Les Latins nous ont légué deux lettres pour
1. A la toiiii|ue, il se prononce ouvcrl long quand il est suivi d'une s aujourd hui muette : mais.
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figurer le son î : i et ij, le second signe employé par eux dans les mots dérivés du grec, où il représente i'w grec, qui était arrivé à se prononcer comme un i.
90. Dans l'ancienne écriture du français, Vi/ s'employait librement à la place de 1'/, particulièrement au commencement et à la fin des mots, où on le trouvait plus élégant : Roy, faij, démj, celui/, ymage, y, etc. On l'a remplacé par /, sauf dans l'adverbe y (latin ihi), où il a été conservé pour une raison purement calligraphique : y, isolé entre deux mots, a paru plus agréable à l'œil qu'un /.
91. Nous employons encore y, comme les Latins, dans les mots qui avaient upsilon en grec; toutefois nous écrivons par un i : abîme, cime, cristal, anévrisme, amidon, asile, etc., au lieu de abyme, cijme, crystal, anévrysme, amydon, asyle.
La S^ édition du Dictionnaire de l'Académie admettait analise, analiser, analitique. La Bruyère écrit stile, péristile, hiperbole, tim (pour thym), oniœ, phisionomie; M™^ de Sévigné : stile, mistère, sinagogue, Egipte, etc. ; Voltaire : sindic, sindicat, piramide, enciclopédie, stile, métafisique, tiran, etc. Voyez aussi la note du § 13.
C'est une puérilité de conserver Vy dans les mots d'origine grecque ; les mots abyme, crystal, etc., n'ont rien perdu de leur beauté ni de leur valeur à êlre débarrassés de ce signe.
92. On a eu l'idée assez ingénieuse de se servir de Vy pour représenter deux i de suite : frayeur (frai-ieur), ennuyer (ennui-ier), pays (pai-is), foyer (prononcé foi-ier).
On a eu encore une autre idée, qu'on a appliquée concurremment avec la première (il eût mieux valu choisir entre les deux), celle de représenter par // \i serai-voyelle, c'est-à-dire 1'/ ne formant pas une syl-
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labe (*); mais on a restreint arbitrairement cet emploi de Vy au cas où Vi semi-voyelle se trouve entre deux voyelles ou au commencement d'un mot : mayonnaise, grasseyer, yeux C); tuyau (prononcé tu-yau, Littré). Toutefois on écrit théière et non theyère, pléiade et non p/eyade.
Ainsi y peut valoir deux / ou un i. Cette double valeur est évidemment fâcheuse; il est mauvais par exemple que la graphie a y puisse représenter deux prononciations différentes, dans « croyon » et dans « bai/adère » ou « mayonnaise » .
Pour éviter cet inconvénient, il faudrait donner à Vy une valeur uniforme, nettement distincte de celle de Vi : ou bien la valeur de deux i, ou bien celle d'un t semi-voyelle.
Dans le premier cas, y serait remplacé par t partout où il ne représente actuellement qu'un seul i voyelle ou semi-voyelle ; on écrirait donc maionnaise {comme déjà faïence, baïonnette), grasse ici\ liiiau (si réellement la prononciation la plus autorisée de ce mol est celle qu'indique Littré).
Dans le second cas, on écrirait par y tout i semi-voyelle, c'està-dire prononcé comme dans yeux, autrement dit formant diplitongue avec une autre voyelle plus intense : yeux, cnnuiiier. craiyon, mayonnaise, rjrasséijer, ryen, etc. Cette solution semble la meilleure, puisque, dans la première, la lettre i aurait encore une double signification, i voyelle et i semi-voyelle ; mais il n'y a pas non plus de distinction entre u voyelle de bu et n semi-voyelle de buis.
93. Le double i s'écrit encore quelquefois par yi. Pour maintenir partout un même radical devant les terminaisons caractéristiques des différentes personnes, on écrit à l'imparfait de l'indicatif et au subjonctif
-I. I.'(' lie forme pas uni' syllabe dans pied, tandis qu'il en forme une ilans celui: i, dans la diphtongue ai, est la vraie voyelle, Va jouant le rôle de consonne.
2. U y avait une autre raison d'écrire yeiix, c'est que la graphie ieiuv pouvait se confondre avec le pluriel de jeu à l'époque où Vi et Icy se faisaient de même.