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ET

N° DCCLXXXVII. <^^—-

Et RÉPÉTÉ ou NON RÉPÉTÉ.

Et NON RÉPÉTÉ.

L'esprit, la science et la vertu sont les véritables biens de l'homme. (Dict. de Maximes.)

Elle sort pompeuse et parée,

(MALHEnBE.)

Les véritables sages vivent entre eux et tranquilles .

(VOLTAIUE.)

Et partout où coula le nectar enchanté, Coururent le plaisir, l'audace et la gaîté.

(Delili.e.) Ils meurent; de ces lieux s'exilent La douce rêverie et les discrets amours. (/d.)

Le sage est ménager du temps et des paroles.

On ne parla que de pinceaux, D'ombres et de couleurs, d images, de tableaux.

(La Harpe.)

Plus loin, le tambourin, le fifre eMa trompette, Font entendre des airs que le vallon répète.

^Saint-Lambert.) Quand Lucuilus vainqueur triomphait de l'Asie, L'airain, le marbre et lor frappaient Rome éblouie.

(Dei.im.e.) Les plaintes, les regrets et les pleurs sont perdus.

(Voltaire.)

Et RÉPÉTÉ.

El le riche et le pauvre, et le faible et le fort, Vont tous également des douleurs à la mort.

(Voltaire ) Une coquette est un vrai monstre à fuir; Mais une femme, et tendre, et belle, et sage. De la nature est le plus digne ouvrage.

(/d.) Quel carnage de toutes paris!

On égorge à la fois les enfants, les vieillards, Et la sœur et le frère, Et la fille et la mère.

Le fils dans les bras de son père.

(Racine.) Les plats sont mis sur la table divine Des belles mains de la tendre Euphrosine, Et de Thalie et de la jeune Égic, Qui, comme on sait, sont là-haut les trois Grâce? Dont nos pédants suivent si peu les traces.

(Voî.TAIttE.)

Le beau temps et la pluie, et le froid et le chaud. Sont des fonds qu'avec elle on épuise bientôt.

Des dieux les plus sacrés j'invoquerai le nom,

Et la chaste -Diane et l'auguste Junon,

El tous les dieux enfin. (Racinb.)

... Dans la saison d'amour.

Et l'épouse et l'époux ont le iiu'^me séjour.

Delillb.\

Lorsqu'on ne veut exprimer qu'une simple addition, il suffît d'employer un seul et,, qu'on place devant lo dernier mot additionné, comme dans les exemples de la première colonne.

Mais s'il s'agit d'agrandir, do grossir les objets, on multiplie les et, ainsi qu'on le voii dans les exemples de la deuxième colonne.

Souvent on so contente de distinguer par la ponctuation les parties énumérées j exemples :

!l avni) votre port, vos yeux, votre langage.

(Racink.)

Vous eiissfez vu tomber à bas Épaules, nez, mentons, cuisses, pieds, jambes, bras.

(Voltaire.)

Quiconque est riche est tout: sans sagesse il est sagj; Il a, sans rien savoir, la science en partage. Il fl l'esprit, lo cœur, le mérite, le rang, La vertu, la valeur, la dignité, le sang.

(BOILRAD.)

Vicieux, pénitent, courtisan, solitaire.

Il prit, quitta, reprit la cuirasse et la haire.

(Vqltairï)

L'emploi do et serait vicieux si, dans les parties énumércos, il y avait gradation, ou si \e dernier mot était récapitulant

Femmes, moines, vieillards, tout était descendu; LV(]uipage siiait, «oufr.ait, était rendu.

(La Fontaink.)

Je confesserai tout; exil, assassinats,

l'oison môme. (Racink.)

Comment se trouvc-t-il tant d'hommes qui, pour si pou d'argent, se font les persécuteurs, les satellites, les bourreawa; des autres hommes?

(Voi.tairk.)

Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue. (Racine.)

Quelquefois, pour plus de clarté, et pour éviter plusieurs sortes de et, on en supprime un, comme dans ces exemp'es :

Boileau fut tout à la fois la terreur, le fléau des méchants poètes, et le défenseur, l'appui des bons écrivains. (Dombrgck.)

L'homme est un assemblage de lumière et d'igno rat:ce, d'espérance et d'incertitude. (Pi.uchb.;

La coupe do la première de ces phrases en deux parties aurait été perdue ou insensible, si l'on avait dit : Boileau fui la terreur et le fléau des méchants poètes, et le défenseur ET l'oppui des bons écrivains

EXERCICE PHEASÉOLOGIQUE.

JbIoiit et <îe son bonlieur et de sa fortune. Et If> pleurs tt la rage. . .

Jaloux <lc son bonlipttr et de sa fortune Les pleurs et la rage. . .

K DCCLXXXYïlï

DES MOTS LIÉS PAR et.

Et rrciSBANT des substantifs.

L'AMBITION et I'avarice des hommes sont les leules sources de leur malheur. (Fénelon.)

L'harmonie e< son bruit flatteur sont l'ornement de la pensée. (Voltaire.)

Et UNISSANT DES ADJECTIFS.

Dans le fond d'un château, tranquille et solitairb, Loin du bruit des combats elle attendait son père.

(Voltaire.) Je me tranquillisais; oisive et solitaire, Je goûtais le plaisir de n'avoir rien à faire.

(Dorât.) Je m'en retournerai skclb et désespérée.

(Racinb.)

Et UNISSAIT DES VERBES.

0 puissante nnture. ô grande enphnntercsse! Tout ce que j'aperçois me coarme et rii'i>rÉRESSE.

(L\ Harpe.)

Le triomphe de la religion est ô(i consoler l'homme dans le malheur, et de mêler une douceur céleste aux amertumes de la vie.

(Marmontel.)

nt TMSSANT DES PROPOSITIONS.

Géndralement, les gens qui savent peu parlent beaucoup, et les gens qui savent bcaucoiin parlent peu- (J.-J. Rousseau.)

L'adulation enfante l'orgueil, et l'orgueil est toujours recueil fatal de toutes les vertus.

(Massillon.) Il fut témoin des regrets touchants qu'Eudoxe donnait à sa mère, et il en revint pénétré.

(Marmontel.)

La conjonction et no peut lier que des mots de môme nature, des verbes avec des verbes, des noms avec des noms, des adjectifs avec des adjectifs, etc., etc. Ce serait jeter du trouble dans les idées que de l'employer pour réunir, par exemple, l'état d'un être avec sa qualité : Louis XIV était hoi et fier, pour ne pas répéter il était fier. La phrase est même affaiblie par cette contraction ; les deux idées, les deux motifs qu'elle exprime, sont confondus. On veut dire : il était roi, de plus il était fier.

Cette réunion imprévue forme une disparate, un choc entre deux idées, plus désagréable encore lorsque Y et joint un substantif avec un verbe : Vous aimez le jeu et à gagner; dites : vous aimez le jeu et le gaix, d'autant mieux que vous satisferez l'harmonie par la suppression d'un dur hiatus.

Nous disons que la conjonction et lie des substantifs avec des substantifs, des verbes avec des verbes, etc. Mais celte liaison ne peut avoir lieu qu'en vertu d'une ellipse ; car quoique les conjonctions ne paraissent lier que des mots, elles joifjnent pourtant toujours, et ne peuvent jamais lier que des propositions. Dans cette phrase : J'ai lu Voltaire et Rousseau, il semble d'abord que la conjonction et ne lie que les deux noms Voltaire et Rousseau; l'analyse fait voir qu'elle unit deux propositions; car celte phrase est un abrégé de : J'ai lu Voltaire et (j'ai lu) Rousseau. C'est le désir d'être plus concis qui a introduit l'usage oîi l'on est de dire : J'ai lu Voltaire et Rousseau

La Bruyère a-t-il pu dire :

Un honnête homme qui dit : oui ET NON, mérite d'être cru. Son caractère jure pour lut. donne créance à ses paroles, et lui attire toute sorte de confiance.

Lemare condamne cette phrase. Voici son raisonnement: «On ne peut dire omi et » non que dans des temps différents. On peut dire oui sur une question, et non sur une » autre; mais, sur chaque point, c'est oui ou non qu'il faut dire, si en effet on veut mé- » riter d'être cru. »

Bien que ce raisonnement soit juste en lui-même, ce serait se montrer par trop sévère que d'en tirer la conséquence que la phrase de La Bruyère est vicieuse. Pour nous, nous la trouvons très-claire, et nous croyons même qu'elle perdrait beaucoup de sa force si on remplaçait et par ou. Ce que Lemare n'a pas même entrevu, c'est que celte phrase est elliptique, et qu'elle est un abrégé de Un honnête homme qui dit oui [quand il faut dire oui) et non [quand il faut dire non) mérite d'être cru. La Bruyère aurait cru faire injure à ses lecteurs en exprimant les mots que nous avons rétablis, et que tout le monde, Lemare excepté, peut rétablir comme nous

EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE

Lecliovp) ft rSne. î'igo Pt reserve.

La sasnsc cl la vertD. Kiches et pauvres.

Sa figiirr? me cliarme et mMntérPiise Savants «L it(noranta.

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