 11 est plus grand de toute la tcHe. (Wailly.)
Il a fait plus de deux lieues à pied. (Laveaux.)
Cela n'a pas moins de trente pieds. [Id.)
11 y en a plus d'un demi-boissnau. (/</.)
ANALYSES
Cela est plus long (que ceci par la longueur) d'un quart.
Cela ne vaut pas plus (que la valeur) d'un écu.
Il est plus grand (que moi par la hauteur^ de toute la tête.
Il a fait plus (ijuc la longueur) de deux lieues ù pied.
Cela n'a pas moins (que la longueur) de trente pieds.
H y en a plus (que la mesure) d'un demi-boisseau.
« Plus demande de avant le substantif qu'il modifie, lorsqu'il est adverbe de quantité, » et non adverbe de comparaison. » Voilà ce que disent tous ou presque tous les grammairiens.
•Si pZw5 n'est pas adverbe de comparaison dans les phrases citées plus haut, nous ne comprenons plus rien à la valeur des termes. L'analyse que nous vivons à dessein placée en regard, tout en nous montrant la fausseté de cette assertion, nous dévoile le mystère de ces sortes de constructions.
EXERCICE PURASEOLOGIQUE.
plus lon^ d'un tiers Plus d'un louis.
Plus d'un cent.
Plus (l'une femme.
Plus d'un écrivain.
Plus d'un auteur.
Plus d'une demi-llcue.
Plus d'une reiuc.
Plus ,\s la têle.
Pins de cent pieds
Plus
de
six lieues.
l'ins
de
trente ans.
Plus
.n litre.
Plus
un bomme.
Plus
in liistc-.icn.
Plus
un romancier
Plus
in quart.
Plus
di
cent louis.
Plus
la moitié du
Plus
ine toise.
Plus grand Je deux pouces.
J'y prends plus d'intérêt.
Ha beaucoup plus d'arj;ent.
Il se conduit avec plus de sa;Aes« Oonnei quelque chose de plu.i.
Plus d'un témoin a dépose.
U a vu plus d'un médecin. Lssiiyer plus d'un désasiément
^ N° DCCXIY. ^^
Plus ET mieux.
L iiblic i'itJvuL U plus écrit que Fciicioa.
(LavsaijX.*
AVKC mieux.
Mais Fénclon a mie^^x écrit que l'abbé Prévit.
(Laveaux J
( 707 ) P/ws,dans la première phrase, tombe sur le nombre des volumes, et mieux, dans la seconde, a pour objet la perfection du style. Plus ne s'emploie que quand il s'agit d'extension, et mieux quand il s'agit de perfection. Ne dites donc pas comme quelques-uns : j'ai gagné jiieux de cent francs; cette terre vaut mieux de cent mille francs ; mais j'ai qagné plus de cent francs; cette terre vaut PLUS de cent mille francs.
EXERCICE PURASÈOLOGIQUE.
W n lu |.1m5 que vous.
J'ai plus (loriiii que lui.
J'ai jtlus LnivaiUé que roas.
£lle a plus il.in.ic qu'liier.
U a plus parlé que ce matin.
Il a plus écrit qu'liier.
Il a luioux lu que vou5.
J'ai niiout doriui que lui.
J'ai mieux traraille que vou].
Jtllc a mieux dansé qu'liier.
Il a mieux narlé que ce matin.
Il a mieux ccrit qu'hier.
>^^o. ^' DCCXV. »^^--
Plus ET davantage.
Plus.
11 est riche, mais son frère i'ci.1 plus que lui.
(ACADÉ.MIE.)
Il me semble que c'est plus par l'air que par les manières que les hommes sont gracieux.
(Girard.)
îl est plus humiliant de perdre ses conquêtes, qu'il n'était glorieux de les avoir faites.
(BOISTK.)
A la bataille de Régille, personne ne se distingua plus que ceux qui vinrent à l'appui de Marius.
(ROLLIM.)
La peau du rhinocéros est un cuir noirâtre de In même couleur, mais plus épais et plus dur que celui de l'éléphant. <,IiLt'FON.)
Davantage.
Il est riche, mais son frère i'est bien davantage,
(ACAUÉMIE.)
Quelque prompt que soit un mouvement, on peut en concevoir un qui le ioit davantage.
(Pascal.) Dans le champ de l'honneur il nous fautdu courage; .>Iais je vois qu'en ces lieux il en faut davantage.
(Ray>oi:ard.) Je n'ai fait en me débattant que m'enlacer davan^ lags. (J.-J. Rol'ssead.)
Le malheur qu'on mérite accable davantage.
(La Harpe.) La maladie altère un beau visage; La pauvreté change encor davantage.
(Voltaire.) La langue paraît s'altérer tous les jours; mais le style se corrompt bien davantage. (/d.)
Ces deux mots plus et davantage sont également comparatifs, et indiquent tous deux une idée de supériorité ; c'est en quoi ils sont synonymes. Voici en quoi ils diffèrent, du moins quant à leur emploi.
Plus demande toujours après lui un que, qui amène le second terme de la phrase comparative. Il est vrai que quelquefois l'usage permet de sous-entendre ce second terme et le que, ainsi qu'on l'a vu plus haut; mais ils n'en sont pas moins nécessaires pour l'intégrité de la pensée.
Btivuntage, au contraire, exprime par lui-même l'idée de supériorité. En effet, ce mot n'est autre chose que la réunion de la préposition de et du substantif avantage: Tu es savant, mais ton frère Vest davantage, c'est-à-dire tu es savant, mais ton frère l'est ve MANIÈRE A AVOIR l'avantage SLR TOI. Par Conséquent, davantage ne doit jamais être employé comme le comparatif p/us, c'est-à-dire qu'il ne doit jamais Otre suivi de mols complémentaircs qui le modifient. Ainsi, on ne dira pas: j'ai davantage d'argent, i/ paye davantage d'impositions, tu as davantage d'esprit ; ni, avec Malherbe :
Ceux ([ui te veulent mal sont ceux que tu conservp?*; Tu vas à qui le fuit, et toujours te réserves \ soulTrir en vivant davantagp, d'easuis-
Observez que nous disons ne peut jamais être suivi, car davanlagepoul être précédé de en, qui alors en est le vrai complément (1) (V. le troisième exemple de la deuxième colonne.)
Presque tous les grammairiens, possédés de la ridicule manie de prescrire sur tous les cas des règles absolues, ont répélé, comme à l'envi, après Girault-Duvivier, que davantage ne devait jamais avoir un de ou un que à sa suite. Toutes ces phrases seraient donc défectueuses :
Je suis flatté de plaire à un iionime comme vous; je le suis encore davantage de la bonté que vous avez. (Voltaire.)
Si vous êtes enchanté de M. le marquis de Mora , il l'est bien davantage de vous. (D'Alembert.)
Celui-ci me yen^e davantage des sottises d'autrui.
(CnAMPFORT.)
On remarquera davantage qu'elle suppose faussement qu'une seconde législature n'apporte pas le vœu du peuple. (Mirabeau.)
Dans les douze épîtres cependant, il s'agit davantage des habitudes du poète. (Daunou.)
Ne nous étonnons donc pas et ne nous effrayons pas davantage des reproches que les sciences morales ont encourus. (Guizot.)
Otez davantage dans toutes ces phrases, il vous restera flatté de, il me venge de, enchanté de, il s'agit de, on remarquera que. D'où l'on voit que ces de et ce que ne se rapportent en aucune manière au mot davantage, mais bien aux participes et aux verbes qu'il modifie. Donc la règle des grammairiens est fausse, ou du moins incomplète.
Ici les effets tiennent plus souvent à la phrase poétique; là ils appartiennent plus à un trait isolé, à un vers saillant. (La Harpe.)
Molière semble s'être plus attaché aux ridicules, et a peint quelquefois les formes passagères de la société. (Cuampfort.)
Molière me fait plus rire de mes voisins ; La Fontaine me ramène plus à moi-même. (Id.)
Le vulgaire est content s'il remplit son devoir: Il faut plus au héros, il faut que sa vaillance Aille au-delà du terme et de notre espérance.
(Voltairk.)
Ceux qui estiment plus... d'avoir été l'âme et le chef de la moitié de l'Kurope... ceux-là, sans doute, donneront le nom de grand à Guillaume plutôt qu'à Louis. (^<*-)
L'élégance de Racine plait davantage au goût, celle de Voltaire à l'imagination.
(La Harpb.) La Fontaine semble s'adresser davantage aux vices, et a peint une nature encore plus générale.
(Chami'fort.) Molière me venge davantage des sottises d'autrui; La Fontaine me fait mieux songer aux miennes.
{Id.) S'il est périlleux de tremper dans une affaire suspecte, il l'est encore davantage de s'y trouver complice d'un grand. (La Bruyère.)
Ceux qui s'étonnent davantage d'avoir vu un scut état résister à tant de puissances... ceux-là donneront à Louis XIV la préférence. (Voltaire.)
De plus ET davantage
AVEC davantage.
Elle est loi, et rien davantage. (Pascal.) Vous ne m'objectez rien davantage. (/d) Que fallait-il davantage? (Bossuet.)
Que désirez-vous davantage ? {Id.)
Je veux qu'un homme soit bon, elùen davantage. (La Bruyère.)
AVEC de plus
Celui qui a perdu la confiance ne peut rien perdre déplus. (Boiste.)
Amour et liberté, quels bienfaits! Ces animaux que nous appelons sauvages, parce qu'ils ne nous sont pas soumis, ont-ils besoin de plus pour être heureux? (Bui'fon.)
Que demandc-t-ellc à Dieu dans ses prières? sn grâce, rien déplus. (Flécuieu)
La première de ces deux séries de citations nous apprend qu'il est des circonstancci i)ù, pour aonner plus de variété au discours, davantage et plus peuvent s'employer in
(i) l.emare s'est donc trompé on avançant guc davantage était toujours sans complémeut
{ Tuy )
distinctement l'un pour l'autre. Et l'on voit, par la dernière série, que déplus peut remplacer davantage, et vice vcrsâ. C'est ce qu'aucune {jianiniaiie ne dit. Mais cela doit aisément se concevoir. Les {jranimairiens ont moins voulu ensei{îner la langue, et l'enseigner dans SOS moindres particularités, que faire briller leur savoir on plutôt leur subtilité d'esprit. De là ces omissions innombrables que l'on remarque dans tous leurs livres
La vivacité et le fcii, qui font le principal caracicre des yeux, éclatent davanlaije dans les couleurs foncées que dans les deini-leintes de couleur.
(BiFroN.)
L'àrne prise a'aianrajre le temporel ryî/c le spirituel.
(.Pascal.)
Je n'en veux pas davantage que cet aveu pour vous confondre. [td.)
Quel astre brille davantage dans le firmament, que le prince de Condé n'a fait dans l'Europe?
(BOSSLET.)
Que nous fallait-il davar.fajreîwe ces livres sacrés?
{Id.)
Je ne doute pas que cet excès de familiarité ne les révolte davantage que nous ne sommes blessés de leurs prosternations. (La Bruvèke.)
Ceux qui admirent <iaiaji?a7e le protecteur- . vue le [)erséculeur du roi Jacques, ccux-la donneron'. a Louis XIV la préférence. (VoLTAmE.;
11 n'y a rien assurément qui chatouille davantage que les applaudisscinonts; mais cet encens ne fait pas vivre. (Molière.)
C'e.st une belle idée de Thomas, que les imagei des olijels en mouvement plaisent toujours davantage que celles des olvets en repos.
'M"e Necker.)
Si mauvaise que fût la route que nous avions dédaignée, elle ne pouvait lèlre davantage que cc\[e où nous marchions.. (Albert Mo.nté.mont.)
Rien ne décrie davantage la violence des méchants que la modération des gens de bien.
(SAI>r-ÉvRE.lIO>'T.)
«Tous nos grammairiens, dit M. Planche, blâment ce davantage que; il a néanmoins pour lui des autorités assez respectables. » Nous ajouterons qu'il est peu d'écrivains, même parmi ceux du jour, qui n'aient employé davantage pour plus, et qui, par conséquent, ne l'aient fait suivre de que. Cependant aujourd'hui cet emploi est généralement regardé comme un solécisme, et les exemples que nous venons de citer, ainsi que ceux qu'on pourrait y ajouter, doivent être considérés comme autant de négligences de style ru'il faut bien se garder d'imiter.
plus que lui.
Plus que 5<m père.
Plus que SCS auiis.
plus que lui-nii'mp.
Plus qufson frire.
Plus que |)cre ri nièic.
Cela a|ijiarticnl plus au ror
EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE
Plus que h vie.
Plus que les étoiles.
Plus que la mer.
Plus que persiinne.
Plus que j.in,ais.
Plus que nu,i.
Cclui-ci me fait plus rtre,
K DCCXYI
Pire ET pis.
11 en a Javanta;;c.
Je lairne ilavaniaRc.
Cela uie pl.Tii .la v;mla^'e.
Je n'en sais pas ilavanlage.
On la,lmire<laranlaje.
Il nVn faul p.i, ,lavanla:c.
Cela appartieot davanla5e au roma'
Il ne s'est point corrigé, il est pire que jamais.
(Lli.UARE )
Louis XI était pire que Tibère. {Id.)
Souvent la peur d'un mal nous conduit dans un /u're.
(DOILEAU.)
Certes, il n'est vraiment ptVg eau que l'eau qui dort. (Fabue u'Églami>e.)
Qu'y at-il de meilleur que la langue? (ju'y a-t-il ôc pire? (La Fc-STAiNE.)
Craindre la mort est pire que mourir.
(BOISTE
Il se portait un peu mieux, mais il est pj* q:.a jamais. iLe.maue.)
Vous êtes pis (lu'un liéréiique. (Voltaire.) ... '-'a\arice Peut faire u.ins les biens trou\er la pauvreté. Et nous réduire a pis que la mendicité.
On fait pis en voulant mieux faire. Jalifret.)
Je me porte le /nioux (iu monde. Tant pis, uourrice, lantpi* Cette grande santé est a craindre.
(Î.IOLlIORE.j
II donne à ses confièics ce (|u'il y a de pire, afin de prendre pour lui eu qu'il y a de meilleur. (La Bkuyèui;.) ils prennent de la cour ce qu'elle a de pire.
{Id.)
Le métl in Tant-pts allait voir un malade. Que viMi til aussi son confrère l'ant-mù'M.r.
(La Fontaine.) Ce que je trouve de pis. — Il n'y a rien de pis que cela. (AcAiiÉMiE.)
Pire, adjectif, signifie plus mauvais on plus méchant, et est l'opposé de meilleur; pis, adverbe, veut dire plus mal, et doit s'opposer à mieux. Il ne faut donc pas confondre ce8 deux mots, et les employer l'un pour l'autre (1).
EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE
Ce »in-Ià est pire. Cela va de mal en pis. Il en dit pis que pendre.
Votre frère est pire que jamais. Tanl pis pour eux. Kt, qtn pis c«t, nicnleiir.
Un coup de langue est pire que. . . C'est encore pis On ne peut voir rien do pis.
— ^^ K DCCXVII. ^
Rien de moins et rien moins comparés.
Rien de moins.
Il ne faut rien de moins dans le monde qu'une vraie et naive impudence pour réussir.
(La Bruyère.) La Phèdre de Racine, qu'on dénigrait tant, n'était n'en de moins qu'un chef-d'œuvre.
(Marmontel.) Ecoutez bien cet homme, il n'est rien de tnoins qu'un sage. [Id.)
Rien moins.
Il n'aspire hrienmoins qu'à oblenir cette place; il ne l'accepterait point, lui fût-elle offerte.
(Marmontel.)
Ne le craignez pas tant, il n'est rien moins quî votre père. (Académie.)
N'écoutez point cet hom me, car il n'est n'en moins que sage. (Collin d'Aimbly.)
Première colonne. — // ne faut rien de moins qu'une vraie impudence veut dire que sans cela on ne réussirait pas.
Phèdre n'était rien de moins qu'un chef-d'œuvre signifie Phèdre était un chef-d'œuvre, et rien de moins que cela.
Cet homme n'est rien de moins qu'un sage, c'est-à-dire cet homme est un sage, et rien de moins que cela.
Deuxième colonne. — // n'aspire à rien moins qu'à obtenir cette place, c'est pour tl n'aspire à rien, et encore 7noins à obtenir cette place, ou, pour rendre raison du que, il n'aspire à rien moins qu'à ce que je vais dire, savoir à obtenir cette place.
(1) La plupart des écrivains, il est vrai, n'ont pas toujours tenu compte de cette distinction, et il n'est pas rare de trouver des exemples où ils aient fait usage de pire dans le sens de pis. En voici quelques-uns : La prose est pis que les vers. (Molière). Si ces ouvrages les ennuient, ce qui arrive souvent, ils ne les lisent point, ou, ce qui est encore pire, s'ils les lisent malgré eux, ils en conçoivent pour le reste de leur vie une grande répugnance. (Bern. de Sain i-Pierre). L'homme s'emiuie du bien, cherche le mieux, trouve le mal, et s'y tient crainte de piri:. (De Lévis). En voulant mieux trouver, souvent on trouve pire. (Grenus).
Mais comment les écrivains ne se tromperaient-ils pas sur ce point, lorsque les grammairiens et l'Académie elle-même ne sont pas exempts de reproche à cet égard !
En effet, ouvrez le Dictionnaire de l'Académie, la Grammaire des grammaires, etc., et vous y trouverez : liien n'est pis qu'une mauvaise langue. C'est pjre qu'il fallait, par la raison donnée par l'Académie, lue pire est pour plus tnanvuts: rien n'est plus mauvais qu'une mauvaise langue. V.n mettant pis, 0 est comme s'il y avait : Rien n'esf plus mm. qu'une mauvaise langue, ce qui ne présrntc aucun sens.
Boisle a également ru tort de dire : Les critiques, injustement acharnés contre les gouvernants , feraient comme eux, et pire encore. — Rendez grâce à celui qui vous nuil, de ce qu'il ne fuit pire, s'il le peut.
Quand les grammairiens pèchent eux-mêmes contre les principes (ju'ils établissent, les écrivains et le public se mettent à leur aise et emploient des locutions que la graminaiie peut réprouver, mais qu'uu long u&ago finit souvent par consacrer. Avis à tous nos grands faiseurs de règles!
// n'est rien moins que votre père, revient à il n'est rien, et encore moins ce que jo mu dire, savoir voire père.
Il n'est rien moins que sage est l'équivalent de il n'est rien, et encore moins ce que ji vais dire, savoir sage.
Ces analyses funt suffisamment ressortir, selon nous, la diiïérence qui existe entre les expressions rien de moins clricn moins. La première offre un sens affirma'.if, tanaia que la seconde présente un sens négatif.
EXERCICE PnRÂSÈOLOGiQUE.
Kicn Je moins vr.-ii.
hien de moins sur.
Penser a rien de moins qu'à...
Ce a'ètail rien de moins qu'uD roi.
Ne pen-er à rien moins qu'à ses alTairei. Ne [lenser a rien muio» qu'a. . .
Ce n'eljil rit-n mmos (|u'uii roi.
Ce n'était neu moins que mca ami.
^-^^ K DCCXYIII. C8^«**—
DU GALLICISMK à qui mieux mieux.
Adieu, monsieur, ma fille et moi nous vous aimons toujours ô qui mieux mieux.
(M"* UE SÉVIGNÉ
Le loup, en langue des dieux.
Parle au chien dans mes ouvrages, Les botes à qui mieux mieux \ funt divers personnages.
(La FOSTAI.NK.)
Voilà un gallicisme qui paraît avoir défié jusqu'ici les granmiairicns ; car ils se sor.t tous accordés à dire qu'il était impossible de l'analyser. Il nous semble pourtant aussi naturel que ces locutions : de plus en plus, de mieux en mieux, meilleur que le meilleur (1), Q\.Q.. Nous vous aimons à qui mieux mieux, c'est, selon nous, une phrase elliptique, et qui, ramenée à son intégrité, est pour : nous vous aimons de manière a ce que celle QUI de nous deux vous aime déjà mieux que l'autre, vous aime encore mieux.
Cette locution, comme on le voit, n'a rien que de très-simple et de très-logique. Et dire que les gallicismes sont des barbarismes , n'est-ce pas avouer qu'on ne les
comprend pas?
EXERCICE PBRÂSÈOI.OGIQVE.
Ils courent à qui mieux mieux.
Se critiquer a qui mieux mieux.
-.^ F DCCXIX. c^^
Le plus CO.MPARK A davantage.
Le plus.
Après les yeux, les itarties du visage qui contribuent le plus à marquer la physionomie, sont les sourcils. (Bt'FFON.)
l'rolésilas, qui est un peu plus âgé que moi, fut celui de tous les jeunes gens que j'aimai le plus.
(FÉNELO.)
Le désir immodéré d'amuser engage l'homme sociable à immoler l'absent qu'il estime le plus, a la malignité de ceux dont il fait moins de cas, mais qui l'écoulent. (Dcclos.)
Davantage.
Je ne sais lequel de ces deux exemples nous de-
vons admirer davantage.
(MorESQUSEU.)
On dcm'inda un jour quelle était la chose qui dallait davantage les hommes'' — Lespérance, répoiidil-il. iFknelo.n.)
Sur les ouvrages, vous rayez des eiulroiis qui paraissent admirables a leur aiileur, où il se complaît davantage, où il croit s'être surpassé lui-même. (La Bruvèuk.)
(1) Si j'étais en Angleterre avec du rhum des Varbudes et des citrons, je vous ferais dupuncU meim-ei'h QUB LE MEU.LKun vin de France. (Bern. de Saint-Pieure.)
Ln iii.iniup (i'un riiérilc extraordinaire est lie voir que ceux (ini l"eiiviciit le pliif: sont coiilr.iiiits de le louer. (La IIociiefoucaui.d.)
Un adulateur ins;(*nieux éiiiera les traces de votre amour projue, (]ui est le plus grniii! de tous les il.ilteurs, et ne inntu]uera pas de nous louer par le titre qui vous chatouille daiantage. (Boisie.)
Ces exemples l^mt assez voir que Je phis et duvnnlage , portant l'idée de supériorité ati jiliis h. ut degré, sont deux expressions qui ont absolument la même siffnification, et !iue les écrivains ont employées presque indifféremment. Les grammairiens, qui se plaibonl à tout aUaqtier, à tout interdire, la plupart du temps sans le moindre fondeiTient, n'ont pas manciué de s'élever contre l'emploi de davantage dans le sens de h plus; ils trouvent cet emploi vicieux et imposent pour règle que, toutes les fois qu'il y a une idée de supériorité dans la phrase, on doit se servir de le plus, d'où il suit que les citations de la seconde colonne seraient blâmables.
Pour nous, qui ne tenons pas registre des décisions de ces y)rétendus législateurs du langage, mais bien des faits que nous [)uisons aux plus pures sources de notre littérature, nous pensons qu'on peut, sans crainte, apiès Montesquieu, Fénelon et La Bruyère, employer à son gré le plus ou davantage.
EXERCICE PnnASÉOLOGIQUE.
CVsl i moi qu'on a donnr !.■ plus.
n y .T ti.nj.Mirs un nif.'ut ipi'ni. aintf [o plui.
Il j a lijujouis une ixiistc- niu' l'on caresse le plus
Kon, c'est a lui ([u'on en a donné il.ivanta^e Je ne s.iuiiiis vous diic le(|uel J'aiini' ilavantage. Dans le siècle nli nous vivons, c'e>t l'argent qui flatM davantai;c les liommcs.
Leplus, le mieux, /c moins, modifiant un verbe.
La pensée que vous avez de vous éloigner toujours et de voir que ce carrosse va toujours en -delà, est une de celles qui uie tourmentent le plux.
(M'ne DE SÉVIGNÉ.)
Triste destin des rois! esclaves que nous sommes Mtdes rigueurs du sort, et des discours des hommes, Nous nous voyons sans cesse assiégés de témoins, Kl les plus malheureux osent pleurer te n^oins.
(Uacine.)
On serait tenté de croire que les hommes qui .■'.massent le plus de matériaux ne sont pas ceux qui les mettent le mieux en œuvre.
(De lîOUFI'LEllS.)
C'est un phénomène moral qui m'a paru longtemps inexplicahle de voir, dans tous les siècles, l'athéisme naître chez les hommes qui ont le plus a se louer de la nature (IJkiin. de Saim-Pierue.)
On écrit aujourd'hui assez ordinairement sur les choses qu'on entend le moins. (P.-L. Couriek.) ,
Les gens les plus aimables sont ceux qui choquent le moins l'amour-propre des autres.
(La DiiuvÈRE )
Le nom de communes n'a jamais été donné qu'au peuple, ainsi qu'on peut le prouver jiar l'autorité des écrivains qui ont le mieux connu la valeur des expressions. (Bern. de Sain i -I'ierre.)
Toutes les fois que le plus, etc., modifie un verbe, c'est une expression adverbiale, où le, par conséquent, n'est pas siisce[>lible de varier. Supprimer l'arlirlc dans ce cas serait une faute. Dans les vers suivants, il aurait donc fallu le inoins : * .
Un fourbe, quand moins il y pense, Doit périr même par son art.