‹ Grammaire raisonnée de la langue française. Avec préf. de Gaston ParisChapitre 7 sur 141 · PRÉFACE VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE VII

longues heures d'études de nos garçons, et surtout, hélas! de nos filles : celles-ci ont plus de peine que leurs frères à s'assimiler cette indigeste nourriture, mais elles savent que leur réputation de femmes « comme il faut » et leur succès aux examens sont à ce prix. Enseigner et apprendre l'orthographe, c'est ce qu'on appelle enseigner et apprendre le français, et on ne cesse de se congratuler, dans les livres et les discours, des progrès que fait cette étude ; on jette des regards pleins d'étonnement et presque d'efîroi sur l'époque barbare oîi on n'apprenait pas la grammaire française; on oublie seulement que c'est l'époque où ont vécu les meilleurs auteurs de notre langue, et que ces '( femmelettes » du temps de Louis XIV dont Courier disait qu'elles écrivaient mieux que les plus habiles de notre temps n'avaient jamais appris un mot de grammaire française, non plus d'ailleurs que leurs illustres contemporains. Henri Heine a dit que si les Romains ont conquis le monde, c'est qu'ils n'avaient pas à apprendre le latin ; je suis parfois tenté de dire que si Pascal, La Fontaine, Bossuet, Voltaire, ont si admirablement écrit le français, c'est qu'ils n'avaient pas eu à apprendre la grammaire. H est vrai qu'ils faisaient tous des « fautes d'orthographe » qui les auraient fait refuser, sur deux lignes de leur copie, à l'examen primaire le plus inférieur;

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