‹ Grammaire raisonnée de la langue françaiseChapitre 137 sur 139 · ADVERBES EN MENT · texte numérisé non relu

ADVERBES EN MENT

là une soudure plus forte que la simple juxtapositioa^ de Tadjeclif et du suffixe : aussi les formes refaites, telles que constantement, ne l'ont pas emporté.

448. L'adverbe lentement a toujours eu la même formé avec e muet, parce que le féminin de lent a toujours été lente, cet adjectif ne se rattachant pas au type latin qui n'avait qu'une seule forme pour les deux genres.

449. A partir du moment oii les féminins en e ont commencé à prévaloir sérieusement sur les autres, quand on formait un nouvel adverbe en ment sur un adjectif terminé par le son an, on était sollicité par deux analogies contraires, celle de vaillamment et celle de lentement, dont on ne s'expliquait plus la différence ; de là d'une part « présentement » et « véhémentement », de l'autre « violemment » bien que cet adjectif n'ait jamais été violent au féminin.

450. L'orthographe théoriquement régulière des adverbes carréemen/, seméement, résolvement, poUement, vraiement, etc., a été réformée avec toute raison, puisqu'on ne prononçait plus l'e du milieu. On a commencé par noter cette contraction graphique par un accent circonflexe (poliment, vraiment), qui a disparu à son tour, sauf dans un certain nombre de mots tels que assidûment, dûment, galment, qu'on devrait faire rentrer dans la règle.

451. On attribue à l'influence des adverbes tels que carrément, posément (d'une manière carrée, posée), le changement de Ve muet en é dans obscurément, commodément, conformément, uniformément, énormément, immensément, confusément, expressément, profondement et quelques autres. Mais M. Foerster pense que ce chan-

gement peut s'expliquer par une loi phonétique (qui reste à formuler). On peut faire remarquer à l'appui de celte opinion, que Ye n'est pas devenu é dans les adverbes de trois syllabes : pauvrement, lentement, etc. — On a même changé en é Vi àHmpuni : impunément, à moins que cette forme ne se rattache à la forme latine impune, comme le pense M. Gaston Paris.

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