CAR, PARCE QUE
Car. I Parce que.
tant a vivre, ut tout un livre (La FowTAiNB.)
Bâte-toi de jouir, tu n'as pas tant a vivre. Là, tout est beau, parce que tout est vrai.
Je te rebatg ce mot ; rar il vaut tout un livre j ii.-B. Rocssbal.)
Les reines des étangs, grenouilles, je veux dire; Car que coûte-t-iî d'appeler Les choses par noms honorables?
(La Fontaine.) 0 doux printemps, saison des (leurs, J'aime ta première verdure; Car elle annonce au laboureur Tous les bienfaits de la nature.
(Aimé Martin.) Je pense, donc Dieu existe; car ce qui pense en moi, je ne le dois point à moi-même.
(La Brdyère.) Le peuple se figure une félicité imaginaire dans les situations élevées où il ne peut atteindre, et il croit [car tel est l'homme) que tout ce qu'il ne peut avoir, c'est cela môme qui est le bonheur qu'il cherche. (Massillon.) D'un masque étudié craignez la tromperie; Car si vous jugez sur la peau Ou sur quelque autre singerie, En homme, vous prendrez un loup pour un agneau; Vous aurez pour un ange, en femme, une furie. (François de Necfchatkac.) II ne se faut jamais moquer des misérables; Car qui peut se vanter d'être toujours heureux? (La Fontairb.)
Et parce çu'elle meurt, faut-il que vous mouriez 7
(Racine.)
Il y a dans quelques femmes un esprit éblouissant qui impose, et que l'on n'estime que parc* qui\ n'est pas approfondi. (La Bruyère.)
M. de Montansier était respecté, farce çu'il était juste; aimé, parce qu"i\ était bienfaisant; et quelquefois craint, parce qu'W. était sincère et irréprochable. (Fléchibr.)
Non, il eat question de réduire un mari
A chasser un valet dans la maison chéri ,
Et qui, parce qu'W plaît, a trop su lui déplaire.
(BOILEAC)
Elle commande, et elle est obéie plus prompteraent que ne serait un monarque, parce que l'intérêt est le plus grand monarque de la terre.
(Montesquieu.)
Il n'y a point d'homme plus près du matérialisme que le métaphysicien, parce que l'analyse qui Tégare est née de l'orgueil et de la faiblesse de l'esprit humain. (Bern. de Saint-Pierre.)
Jean-Jacques Rousseau a été fort persécuté, parc» çu'il prenait le parti des malheureux. (/d.)
Car et parce que marquent tous deux une idée de cause ; mais le premier se rapporte à celui qui parle, le second à l'action, quel qu'en soit l'agent.
Un lièvre en son gtte songeait ; Car que faire en un gîte, à moins que l'on ne songe?
(La Fontaink.)
Car, c'est-à-dire ma raison est (et non pas la raison du lièvre) qu'on ne peut rien faire dans un gîte, à moins de songer.
L'art de l'écrivain, dit très-bien Lemare, consiste surtout à se servir du terme propre. Il ne faut donc rien négliger pour bien connaître la valeur et l'emploi des mots les plus importants de notre langue.
Qu'on lise les bons auteurs, on y trouvera peu de parce que, même en prose; et beaucoup de car en prose et en vers, à moins que ce ne soit dans la poésie élevée.
Allez au barreau, ce ne sont que des car.
Tout semble rassemblé contre nous par hasard. Je veux dire la brigue et l'éloquence, car
Se passer toute sa vie de car/ ceux-là ne parlent donc pas? « Car, dit Vaugolas, est un » mol sans lequel on ne peut raisonner, et qui n'est pas moins nécessaire au tliscouis » que le feu et l'eau ne le sont à la vie . »
« Quelle persécution, dit aussi La Bruyère, le car n'a-t-il pas essuyée? et s'il n'eût trouvé » de protection parmi les gens polis, n'ctait-il pas banni honteusenKint d'une langue à » qui il a rendu de si longs services, sans qu'on sût quel mot lui substituer? »
Car et parce que peuvent-ils quelquefois s'employer indifféremment l'un pour l'autre?
Nous ne le pensons pas. Cependant, quand celui qui parle est aussi celui qui agit . car et parce que peuvent se substituer quelquefois l'un à l'autre.
Je te rebats ce mot, c\k il mut tout un livre, ou parce Qo't7 vaut tout un livre; mais l'un ou l'autre est meilleur, selon l'idc, qu'on a dans l'esprit.
Parce que, dit Voltaire, est une conjonction dure à l'oreille et traînante en vers; il f^^ut toujours l'éviter ; mais quand il est répété, il devient intolérable
EXERCICF PURASÈOLOGIQUE.
Il lie laiit (las (aire Icllt diosc, car Die. le HcfcnJ. Je le veux bii-n, parce lue cela est juatc.
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