‹ Grammaire nationaleChapitre 96 sur 643 · A. CHÉN1E · texte numérisé non relu

A. CHÉN1E

Quel coloris brillant et tendre !

Non , non , à ce charmant morceau Un estimateur de tableau Ne pourra jamais se méprendre.

(de Jouy.)

Le sucre, qu'aux jours de Louis XIV on ne trouvait que chez les apoUiicaires , a donné naissance à diverses professions lucratives, telles que les pâtissiers du petit four, les confiseurs, les liquoristes, et autres marchands de friandise.

(Brillât Savarin.)

J'aime fort les journaux quand ils sont bien écrits. Ah , parbleu ! croyez-vous, répondit rhôtelHer, Que je m'amuse après ce fatras de papier! Ce n'est pas en lisant que je fais mon commerce.

(ASDIIIKUX.)

Semez, semez de narcisse et de rose.

Semez la couche où la beauté repose.

I^Lamartirb.)

EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE

NOMS 9INGULTl-ns D«t chaîne" d'or.

De9e«rcu«il9 le plomb.

De» cercueils dVl^in.

■Dei oileuri lie bannie.

Dei b»lon» de raiinelle.

Des actes de bassesse.

Des rèples A<t bienséance.

Des droits de péape. De» homme» de mérite.

De» hommes de mer.

De» pots de b isilic.

Dil mesures de fromint Des boisseaux de bl».

I^'es robes d'Alé.

Beaucoup de lait.

Peu de tiuiifre.

Trop de démence.

Plus d'audace.

Moins de fortune.

Combien de timidité.

Que de »iande.

Plein de roge.

Rempli d'eau.

Couvert de neip*.

Kttvironné d'estime.

Se nourrir de gibier.

Vi're d'amour.

Se repallre de Tenl.

8« bercer d'espéranri'.

Se uourrir de lait.

Se couvrir de gloire.

NOMS Pr.URlFl.S Une haie de broussailles.

Dn enins de décombri .s L'ne noie de frais.

Un magasin de liardi's.

Vn tas de matériau».

Une paire de pinrcltes.

Une nuit de ténèbres.

Une cai»»e d'épargnes.

Un asent d'jlTaires.

Une pension de femmes.

Un pot de cortfitures.

Une mesure de haricots.

Un pied d'oeillet».

Des bouquets de roses.

Beaucoup de soldai».

Feu d'oiitei.

Trop d'ami».

Plus de citoyen».

Moins de conTi»e» Combien de racine».

Que de bijoux.

Plein de prèjugcl.

Rempli de fautes, t^ourert de haillon».

Envlrunné d'embûches Se nourrir de légumes.

Virre de préjug.s.

Se rep.iitre de eliinière».

Se bercer d'idée» riantes.

Se nourrir de fruits.

Se couvrir de del'es.

NOMS smr.uLTFRs

Des boutons d'argent.

Tes barres de fer.

Pes coloniit'S d'airain.

Te» eilraits de penifire.

Des srnlinienls d'aniertiinie.

Des témoignages de boiili'

De» compliment» de condoléan

Des bottes de paille.

Des vases de Icrre.

Des lorreiUsde pluie.

De» lonniaux de vin.

De» paquets d'amadou-

De» bouquets de jasmin.

De» habits d hiver.

Beaucoup d'eau.

Peu de pain

Trop de monde.

Plu» de vin.

Moins de blé.

Combii-n de sévérité

Que de gibier.

Plein (l'orgueil.

Rf mpli de poussière.

Couvert d.' Iionle.

Environné du monde.

Se nourrir de fromage.

Vivre de bonne cllére.

Se repaître de fumée.

Se couvrir de confusion.

Mourir de faim.

Manquer de raison

NOMS l'LUUTKT.S.

Une paire de eisenui.

L'n jour de liançaille».

Un jour de funérailles, l^n lieu d'tnimondicc».

l'n plateau de moucbeU"t.

Un lorrenl de pleurs.

Un mapsin de vivre».

Une caissf de retenue».

Un combat de cog»

Un pol d'œillel». Une salade d'orange».

Une botte d'allnmelles.

Une purée de lentille».

Un paquet île clefs.

Beaucoup de pomme».

Peu de maisons.

Trop de personne».

Plus de richesse».

Moins de légume», ('ombien d'épine».

Que d'herbages Plein de défauts.

Rempli d'herbes.

Couvert de diamants.

Environné de tables.

Se nourrir de h nlillc».

Vivre de racines.

Se repaître d'illusions.

Se couvrir de haillons.

Mourir de coups.

Manquer d'alimcnl»

NOMBRE DES SUBSTANTIFS APRÈS LA PREP0SITI0.\ de PRECEDEE D'UX NOOÏ caLLECTI!

i'^ SÉRIE. — SINGULIER.

Cid! quel nombreux essaim d'innocentes bead'tés , S'offre à mes yeu.x. en foule, et sort de tous côtés !

(Racine.)

!1 me sembla voir dans un vaste portique une multitude d'iioMMES rassemblés ; ils avaient tous quelque chose d'auguste et de grand. (Thomas.)

Henri, de tes enfants fais un peuple de frères. (Cas. Delavicnk.)

Cent tonnerres qui roulent et semblent rebondir sur une chaîne de montagnes , en se succédant l'un à l'autre, ne formenlqu'un mugissement qui s'abaisse, et qui se renfle comme celui des vagues.

(Marmontel.)

Le lit profond des torrents était borde d'un nombre effrayant d'ANiMAUX doux , cruels , timides, féroces , qui avaient été submergés et rcvomis par les eaux.

SiOD, repaire affreux de reptiles impurs, Voit de son temple saint les pierres dispersées.

(Racine.)

La multitude des lois est dans un état ce qu'est le grand nombre de médecins , signe de maladie et de faiblesse. (\'oLTArnK.)

Les murs dos corridors funèbres étaient bordes d'un triple rang de CERcpEiLS, placés les uns au-dessus des autres. (Chateaubriand.)

Une fiiule d'ENFANTs autour de lui s'empresse , El l'annonce de loin par des cris d'allégresse.

(St-Lambert.)

Le sort malencontreux

Conduit en cet endroit un grand troupeau de boeufs

(Boileau,) Et A'enfants à sa table une riante troupe Semble boire avec lui la joie à pleine coupe.

(Racine.)

Ce long amas d'AÏECx que vous difTanrez tous. Sont autant de témoins qui parlent contre vous.

La reine des nuits reposait sur des groupes de NUES, qui ressemblaient ;\ la cime des hautes montagnes couronnées de neige.

(Chateaubrianb.; L'histoire des nations est un ramas de crimes, dri folies et de malheurs , parmi lesquels on vo't quelques vertus , quelques temps heureux.

(Voltaire.)

f/fl )

Il y a une infinité cVerreun politiques qui , une fois adoptées , deviennent des principes.

(Raynal.I

I.a vertu ne laisse pas que de rcus?ir quelquefois , nais ce n'est qu'à force de temps et ti'cpreiives re-

OUblceS. (Fo.NTENELLE.)

Toute faction est un composé de dupes et de fripons» (NArOLÉON.)

Le faux e?t susceptible d'une infinité de combinaisons, mais la vérité n'a qu'une manière d'être. (J.-J. Rousseau.)

La multitude des livres dans une bibliothèque est souvent une nue'e de témoins de l'Ignorance du possesseur. (OXE.NSTIERX.)

Que j'aime à contempler cette chaîne sauvage De rocs qui, l'un sur l'autre au hasard suspendus, Couronnent vingt hameaux à leurs pieds étendus.

(ROUCHKR.)

Lorsque le substantif qui précède la préposition de est un substantif collectif, le nom qui suit celte préposition se met toujours au pluriel : U7ie mullitude dliommes , un peuple de frères, une troupe d'enfants, etc. On excepte toutefois les noms qui s'emploient plus fréquemment au singulier; tels qyicmonde, peuple, etc. , etc., on dit : une foule de monde, un amas de monde, une foule de peuple, un amas de peuple. On pourrait dire également un amas de peuples , une infinité de mondes, si l'on voulait parler de plusieurs peuples, de plusieurs mondes.

EXERCICE PnRASÉOLOGIQlE (I]

Une communauté d'Iiommes.

Une coininunaaté de femmes.

Ud couTL-nl de jésuites.

Un cou\ciil de religieuses.

Un aniiis de pierres.

Uue maison d'orphclin«.

Un refuge de mcndtanU.

Un asile de pauvrefl.

Un hospice d'enfanls trouvés.

Un ld6 de pierres.

Un cbxur de \iergei.

Une multitude d'enfant».

Une chaîne de montiigurs.

Une horde de sauvagcv Un millier de mourant-..

Une troupe d'iiirondelk-s.

l'ne fouie d'individus.

Une nuée de sauterelles.

L'n pays de Jiègres.

Un: île d'anthropophages.

Un nid d'oiseaux.

Un chœur de séraphins.

Une forèl de mâts

Uue galerie de t.itleiiux.

Uû torrent de larmes.

Un essaim d'aheilk**.

Un repaire de toleurs.

Une caTernc de bri^tnis.

Une chaîne de paléri*:iis.

Un prand nombre de s IJ.ils.

Une douzaine d'œufs

Une collection d'eslampes.

Une foule d'hommes

Une longue suite de valets UfK grande quantité de livres Un trentaine (Ittpoissons.

Une quarantaine de fusils r.. grou|,e de f.mn.es.

Une cinquantaine d'hommes- Une centaine d'écus.

Un mille de bouchons.

L"n concours de musicîe.W Une troupe de bandits Une foule de femmes

>^^^ N" LXÎII. ©>

NOMBRE DES SUItSTAA'TIFS APRÈS dc.

L'homme flotte de sentiment en sentiment, de pensée en pensée. (Giiateaubria.nd.j

Les langues , les costumes et les formes des habits passent , en Asie , inviolablement de qcnération en génération , parce que les pères s'y font aimer de leurs enfants. (Bernardin de Si-Pierre.)

Le démon indiscret va frappant de cabane en caùane, racontant le doux, penchant de Céluta pour Rêne. (Chateaubriand.)

Destin, tu l'as voulu! c'est à'ablmc en abime Que lu conduis Atrée à ce comble du crime.

(Voltaire.)

2' sÉiiE. — pluriel.

Les animaux sauvages vivent constamment do i.i même façon; on ne les voit pus errer de climats en climats. (Buiton.)

Sous le tropique , des tourterelles et des penoquct> ne voyagent que d'îles en îles , promenant à leur suite leurs petits, et ramassant dans les forets les graines d'épiceries qu'ils font crouler de branches eu branches. (Bernardin de St-Pierre.)

Les peuples qui n'ont plus maintenant ni autels , ni trône , ni capitale , sont jetés par les siècles et les événements dc contrées en contrées.

ild.)

Nous marchons d'abimes en abimes.

(Voltaire.)

(l) L'élève pourrait aussi mettre en regard le pluriel des noms dont nous n'avons donné que le singuli ms cet exercice. Ainsi , après avoir fait une phrase avec une communauté dliommes, il en ferait une aul

dans

tvec des communautcs d'hommes. Celte observation s'applique à la plupart dc nos cxcrciics

Qnand les sottises sont faites , on veut les soutenir par les cnlomnies ; on perd la charité comme la raison; on tomito. d'obîme en abîme, ain?i que de ridicule en ridicule. (Voltaise.)

C'est ain?i que de nous disposant à son gré , L'amour sait de nos cœurs s'emparer par degré ; Et d'appât en appât conduisant la victime , II la fait h la fin passer de crime en crime.

(Crkiuij.on.)

Mon père est errant de de'sert en désert en Ecosse.

(Voltaire.)

Vous-même n'allez point de contrée en contrée Montrer aux nations Milhridate détruit.

(Racine.)

He faute enfante on se fourvoie, on glisse, On se raccroche , on tombe au précipice.

(Voltaire.)

Mais le printemps, Doris, de moment en moment Apporte à la campagne un nouvel ornement.

(Saint-Lambert.)

Gengis et ses fils , allant de conqitcte en conquête, crurent qu'ils subjugueraient toute la terre habitable.

Si la puiss<ance végcUile réfléchit et augmente la chaleur du soleil; si elle végétalise l'atmoppliôre et les eaux, elle n'a pas moins d'infliience sur le glol)e solide de la terre, dont elle étend la circonférence d'année en année.

(Bernardin de St-Piebrk.)

De distance en dislance la ferre est percée par une multitude de bassins qu'on appelle îles puits , et qui sont plus ou moins larges , plus ou moins profonds. (Chateaubriand.)

Tombant dans l'avenir d'abîmes en abîmes , De malheurs en malheurs et de crimes en crimes, Un jour on te verra couronner tes forfaits, En égorgeant l'agneau descendu pour la paix.

(Chateai/briabd.)

De déserts en déserts errant, persécuté. J'ai langui dans l'opprobre et dans l'obscurité.

(\'oltairf..)

Celui qui n'a rien senti ne sait rien apprendre , 'J ne fait que flotter d'erreurs en erreurs.

(J.-J. Rousseau.) De moments en moments sa tête s'égarait.

(Lamartine.)

Quand une fois les hv,mmes se livrent à la superstition , ils ne font plus de pas que pour aller d'égarements en égarements. (Condillac.)

Quels yeux peuvent errer toujours de beautés en beautés flans jamais se fixer .sur aucune?

Buffon a dit, en parlant de nous ne savons quel animal : il crie comme un enragé pour avertir tes autres, qui, au signal, s'enfuient avec leur proie, sautant d'un arbre a l'autre avec une prodigieuse agilité. D'après cela ne semblerait-il pas qu'il faille toujours le singulier avec les prépositions de et en? Car de ville en ville, de colline en colline, n'est-ce pas pour d'une ville à une autre ville, d'une colline à une autre colline? C'est du moins la règle que prescrivent d'une manière absolue la plupart des grammairiens. Nous avons déjà eu occasion d'attaquer cet absolutisme aveugle qui ne tend à rien moins qu'à mettre des entraves à la pensée et à la circonscrire dans d'étroites limites. Notre opinion est donc que l'on peut dire, selon l'idée que l'on veut exprimer, de montagne en montagne, ou de montagnes en montagnes; de branche en branche, ou de branches en branches. En faisant usage du singulier, on veut indiquer qu'on passe d'une cliose à une autre, d'une montagne à une autre montagne, d'une branche à une autre branche. Mais, lorsqu'on emploie le pluriel, l'esprit, au lieu d'envisager les objets isolément, et, pour ainsi dire, un à un, les considère par groupes, par masses : Napoléon marchait de victoires eu victoires; le pluriel réveille ici une idée précise de quantité, une multitude de victoires auxquelles en succédaient bientôt une foule d'autres. De victoire en victoire n'offrirait plus le même sens, et rétrécirait singulièrement la pensée. D'ailleurs, il est des cas où le pluriel est tout-à-fait indispensable; si, par exemple, je veux parler d'un homme auquel il arrive cliaquc jour plusieurs malheurs

à la fois, je se^i forcé de dire : cet Jiomme lonibe de malheurs en malheurs, et non de ma/heur en malheur. « II est temps de le reconnaître, les grammairiens, par leur? froides analyses et la sévérité plus que géométrique de leurs théories, n'ont jamait assez tenu compte des nuances du sentiment et de la pensée, ni des rapides élans du génie. Qu'y a-t-il d'éionnant qu'ils aient regardé comme barbares des tournures hardies, des inversions, des ellipses, des syilepses qili déroutaient la faible marche de leurs idées et la lenteur de leurs conceptions? Nous venons en quelque sorte restituer à notre bel idiome des richesses que nos prédécesseurs et quelques-uns de nos contemporains ont cherché à lui ravir (4). » Étudiants! et vous tous que nous voulons initier à la langue des Voltaire et des Racine, laissez les grammairiens se disputer entre eux; laissez-les inventer des règles que désavouent l'usage et le bon sens, et marchez hardiment, avec nous, sur les traces des grands écrivains qui sont en tout nos meilleurs guides :

Pour produire de bons écrits , Nourrissez-vous de bons modèles.

(Arnault.

EXERCICE PHRÂSÉOLOGIQVE.

D« du en cité Do Tille en ville.

D'erreur en erreur De famille en famille.

De moment en moment De ehefen li.f.

D'ceueil en écueil.

De crime en crime.

De climat en cl mat.

Da rojauae en royaum:.

PLUEIEL.

De cités en cit*s.

De Tilles en Tilles.

D'erreurs en erreurs.

De familles en familles.

De moments en moments.

De chefs en chefs.

D'êcueils en éciieils.

De crimes en crime».

De climats en climats.

De royaumes en royaume;

SINGE LIER

D'illusion en illusion.

De vilhipe en Mllape.

De decouTerte en décoUTcrte De nation en nalfion.

D'echo en éclio.

De plait e en plaine.

De cime en cime.

De lertu en »erlu.

De maison en maison De jardin en jardin.

PLCRIEL D'illusions en illusions De villafics euTiMages.

De découvertes en decouTertei De nations en nations D'ecliO.'. en échos.

De plaines en plaines.

De cimes en cimes.

De Terliis en Tertus.

De m.*lsi ns en maison».

De jardins en iardins

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