VIII PRÉFACE
mais ils avaient peut-être employé à un meilleur usage les heures que nos écoliers consument à apprendre que corps veut un p (et les maîtres instruits enseignent que c'est parce qu'il vient de corpus), mais que corsage n'en prend pas ; à se mettre dans la tête (je n'ai jamais pu y arriver) les cas oîi il faut écrire fond ou fonds; à distinguer les mots en ou et en eu qui « forment leur pluriel » avec une s ou avec un x, et à retenir les doubles listes des verbes en dre qui prennent un d ou un t à la troisième personne de l'indicatif présent.
M. Clôdat voudrait que l'enseignement du français, qui, pour beaucoup de raisons, est devenu aujourd'tiui plus nécessaire qu'il ne l'était autrefois, sortît de ces marécages, qu'il fût un peu plus fructueux pour l'esprit et un peu moins dangereux pour le bon sens. Sa Grammaire raisonnée ne rompt pas avec une tradition qu'il est impossible de déraciner d'un coup : elle en prépare doucement et sagement la ruine. Elle consacre encore à l'orthographe tout le livre premier et une bonne partie du second ; mais quelle différence entre ces explications toujours logiques, cette largeur de vues, cette tolérance engageante, et l'assommante accumulation routinière de petites règles non motivées qui se révèlent comme absurdes dès qu'on veut essayer d'en rendre