SOIT
Soit RÉPÉTÉ AVEC OU SANS que.
Soit.
N'en douiez poinl,sci;:neur, soil raison, soit caprice, Rome ne l'attend point [tour son impératrice.
(Racine.) Soit la hardiesse de l'entreprise, soit la seule présence de ce fîrand homme, soit in protection visih'e du ciel, il étonne par sa résolution.
(Flécuier.)
Soit que.
Soit que je n'ose encor démentir le pouvoir De ses yeux où j'ai lu si longtemps mon devoir; Soit qu'à tant de hienfaits ma mémoire lidèle i>ui soumette en secret tout ce que je tiens d'elle Mon génie étonné tremble devant ie sien.
(Racï>b.)
Un in.il funeste et contagieux se rt^pandit et s'éclinuffa dans les principales villes de Normandie; soit que l'intempérie des saisons efit laissé dans les airs quelque maligne impression, snit qu'un covonieree f.ilal y eût apporté des pays éleif^iiés, avec de fragiles richesses, des semences de maladie et de mort, Aotf que lange de Dieu eût étendu sa main pour frapper cette malheureuse province.
(Flécbier.)
Soit se répète ordinairement dans la môme phrase, et l'on dit soit raison, soit indifférence. Ivorsque soit est accompagné d'un verbe, on le fait suivre de que : soit qu'il le fa^se, SOIT qu'il ne le fasse pas.
La fortune, soit bonne ou mauvaise, soit passagère ou constante, ne peut rien sur l'Ame du sage. (Marmontkl.)
Soit en bien, soit en mal, mon ami, la prudence Dit qu'il faut rarement juger sur l'apparence.
(Chéron.)
-^^^o N° DCCCIII. o?^^*
Soit REMPLACÉ PAR OU.
Ceux qui ont leur fétiche avec eux, soit qu'ils ie portent aux jambes ou aux bras, l'arrosent d'un peu devin. (La Harpe.)
Avant de commencer la guerre, les sages peuvent s'y opposer; mais dès qu'elle est déclanU'. soif 7u'on la trouve juste ou injuste, il ne doit plus ?xister fju'une volonté; chaque citoyen se doit tout entier à sa patrie. i^Ségur.)
Quelquefois on sous-entend le second soit, et on se sert de 1;î conjonction ou ; soiT Qv'il le fasse oc qu'il ne le fasse pas.
Nous disons qu'on sous-entend le second soit, car ces phrases sont elliptiques : soit Qu'ils le portent aux jambes, soiT Qu'ils le portent aux bras, suit Qu'on la trouve juste, ou SOIT Qu'on la trouve injuste.
Les grammairiens qui prétendent que ou est là pour soit ne savent donc es qu'ils disent; pour les convaincre de leur erreur, il nous suffira sans doute de produire cet exeoiçle tiré d'un de nos anciens écrivains :
Soit pour courir ov soit pour arrêter. Salel, 1343.
Laveaux pense qu'il y a une grande différence entre soit réjlexion, soit instinct, et SOIT réjlexion ou instinct. Il lui semble qu'on répète soit pour marquer une liaison plus forte entre la première proposition et la troisième. On dit donc : soit Qu'il dorme, soiT Qu't7 t;ei7/e, il a toujours le visage enflammé. Il y a ici liaison intime entre les deux premières propositions et la troisièn.e, il y a une simultanéité d'état dans les deux cas. Mais on dira: soit Qu'il ait de l'appétit ou Qu'il n'en ait pas, il croit toujours qu'il est malade. Ici la liaison n'est pas intime, il n'y a pns simultanéité d'état; c'est seulement une opinion qui résulte également d'une circonstance ou d'une autre.
EXERCICE PBRÂSÉOLOGIQUE.
Soit vertn, soit courage. Soil vrrtu on couraRF.
Soit qu'il sorte, soit qu'il entre. .Soit qj'il sorte oia qa il ent;e.
— ^.^^ N° DCCCIY. ^^^—