‹ Grammaire raisonnée de la langue française. Avec préf. de Gaston ParisChapitre 36 sur 141 · VOYELLES NASALES · texte numérisé non relu

VOYELLES NASALES

70. Les voyelles nasales sont celles pour la production desquelles une partie de l'air chassé des poumons passe par les fosses nasales, grâce à l'abaissement du voile du palais. Prononcez a, en abaissant le voile du palais, vous aurez le son an, c'est-à-dire l'a nasal. On écrit les voyelles nasales en ajoutant une n (ou une m) à la voyelle ordinaire, parce qu'elles dérivent toutes d'une voyelle ordinaire suivie de la consonne nasale n ou m. On a d'abord prononcé bon comme nous prononçons le

i. Dans les manuscrils et dans les éditions originales de nos classiques on trouve très fréquemment les mots à consonne double écrits avec une seule consonne. Voici un certain nombre d'exemples : La Fontaine, grote, atendre, diféient, conaître, apas, carière, quiter, sufire, tranquile, apeler ; BossuET, aprendre, dificuUé, atendre, abatre, ateutif, flater, froter, enveloper, conslament; M">« de Shvigné, comencer, coma, ariver, éloufer, faloir, abé, ocasion, someil, etc ; La Bkuyère, siller, aranger, échaper, regreter, chaufer ; Voltaire, solise, reconu, chaufer, éfrayer, raporLer, nourir, aprobation, acorder, inslamenl, etc., etc. On sait que Voltaire, dans son édition de Corneille (1764), avait simplifié presque toutes les consonnes doubles.

féminin, bo-n' (alors, au féminin, on faisait entendre l'e final), et on continue à écrire le mot comme du temps où Vn sonnait après l'o.

71. Nous n'avons aujourd'hui en français que quatre voyelles-sons susceptibles d'être nasalisées: a, è, o et eu. L'y' et Vu nasals n'existent pas chez nous : le son que nous écrivons in est uu è nasal, et celui que nous écrivons un est un eu nasal.

72. Quand la consonne nasale, qui suivait la voyelle et qui l'a nasalisée, était une ni, on a conservé ou rétabli V)n dans l'orthographe, bien que Vn eût sulTi à marquer la prononciation : ainsi faim (latin famcni), nom (latin nomen), purfum (formé sur parfumer). On écrit cependant raisin malgré racemum, rien malgré rem, mien et mon malgré meum, lien malgré [igam(en), airain et levain mi\]'^vé a'ram{en)et k'vam(en), ou malgré home.

Les voyelles nasales s'écrivent notamment avec m au lieu d'n quand la lettre suivante est un p ou un b. A l'époque où les voyelles n'étaient pas encore nasalisées (où on prononçait {a-n', a-m), quand la consonne suivante était un p ou un b l'euphonie exigeait la prononciation a-m au lieu de a-n. Aujourd'hui am, em, im, etc., ne représentent pas devant une consonne une autre prononciation que an, en, in. Dans l'orthographe embonpoint, il y a contradiction entre la graphie du son on et celle du son en : enbonpoini serait meilleur.

Les voyelles nasales devraient toujours s'c'crire pai' »t, jamais par m.

A nasal.

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