‹ Grammaire nationaleChapitre 65 sur 643 · T110.MAS · texte numérisé non relu

T110.MAS

Mademoiselle de Schurman , née à Cologne cn IC06, était peintre, musicienne, graveur, sculpteur, PHILOSOPHE, GÉOMÈTRE, tliéologicnnc même; elle avait encore le mérite d'entendre et de parler neuf langues différentes. (Biographie umv.)

Les femmes n'eurent pas seulement des cours d'amour, elles devinrent aussi magistrats , cn possédant des seigneuries , et exercèrent la juridiction des fiefs dans toute leur étendue. (Id.)

Les ouvrages de mademoiselle Williams la font regarder tour à tour comme poète et comme historien.

(M"" Briquet.)

Les passions sont les seuls orateurs qui persuadent toujours. (Larochkfoucauld.)

Les femmes poètes sont mauvaises ménagères : la rime s'accorde mal avec l'cconoinie.

(Boistb.)

Chimène dit à Rodrigues :

Va, je suis ta partie et non pas ton bourreau.

(Corneille.)

Venez, mesdames, être témoins du triomphe de la philosophie. (Marmontel.)

J'apprends avec plaisir tout ce qu'on publie à la gloire d'une fille célèbre, Anne de Beris, et aujourd'hui PROFESSEUR dc rliétoriquo. (M"" Briquet.)

Elle fut sa nourrice , elle devient son guide.

(Legouvé.)

L'aWessedeFontevraultestcHEFetcÉNÉRAi. de tout l'ordre. (Académie.)

Mademoiselle d'Eon fut mise à 14 ans au collège Mazarin. On ignore les raisons qui engagèrent ses parents à lui donner l'hidiit d'homme. Elle l'ut reçue DOCTEUR en droit civil et cn droit canon , et enfin AVOCAT au Parlement de Paris.

(Biogr. des fem. célèb.)

Les femmes polissent les manières , elles donnent le sentiment des bienséances , elles sont les vrala PRÉCEPTEURS du bou ton et du bon goût.

(Legouvé.)

Hypathia enseignait elle-même la doctrine d'Aristole et de Platon ; on l'appelait le philosophe.

(Chateaubriand.)

La sagesse est le tyran des faibles.

(Vauvknarguks.)

Plutôt VERSIFICATEUR que poètc, madame deMandelot a chanté dans des pièces généralement asseï brèves les plaisirs champêtres. (Mahul.)

Madame Dacier est un des plus fidèles tkadug- TKURS d'Homère. (Girault-Duviviib.)

Ici se présente une grande difficulté dont le manque de solution a toujours fait époque dans les annales grammairiennes. Comment se fait-il, s'écrient nos grammai riens, que la langue française se soit mise en opposition avec toutes les autres langues, en laissant au masculin tous ces noms auteur, amateur, docteur, géomètre, général, graveur, professeur, philosophe, poète, traducteur, etc., lors même que ces noms désignent des femmes?

Avant d'essayer de rendre raison de celte masculinité qui paraît inexacte, qu'il nous soit permis d'expliquer quelques exemples bien connus, où le genre féminin a été

employé, et dont on s'est toujours servi pour accuser d'erreur ou d'arbitraire la masculinité précédente.

Vais-jc épouser ici quelque apprentie auteur.

{Boiîeau.

«A Paris, le riclie sait tout; il n'y a d'ignorant que le pauvre. Cette capitale est a pleine d'amateurs et surtout d'amatrices qui font leurs ouvrages, comme M. Guil-

• laume faisait ses couleurs. » (J.-J. Rousseau.)

« J'aime mieux m'abstonir de caresser les enfants que de leur donner de la gêne ou

* du dégoût. Ce motif, qui n'agit que sur les âmes vraiment aimantes, est nul pour « tous nos docteurs et doctoresses. » (Idem.)

De lui sourire au retour ne fit faute,

Ce fut la peintre. On se remit en train. {La Fontaine.)

A votre fille ainée On voit quelques dégoûts pour les nœuds d'hymcnée : C'est une philosophe enfin. (Molière.)

Page 1