II PRÉFACE
qu'on appelle, en termes scientifiques, l'orthoépie, la lexicologie, la morphologie et la syntaxe. De ces quatre parties essentielles de l'art de parler une langue, les grammaires françaises négligent presque absolument la première, laissent la seconde aux dictionnaires, confondent pour la troisième les règles de l'orthographe avec celles de l'émission vocale, et ne traitent, en général fort imparfaitement, que delà quatrième. Quelques auteurs de grammaires « historiques » ont innové en faisant appel à la science étymologique, et nous ont renseignés plus ou moins exactement sur les transformations par lesquelles ont passé, depuis des siècles, les sons dont se compose notre langue et les flexions qui modifient nos noms et nos verbes. C'est un objet de connaissance assurément très intéressant, mais qui n'a rien à faire avec l'art de parler le français actuel. Cet art, qui par définition ne doit s'attacher qu'aux phénomènes réellement vocaux, au langage émis par la bouche et perçu par l'oreille, n'est réellement enseigné que pour la syntaxe, où il se confond avec l'art d'écrire.
Le mot « écrire » a trois sens bien distincts, suivant qu'il désigne la façon de tracer les caractères (calligraphie), le rapport de ces caractères aux phonèmes qu'ils expriment (orthographe), l'emploi du langage quand on l'écrit au lieu de