‹ Grammaire raisonnée de la langue française. Avec préf. de Gaston ParisChapitre 23 sur 141 · On trouve Yh muette dans les mots qui avaient · texte numérisé non relu

On trouve Yh muette dans les mots qui avaient

une h, jadis aspirée, en lalin,ouune aspiration en grec:

hiver (liibernum), herbe (lierba), Itier (lierij, humble

(humilem), etc. Toutefois, on écrit on (latin homo), avoir

(latin habere), orge (hordeum), ordure (horridum...) ;

ces mots ont échappé à l'étymologisme parce qu'ils sont

plus souvent employés que les autres. On a aussi olo-

graphe malgré l'aspiration initiale du mot grec. D'auire

part, c'est en vertu d'une grosse erreur d'étymologie

qu'on a écrit heureux, qui ne se rattache pas au

substantif fémijiin heure (latin hora), mais qui vient du

vieux mot oûr, eiir, plus lard eur (latin aurjurium).

11 faudrait enlever leur h fautive aux mots bonheur, tieureux, malheur et autres de même famille. On ne peut nier d'ailleurs

Il GRAMMAIRE RAISONNÉE

qu'il serait logique de supprimer partout l'h muette , d'écrire olocauste, et, comme en vieux français, l'erbe. l'iver, quand on écrit ulo(jraphe, on et avoir au lieu de hon, havoir, holoijraphe.

23. On trouve encore 17i muette dans les mots huit, huile, huître, huis, où elle ne correspond pas à une h latine, puis(jue les mots latins sont octo, olea, ostrea, oslium. L'h s'explique ici par la double prononciation de la lettre it dans l'ancienne écriture: il était impossible de savoir a priori si un mot écrit uit devait se lire vit ou uit, si un mol écrit uile devait se lire vile ou uilc. On eut alors l'idée d'indiquer par une h que la lettre u était une voyelle et non une consonne, Vh ne se plaçant en français que devant les voyelles. Mais aujourd'bui que des signes spéciaux sont attribués à la voyelle u et à la consonne v, il n'y aurait plus de contusion possible si Vh disparaissait de ces mots.

24. Enfin l'/i muette est parfois chargée d'un vCAe que remplirait aussi bien et mieux un simple tréma: trahison (latin traditionem), cah'er (latin quaternio) équivalent à trdison, caier. Comparez glaïeul (latin gladioluin) et non glahieul, pa'ien et non pahien.

25. h'h dite aspirée, qu'on rencontre surtout dans les mots d'origine germanique, ne représente plus dans la prononciation ordinaire aucune aspiration. Mais on ne lie pas les mots ([ui commençaient par cette consonne; c'est tout ce qui reste de l'ancienne aspiration, et la lettre h a au moins l'utilité de marquer cette particularité de prononciation.

Sur l'h dans les graphies r/?, th, etc., voyez plus loin, ^§ 105-107.

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