‹ Grammaire raisonnée de la langue française. Avec préf. de Gaston ParisChapitre 3 sur 141 · PRÉFACE III · texte numérisé non relu

PRÉFACE III

le parler (cet emploi, qui comprend le vocabulaire, la morphologie et la syntaxe, ne diffère que par certains détails de celui du langage parlé), enfin le style ou l'appropriation de la forme à l'idée. La calligraphie est en dehors de la grammaire ; la stylistique relève de la rhétorique. Reste l'orlhographe, qui fait avec la morphologie et la syntaxe le seul objet de nos grammaires, dont elle ne devrait être qu'un appendice, car c'est un accident jtresque négligeable dans la physiologie d'une langue que la façon dont les phonèmes en sont reproduits par l'écriture : écrivez le grec ou le français en sténographie, ils ne resteront pas moins le grec et le français. Donner à l'orthographe l'importance qu'elle a dans nos livres d'enseignement, c'est comme si, pour faire connaître un homme vivant, on s'occupait surtout de son portrait, que dis-je ? du portrait de son trisaïeul, habillé du costume de son temps.

Ce mot d'orthographe contient l'idée de correction : il nous amène donc au troisième et principal élément de la définition susdite. Je suis loin de contester la légitimité de cet élément : qui dit art dit règle. Pour la science, il n'y a pas de bien et de mal, au moins en linguistique : une prononciation, une forme, un procédé syntaxique, sont employés ou ont été employés à telle époque ou dans telle région et s'expliquent de telle façon, voilà tout

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