X FINAL
aussi plafonner ttiklgré le d de plafond, juteux mal}<ré 1*5 de juSj tcbatière et tabagie malgré le c de tabac,
40. Beaucoup de mots et de pluriels se terminent par X au lieu d*8. La lettre x était en latin une lettre double qui valait k suivi d's. C'est ce son (ou celui de g-\-JS, voyez §§ 149 et 150) qu'elle a encore dans les mots d'origine savante. Dans les mots d'origine populaire, le k s'étant changé en t, 1'^ s'est trouvée dégagée ; laxare, laisser (^). Notre x final valant s ne dérive pas de r.x du latin, mais se rattache à un signe abréviatif qui ressemblait à x et qui valait w + ^- ^^ écrivait cheval ou chevaus, puis, par une confusion grossière, on est arrivé à écrire chevaux. En outre on a eu l'idée de remplacer s par a? à la fin des mots qui avaient x en latin : c'est ainsi que le nom de nombre sex, qui avait produit régulièrement sis français, a été défiguré et transformé en six comme si on prononçait siks^ et il a déteint sur dis (latin decem), qu'on écrit aujourd'hui dix, et même sur le substantif pris (latin prelium) qu'on écrit prix, en l'éloignant de son dérivé priser, bien qu'on termine par s le mot palais (palatium) qui avait la même finale en latin. C'est ainsi encore que pais, où on avait Ys des dérivés paisible, apaiser, est devenu paix, et que fais, crois, nois, pois, chois (dérivés : affaisser, croisée, noisette, poisseux, choisir) ont été transformés en faix, croix, noix, poix, choix.
41. Les noms en ou, malgré leur u final, ont échappé à \x du pluriel à l'exception de sept d'entre eux : on n'a jamais pénétré le mystère de cette exception.
A . L's est redoublée pour marquer la prononciation dure de celte consonne (voy. S126).
Au contraire, les adjectifs en ous et etis ont été affublés de Yx, bien qu'ils eussent en latin une s {osum) conservée au féminin. Mais on a respecté Vs du pluriel bleus : on n'a pas voulu que cet adjectif ressemblât aux autres au pluriel, uniquement parce qu'il ne leur ressemble pas au singulier, où il ne s'est jamais terminé ^)ar une sifflante. On écrit cependant avec un x le pluriel de l'adjectif hébreu qui est dans les mêmes conditions, sans doute par la raison insuffisante que cet adjectif s'emploie surtout substantivement.
Il est impossible de savoir pourquoi je métis, je bous, ont conservé leur s, tandis que je vau^, je peus et je veus la perdaient.
Il est presque superflu d'ajouter que le bon sens exige impérieusement le remplacement par s de tout x final muet ou prononcé s. Pour dix, prix et quelques autres on pourrait alléguer Thomonymie de tu dis, du participe pris, etc. Mais nous savons ce qu'il faut penser de cet argument (§ 19) ; un lis ne se confond pas avec tu lis.
42. On trouve z final dans les mots qui avaient en lalin un < ou un ci suivi d'une s. Et cette lettre se prononçait réellement comme une consonne double ; mais depuis qu'elle ne vaut plus qu' s, il n'y a pas de raison pour ne pas lui substituer cette dernière consonne. On l'a fait dans les pluriels en es (formés, bontés) qui s'écrivaient jadis par ez (latin atos, ates), mais on a conservé ez (latin ati^), sans aucune utilité, dans assez (*) et à la deuxième personne du pluriel. C'est ainsi qu'aujourd'hui « vous chantez » s'écrit autrement que « des airs chantés » (').
1 . On- a voulu éviter une confusion avec les terminaisons asses par e muet ; mais l'accent aigu supprimerait toute confusion : asaés,
2. Les classiques du xvii* siècle écrivent couramment de même (tantôt par z, tantôt par «) la seconde personne du pluriel et le pluriel du participe passé. La Fontaine écrit as»és et ché* (pour chez).