‹ Grammaire raisonnée de la langue française. Avec préf. de Gaston ParisChapitre 55 sur 141 · APOSTROPHES · texte numérisé non relu

APOSTROPHES

159. L'apostrophe remplace certaines voyelles élidées à la fin des mots. C'est un i dans s'il, un a dans l'épée; mais en général la voyelle remplacée par l'apostrophe est un e, parce que les autres s'élident dans un très petit

nombre de mots. L'usage n'est pas d'ailleurs de supprimer ainsi tous les e élidés. Cette suppression est limitée à l'article et au pronom le, au pronom démonstratif ce, aux pronoms personnels je, me, te, se, au pronom relatif et à la conjonction que, à la préposition de, à l'adverbe ne.

160. Par une bizarrerie qu'il faudrait faire disparaître, Ve de quoique, puisque, lorsque (bien que ces mots se terminent par la conjonction que) ne s'élide dans l'écriture que devant certains mots (il, elle, on, un).

Pour les mots dans lesquels on admet l'apostrophe, il faudrait autoriser ce signe dans la graphie toutes les fois qu'il y a élision dans la prononciation.

161. La préposition d' est unie sans apostrophe aux mots qu'elle précède dans dorénavant mais non dans d'ores et déjà, dans davantage mais non dans d'avance.

Il serait logique d'écrire en un seul mot davance, dabord, dorei (dores et déjà), etc.

162. L'e élidé de presque, quelque, en//T n'est remplacé par une apostrophe que dans les mots composés : presqu'île, quelqu'un, entracte, s'entr'aider, etc. Il serait bien plus simple d'écrire en un seul mot : presquile, quelcun (comme chacun au lieu de chaqiiun), entracte, s'entraider (comme s'entrevoir) .

On a évidemment maintenu quelqu'un à cause du pluriel qtielques-uns . Mais la raison n'est pas suffisante pour justifier un.î différence de graphie entre des mots aussi proches parents que aucun (uliquem unuinj, chacun, quelqu'un.

163. L'apostrophe est censée remplacer non un e élidé, mais un e syncope, dans grand'mère, à grand'peine, etc. Mais cette orthographe repose sur une erreur: car on n'a jamais dit grande mère, à grande peine, etc.

TRAIT d'union 07

II n'y a donc pas eu d'c supprimé qu'il taille remplacer par une apostrophe ('). On continue à dire grand mère, à grand peine, comme du temps où l'adjectif « grand » ne prenait pas d'e au féminin (grand était à la fois masculin et féminin, comme grandis en latin, et nous avions toute une catégorie d'adjeclifs qui suivaient cette règle) e).

Il faudrait écrire « grand mère, grand route, grand peur, pas grand chose, etc. », en faisant remarquer que l'adjectif grand a conservé son ancienne forme de féminin (sans e muet) dans ces locutions très employées.

TRAITS d'union

Mots commençant par un préfixe : « contre-coup, sous-louer, etc. »

164. Le trait d'union n'est bien souvent qu'un trait de désunion.

Il est naturel que l'écriture unisse étroitement le préfixe au reste du mot. O/i écrit surprendre et non pas sur-prendre, soucoupe et non sous-coupe, entrevoir et non entre-voir, contrefaçon et non contre- façon. Pourquoi dès lors couper en deux par un trait les mots tels que : entre-deux (comparez entremets), contre-coup (comparez contrefaçon), contre-balancer (comparez contremander) etc. ?

On devrait écrire en un seul mot soidouer (comme soutenir) soupied i^comme soucoupe), sousentendre, sousordre, avricreban, (juasidélit, nonsens (comme contresens) malappris (comme maladroit), bienaimé (comme bienheureux), sangêne, pluvalue (sans s comme dans plutôt) et en général tous les mots commençant par

A. La composition de prud'homme (qui contient la préposition rfei n'étant plus sensible, on devrait écrire pntdliomme.

Page 1