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MOTS ITALIENS

Les mots empruntés à la langue italienne peuvent être classés comme les mots la tins; c'est le même principe qui préside à la détermination du caractère qu'on doit leur attribuer.

1° Exemples de mois italiens qu'un long usage ou l'oubli du sens original a rendus français, et qui sont dès lors soumis aux règles de noire oriliograplie.

Alto, (instr.) — Il y a quatre altos dans cet orchestre.

Apoco.

Bravo. — Des bravos.

Concerto. — Des concertos.

Domino. — Des dominos.

Finale. — Des finales.

Imbroglio. — Des imbroglios.

Numéro. — Des numéros.

Opéra. — Des opéras.

Oratorio. — D05 oratorios.

l'iaiio [suhsl. insirument). — Des pianos. — (Voyez le paragrapiie suivant.)

Soprano. — Des sopranos.

Ténor. (Ce mot a même perdu l'e final.) — Des té nors.

Trio. — Des trios.

Zanni. (Nom d'un personnage de la comédie italienne.)

Zéro (1) — Des zéros. — Etc.

2° Exemples de mots italiens employés avec rinicntion marquée de faire un emprunt à la langue italienne, et qui n'admettent aucun des signes accessoires propres aux mots français.

^dajto. (subst. et adv.) — De$ adagio. | Jxirgo.

Allegro, (id.) — allegro. Piano (subst. et adv. Voyez forte.)

Àndante. (subst. et adv.). Des andante. ' Piano-forte ou Forte piano (instr.)

Crescendo, (id.) Far niente (le).

In petto, (toc. adv.)

Forte. (suLst. et adv.) — Observer les piano et les forte.

Franco.

IS'ota. Il est évident que l'adjonction de /"orfc rend au premier mot sa physionomie italienne.

Presto, (subst. et adv.)

Opéra séria et opéra bu/fa. — Même motif que pour ptano-forte.

Yivace, doice, etc.

Observation. Les mois italiens employés comme termes de musique, tendent peu à peu à devenir français , parce que la langue à laquelle ils appartiennent est plus ou moins familière aux personnes qui cultivent cet art. On affecte même assez généralement

(1) Les mots concetti, lazzi, tout-à-fail naturalisés dans notre langue , sont des pluriels en italien. Si l'on dit quelquefois abusivement un concetti, un lazzi, la grammaire doit s'eirorccr de justifier cet emploi par l'ellipse, [un de ces mots qu'on appelle concetti, un de ces gestes qu'on appelle laz:i\, pluK)t que d'avouer une entière ignorance de la langue qui est, après la nôtre, la plus répandue des langue européennes. Ainsi , jamais ces deux mots , quoique devant s'écrire en romain , ne prendront le signe du pluriel. — Dileltanti n'est pas, il s'en faut , d'un usage au.ssi général ; plusieurs même le considèrent comme un mot purement italien , et disent au singu ber dilettante : doit-on les imiter? — Il ne fiiuilia't pas étendre ce qui vient d'être dit , aux mots latins duplicata, agenda j car l'usage, en les employant aussi souvent au singulier qu'au pluriel sans aucun changement de forme , a, pour ainsi dire, consacre l'oubli de leur origine.

d'employer les mots italiens pour certaines indications auxquelles les mots français conviendraient tout aussi bien, et mieux peul-ôire; ainsi la plupart de nos compositeurs écrivent sur leurs partitions : flauii, ol/oe , fagotli , corni, violini, etc. , au lieu de fîûies, haïubois, bassons , cors, violons, etc. A tout prendre, ce genre d'affectation n'est pas sans utilité pour la grammaire, puisqu'il sert à déterminer le véritable caractère des mots plus fréquemment usités.

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