DES JUREMENTS OU JURONS INTERJECTIFS
Parbleu! tu jugeras toi-même si j'ai tort.
(Molière.) ... Puisque à se ruiner on se fait tant d'honneur, Corbleul j'y vais aussi travailler de bon cceur! (Destoucues.) Morbleu! dit un vieux seigneur, l'état n'est plus gouverné. Trouvez-moi maintenant un ministre comme M. Colbert. (Montesquieu.)
Ohl ventrebleu! faut-il que la jeunesse Apprenne maintenant à vivre à la vieillesse.
(Regnard.)
f^ertubleu! mon neveu, comme vous êtes brave.
(Destouches.) Têtebleii! ce me sont de mortelles blessures, De voir qu'avec le vice on garde des mesures !
(MoliSre.)
Maugrebleu du geste ! (PirôN.)
Tubleu! quelle caresse !
(Destouches.) Palsambleu ! je suis bien nourri.
(Regnard.)
La religion défend de jurer en vain par le nom de Dieu, et même par celui d'aucune créature. On sait que des lois très-sévères ont été portées et exécutées autrefois contre les blasphémateurs. Mais comment conci'ier ce commandement avec les mouvements impétueux de la colère, avec le désir de persuader ce qu'on a besoin de faire croire I Les Français ont pris un biais, et avec le mot bleu ils ont formé une foule de jurons et d'imprécations qui n'ont aucun sens par elles-mêmes, et qui tirent toute leur valeur du ton plus ou moins véhément, du sentiment plus ou moins vif de celui qui les prononce.
Varbleu, morbleu, cor bleu (1) sont en usage parmi les gens du bon ton : ventrebleu, vertubleUy têtebleu, tubleu, moins usités, sentent le ^ro5 homme; palsembleu est villageois. Dans le style campagnard il existe une foule d'expressions de cette nature, telles que pardi, pardié, pardienne, mordié, morgue, mordienne, morguenne, testidié, tatigué, etc. On le.s trouvera ea lisant les comiques
DES ONOMATOPÉES, DES MIMOLOGISMES , etc.
Il est allé trouver ce chien d'avare, ha, ha, ha, ha! il lui a dit qu'en se promenant sur le port avec son fils, ht, hi, hii ils avaient vu une galère turque.
(Molière.) Ta, ta, ta, ta, voilà bien instruire une affaire : Il dit fort gravement ce dont on n'a que faire. Et court le grand galop quand il est a son fait.
(Racine, ^
Prenez une guitare. — Que veux-tu que j'en fasse? j'en joue si mal. — Avec le dos de la main, from, from. from. (Bkai marchais. 1
Je vis défaire la petite malle devant moi; ei en même temps frast, frast, je démêle le mien, et je vois (jue vous vous portez bien.
(M""= DE SÉVIOÉ.)
Madame se trouve-t-elle incommodée? Zestl en deux pas te voilà chez elle. jMonsieura-t-il besoin de moi? cracl en trois sauts je suis dans sa chambre.
(BJBAGMARCHAIS.J
OÙ étais-tu donc?
aahl
Monsieur, j'étais ah, ah, (Beaumarchais.)
Et chi, et cha, l'un m'éternue au nez, l'autre m'y bâille. {Id.
Ils passaient au travers de Nanterre. tra, tra. Irai ils rencontrent un homme à cheval, y are, gare'. lM"« DE Sévigné.} J'ai entendu poufl c'était un matelas.
(Lemare.) Pot4f! il faut l'avouer, vous avez, à mon gré, La présence d'esprit au suprême degré.
(Kegnard,?
Le mâle de la caille fait ouan, ouan, ouan, ouan; la femelle a un petit soo tremblant, cri, cri.
(BUFFON
Dans les articles précédents nous avons examiné les différentes sortes d'expressions qui composent le style interjectif; les unes, interjections pures, ne sont que des signes de sensations; les autres, noms, adjectifs, verbes oii adverbes, sont à la fois des signes de sensations et d'idées. 11 existe une autre classe d'expressions que les grammairiens ont rangées, mais avecbien peu de discernement, au nombre des interjections, ce sont les onomatopées non passées à l'état de mot, les mimologismes ou imitations du langage de quelqu'un, enfin certains cris ou effets vocaux. Il suffit de réfléchir un instant pour reconnaître combien ces expressions diffèrent des interjections ; ce ne sont pas des signes de sensations.
Ha, ha, est plus éclatant que hi, hi; mais on trouve aussi hé hé.. . pour signe graphique du rire.
(1) Il ne faut que consulter nos anciennes chroniques pour se convaincre que parbleu, corbleu, morbleu , sont des altérations et des contractions de par Dieu, par le corps de Dieu, par la viort de Dieu.
Par ma foy. Domine , si vous voulez soupper avecques moy, par le corps Dieu; cor Dieu, dit le maislre d'hoslel. (Rabelais.)
N'arez de moi, par le cors Dé, Fors cote et sercot de cordé.
(Ro.\iAN de la Rose.)
Il en est de môme de tubleu, vertubleu, têtebleu, mauyrebleu, palsamblcu, etc., qui se sont formés de par la vertu de Dieu, pur la tète de Dieu, par le mauvais gré de Dieu, par le sang de Dieu, etc.
Ce qui prouve que c'est bien la l'origine de tous ces jurements, c'est qu'on lit dans le glossaire de la langue romane par Roquefort que corbieu, cordimt soui uue syncope de far le corps de Dieu.
/'", tn, ta, ta est un mimologisme ou une imitation de la vitesse déplacée de l'avocat dont on parle ici.
Zest peint la lc{;rroté de la course , crac le bruit de quelque chose qui cède avec effort, qui craque enfin. Ce monosyllabe est pris au figuré dans les vers suivants:
Le brusque philosophe en ses somores humeurs Vaiiieaicnt contre nous élève ses clameurs.
Une belle paraît, lui sourit et l'agace,
Crac! au premier assaut elle emporte la place.
(Destouchbs.)
Ali, ah, aah! sont articulés par une personne qui bâille.
Et chi, et cha, peinture graphique de l'éternuemeat.
Tra, tni, tra, imitation du bruit de la course.
Poit/" représente ie bruit que fait la chute d'un corps mou. Dans les vers de Regnard, ce monosyllabe fait entendre que celui à qui l'on s'adresse a fait unc'balourdise, une chute w or aie.
Enfin, ovAin, ouan, est, comme le ditBuffon, le criimitatif du mâle do la caille, et en, cri celui de la femelle.
Nous bornerons là ces citations; nous terminerons en disant que dans nos meilleurs chansonniers, Béranger, Désaugiers, de Piis, etc., on trouvera une foul'e d'imitations de certains bruits : les f!on flou des violons, les /;an pan des bouchons, le tic toc des brocs et le drelin-din-din des verres, etc.
FliN.
TAULE iVLl»llAr,ÉTIOUE DES MATIÈRES.
4 (Il n'y), suivi du subjonctif. 656
4, Nombre des substatilifs après celle préposition 143
Abattu, participe 687
Absolument 14
Absoudre 553
a cause que 836
Acception 14
Accord 14
Accordé, participe 693
AcQETÉ, participe 700
Acquis, participe 700
Activement 14
Adhérant, Adhérent 677
A moins que, suivi du subjonctif 641
ADJECTIFS (Origine des) 18
— Leur nature 187
— Leur définition 187
— Qualiticatifs 187-188
— Déterminatifs 187
— Verbaux 188-668
— Pris substantivement 98
— Leur genre 189
— Leur nombre 189
— Formation de leur /Vmtntn 190
— De toute terminaison 190
— Terminés en e muet 191
— Terminés en x 192
— Terminés par /■ 193
— Terminés en eur 194
— Terniinés en el, en, et, ou 196
— Dont le masculin a deux formes 197
— Terminés par un c 198
— Dont le féminin est irrcgulier 199
— Exprimant des qualités attribuées aux
hommes 200
— Formation de leur pluriel 200
— En al 203
— Leur syntaxe 203
— Accord avec un substantif 205
— Accord avec plusieurs substantifs 206
— Accord avec plusieurs substantifs de dif-
férent genre 206
— Avec deux substantifs liés ou non liés
par er .. 207
— Précédés de plusieurs substantifs et ne se
rapportant qu'au dernier 208
— Précédés de plusieurs substantifs liés par
ou 209
— Particularités qui leur sont relatives... . 209
— Leur accord avec le substantif qui pré-
cède ou suit la préposition de 211
— Précédés de plusieurs substantifs liés par
ainsi que, comme, aver, ctc 212
— Feu, nu , demi, excepté, passé, vu, y
compris, ci-joint, ci-inclus, franc de port, etc 213, 214
— Bruche et posiihlo - 210
— Violette, pourpre , vert - doré, cendré,
aurore , marron, carmin, etc 217
— Composés, bleu^clair, châtain-clair , etc. 217
— Nouveau-nés, demi-morts, etc 218
— En rapport avec le mot air 220
— Pris adverbialement. . 222
— En rapport avec un substantif non ex-
primé : endokmi sur le trône, le poids
de sa couronne, etc 223
— Beau, belle, bonne, avoir beau, l'échap-
per belle, etc 224
— Place des adjectifs après le substantif. . 226 ■
— Leur régime 228
— Suivis de la préposition d 228
— Suivis de la préposition de 229
— Suivis de différentes prépositions 230
— Construits avec il est 230
— Demandant après eux des prépositions
difTérentes 231
■ — Ayant quelque ressemblance, mais dont
la sigriificdiion diffère 231
— Convenant les uns aux personnes, les au-
tres nu\ choses 232
— Leurs modifications pour exprimer les di-
vers degrés de signification 233
— Employés dans les comp.irai.'ons d'égalité. 234
— Employés dans les comparaisons de su-
périorité 234
■ — Exprimant par eux-m/^mes une idée de
supériorité ou d'infériorité 235
— Formation (ies su[)L'rlatifs 236
— Manière «l'énoncer le superlatif relatif. . 237
— Précédés de le plus, le moins, le mieux.
ou de les plus, les moins, les mieux. i-lv. 238
— Susceptibles ou non susceptibles de com-
paraison 239
ADJECTIFS DÉTER.MLNATIFS 240
— Leur nature, leur définition 240
— Leur ecnploi et leur syntaxe 243