ACCENTS
152. Le véritable rôle des accents est d'indiquer les différentes valeurs phonétiques d'une même lettre comme dans hacht, achtte, ftte.
Malheureusement on s'en sert aussi pour distinguer un mot d'un autre, identique de forme, ou et où, la et {à, . a et à, comme si le contexte ne suffisait pas à indiquer la signification du mot. H. Gréard fait remarquer que toute notation a été supprimée en latin dans cum qui est à la fois conjonction et préposition : ce les enfants, conduits par la logique, ne s*y trompent pas. »
A tout le moins devrait-on supprimer Taccent dans çà, deçà, delà, déjà,
153. L'accent circonflexe peut encore correspondre à une ancienne lettre, supprimée dans la prononciation : sûr, anciennement seiir, tête, anciennement teste, etc. Quand la voyelle sur laquelle est placé l'accent a pris un son très ou ver t, Taccent se justifie par cela
seul. Ailleurs il est inutile, fâcheux même, et, dans beaucoup de mots, il n'a pas été maintenu : on écrit hardiment anciennement hardiemcntj hardiment )y poliment (anciennement poliement, poliment), absolument (anciennement absoluement, absolument)^ plu (anciennement pleii, plû), chute (anciennement cheute chûte)^ joute (anciennement jouste, Joute), il se tait (anciennement taist)j etc. Il serait logique d'écrire aussi sans accent dévoument, aboiment, gaiment (comme vraiment), assidûment, il plait, etc.
n n'y a aucune raison notamment de maintenir Taccent dans les formes du prétérit telles que nom chantâmes^ vous chantâtes, nous primes, nom vovlûm^es^ et à l'imparfait du subjonctif, qiCil chantât,
154. Pour maintenir Faccent dans les formes quHl voulût, qu'il prit, qu'il finit, on a pu alléguer une confusion possible avec les prétérits de l'indicatif il voulut, il prit, il finit; mais cette confusion ne se produit pas dans la prononciation, où il n'y a aucune distinction entre les deux temps. D'autre part, si l'on tient à l'accent de qu'il finit à cause de l'ancienne forme qu'U finist, il faudrait écrire de même lindicatif présent (dans tous les verbes inchoatifs), qui se terminait également en ist : il finist, et aussi le prétérit de prendre, dire, mettre, etc. : Uprit, il dit, il mit, etc., jadis « il prist, il mist, il dist. »
155. C'est pour éviter une confusion invraisemblable avec l'article du qu'on écrit dû le participe passé masculin singulier du verbe devoir, à côté du féminin due, sans accent, du pluriel dus, dues et de indu, indue.
156. Je crois, je crûs, il crût, du verbe croitre, n'ont perdu aucune lettre ; l'accent a été ajouté pour différencier sans nécessité ces diverses formes des personnes cor-