LE SON C DUR
ter le c dur (•). Ils en avaient même une troisième, le q, ([ui s'eni})loyait quand la lettre suivante était un u (qu'on prononçait) suivi d'une voyelle.
109. Le k est souvent employé dans les anciens textes français. Mais on ne s'en sert plus guère que dans un certain nombre de mots d'origine non classique et quelques-uns d'origine grecque {kyrielle, kilo. Voyez § 106). Il est regrettal)le que ce ne soit pas le k qui ait détrôné le c, ce qui permettrait d'écrire le son c dur de la même manière devant toutes les voyelles (ka, ke, ki).
Il y aurait avantage soit à restreindre le plus possible le rôle du k soit à le substituer partout au c dur comme le demandait Ronsard ; car il n'y a aucune raison d'exprimer le c dur difTéremnient dans kaléidoscope et dans cataclysme. La valeur du k est identique dans tous les alphabets européens ; il a donc, sur les autres notations du même son, cette supériorité qu'il ne prête à aucune ambiguïté.
110. Nous écrivons par qu au lieu de c les mots que les Latins écrivaient ainsi parce qu'ils prononçaient un u après la gutturale. Toutefois, on a car (latin quare) au lieu de quar^ comme (latin quomodo) au lieu de quomme, casser (quassare) au lieu de quasser, et on écrit aussi par c un certain nombre de mots de la même famille que quatre, quart, quartier, quatorze et quarante, tels que carême (forme populaire de quadragésime), cahier (*quaternium), carillon (*quadrilionem), carrière (*quadraria), cadran (quadrantem), cadre (quadrum), carré (quadratum), etc.
111. Le c latin a été remplacé par un qu (mieux eût valu k) dans les mots où la voyelle qui suivait ce c est devenue e ou i français : ainsi queue (latin cauda, d'où
1. Voyez ma NoiivcUc Grammaire historique du français, § /,/,.
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caudatairé), fabrique?' (latin fabricaré). Dans la conjugaison des verbes tels que fabriquer, on maintient partout le qu sans nécessité : rien n'empêcherait d'écrire fabrica (comme fabricavit). « Fabrica » à côté de « fabri(/Me » ne serait pas plus extraordinaire que turc à côté de ^u/'que. L'orthographe actuelle aboutit à faire deux mots différents du participe fabriquant et du substantif fabricant, lequel n'est autre chose que le participe employé substantivement.
112. Le nom du coq est une onomatopée, et s'est écrit coc; mais quand on a eu formé le dérivé coquet, où la prononciation exigeait un q (ou un /.), le dérivé a réagi sur le simple. Remarquons que l'orthographe coq, en rapprochant ce mot de coquet, l'éloigné d'un autre dérivé, cocarde.
113. Certains mots latins avaient le groupe de lettres cqu, oii l'on prononçait une gutturale double suivie d'un u semi-voyelle. Dans les mots français correspondants nous avons conservé — ou rétabli — ces trois lettres, bien que nous n'en prononcions qu'une : acquérir, acquiescer. L'orthographe grecque (latin grœca) est encore moins justifiée : le féminin de grec devrait être grèque, comme le féminin de turc est turque et non « turcque ». Cette graphie vicieuse est un reste du temps où on écrivait toujours les féminins avec la consonne finale du masculin (*) : vifue, publicque, etc.
114. Dans les mots d'origine savante, le signe qu peut représenter soit un c dur simple {qualité, équinoxe, équivaloir), soit un c dur suivi d'un u semi-voyelle (devant e, i : équestre, équidistant, prononcés ékuestre, ékuidistant), soit un c dur suivi d'un ou semi-voyelle
i. En vertu du même principe qai nous fait écrire la consonne finale muette du singulier devant l's du pluriel : a les bœu/s ».