S, X ET Z FINALS
37. Vs du pluriel et Ys qui constitue ou qui termine certaines flexions verbales se prononçaient à l'origine ; cette consonne finale est devenue muette sauf dans les liaisons, où elle a pris le son de 1'^ dite douce (ze). On néglige souvent les liaisons, même dans le langage soutenu, sauf lorsque deux mots sont inlime-
1 . M">* de Sévigné écrit fan et Racine fan (pour faon), S. M"* de Sévigné écrit out.
3. Seul de ces verbes, avoir, nous l'avons va, a conservé son orthographe archaïque au participe passé et au prétérit.
4. Il est à peine utile de faire remarquer qu'il n'y aurait aucune confusion possible avec pan (de mur) . Voyez S 1 9 .
ment liés entre eux, comme par exemple un pronom et son verbe, nous avons (*).
38. Un certain nombre de mots se terminent par s ( même des substantifs et des adjectifs au singulier ) , comme dans les langues d'où ils sont tirés. Parmi les mots d'origine latine, ce sont en général ceux dont le radical latin se terminait par cette lettre ou par une autre susceptible de la produire, et quelques-uns qui se sont maintenus sous la forme du cas en s (*). On prononçait cette s au moyen âge, comme on le fait encore exceptionnellement dans lis et quelques autres, et on la conserve par archaïsme, bien qu'on ne la fasse plus entendre en principe qu'en liaison. La liaison est souvent omise, sauf lorsqu'un adjectif est placé devant le nom (un mauvais ami) ; ailleurs, on ne la fait guère que sous l'influence de Torthographe, quand on y pense ou quand on lit.
39. Les lettres muettes finales, s ou toute autre, outre qu'elles sonnent parfois dans les liaisons, se retrouvent dans les dérivés : ainsi on a Ys de compas dans compassé, le t de chat dans chatte et chatterie, lep de drap dans dra/?me. Quant aux mots qui n'ont pas de dérivés analogues, on peut considérer la lettre muette qui les termine comme une sorte de pierre d'attente pour les dérivés auxquels ils pourront plus tard donner naissance. Toutefois le c final de fer-blanc n'a pas empêché de former des dérivés par un t : ferblantier, ferblanterie, au lieu de ferblanquier. On a
i. Pour la question des liaisons, je renvoie à mon Précis d'orthographe pftone<i(yt«€(Paris,Masson, éditeur), pages 29, 31,32, 40-45, 47, 48, 52, 53 et suivantes.
2. L'ancienne langue avait deux cas pour chaque nombre des noms et des adjectifs. L'un de ces cas était terminé par s comme notre pluriel actuel.