LE SON S DOUCE S
tia, providentia, etc.)* Pour défendre l'orthographe ineptie, on a allégué qu'elle était conforme à l'orthographe de l'adjectif inepte; mais n'est-il pas déraisonnable de rétablir dans la graphie une identité qui n'existe pas dans la prononciation? Quelle nécessité d'écrire de même ineptie et inepte, quand on écrit confidence avec un c et confidentiel avec un /, malgré leur parenté et cette fois malgré l'identité de prononciation ?
134. On a proposé d'écrire avec un c (malgré le latin) les adjectifs en tiel prononcé ciel et les autres dérivés analogues, toutes les fois qu'il y a un simple terminé par ce: essenciel d'après essence, substanciel d'après substance. Mais cette réforme est insignifiante. . Le mieux serait évidemment de remplacer partout le t prononcée par s : extension (et non extention) deviendrait la règle au lieu d'être l'exception.
135. Résumons-nous : en principe, on écrit Y s dure tantôt par s, tantôt par ss, tantôt par se, tantôt par c, tantôt par t, d'après l'origine latine. Mais en latin chacune de ces graphies représentait un son différent ; d'autre part il y a de nombreuses anomalies : des mots écrits par c ou s, qui avaient t en latiiî : tension, chanson, précieux, providence, etc. ; s au lieu dec; sangle; deux « au lieu d'une: pressentir; ss au lieu de se : vaiseau.
Nous avons conclu par anticipation § 126 in fine. On a pensé à employer c pour représenter le son s entre deux voyelles, parce que, actuellement, le signe s entre deux voyelles a le son ze. Mais on aurait ainsi deux lettres pour un même son. Si on adoptait z pour le son ze, rien ne s'opposerait plus à ce que 8 devint, comme en latin, le signe unique du son 8 dure,
S douce.
Nous avons indiqué (§ 126) comment Ys entre deux
voyelles est arrivée à représenter la consonne s douce,
136. Dans les mots tels que onze, douze^ le z s'est d'abord prononcé dz, mais depuis longtemps il ne représente plus qu'un jse, c'est-à-dire une s douce (le d étant tombé). C'est aussi la valeur qu'on lui a donnée^ dans les mots savants tels que zèle, où il correspond à un is latin.
137. Entre les deux graphies s et z, il faudrait évidemment choisir le z pour représenter partout le son dit de 1'^ douce. De cette façon le signe s n'aurait plus qu'une seule signification, comme en latin, celle de Vs dite dure. Corneille écrit hazarder; La Bruyère : carrouzelt embrazement, cizelé; La Fontaine : trézor, trompeuse, aizé, dézir, sufizant, plaizir^ loizir, prézent; Voltaire : mazure^ écrazer, lèzer, lézine, scandalizé, roze, etc. L'analogie qui justifie la graphie dizaine (d'après douzaine) légitimerait aussi dizième, sizième, etc., c'est-à-dire la substitution générale de z à s prononcée douce.
Vs Gnale muette des mots, a en liaison le son d'^ douce. Mais il ne serait pas nécessaire de la remplacer par un z, puisque celte prononciation d*5 muette en liaison est générale.