‹ Grammaire raisonnée de la langue française. Avec préf. de Gaston ParisChapitre 54 sur 141 · APOSTROPHE · texte numérisé non relu

APOSTROPHE

respondantes du verlie croii'e. Le participe passé des deux verbes croître et croire était jadis identiquement creii, puis cru : celui de croire aurait le même droit à l'accent que celui de croître.

157. Dans les verbes qui ont un é très ouvert au singulier de l'indicatif présent, cet ê devient é fermé devant certaines voyelles toniques de la terminaison : aiusi on prononce rêver (anciennement resver, comme épée, anciennement espée), mais on éci'it rêver comme dans « il rêve ». De même, on écrit têlu à cause de tête bien qu'on prononce têtu.

Il serait fout aussi naturel d'cVrire tctu malgré i/'te, que d'écrire mvlnnge malgré il mêle, conique malgré cône, coteau malgré côte, extrémité malgré extrême, gracieux malgré grâce, polaire malgré pôle. etc.

158. Il serait urgent de compléter la réforme que l'Académie a commencée lorsqu'elle a substitué l'accent grave à l'accent aigu, conformément à la prononciation, dans les mots siège, collège, etc. Il faudrait écrire événement avec un accent grave sur le second e comme dans avènement, réglementer comme règlement, dessècJiement comme l'adverbe sèchement, etc.

Pour la même raison on écrirait par è avec accent grave, au futur et au conditionnel, les verbes qui ont déjà cet è au singulier de l'indicatif présent : céder par é fermé, mais je céderai comme je cède par è ouvert.

Page 1